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27 septembre 2017

Mondial-2022 au Qatar: la Fifa pressée de protéger les travailleurs immigrés

 

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Des ouvriers immigrés travaillent sur un chantier de construction, le 6 décembre 2016 à Doha, au QatarAFP/Archives
 

Le Qatar, hôte du Mondial-2022 de football, doit introduire d'urgence des lois destinées à protéger la vie des quelque 80.000 ouvriers immigrés, a réclamé mercredi Human Rights Watch.

L'ONG, qui se donne pour mission de défendre les droits de l'homme et le respect de la Déclaration universelle des droits de l'Homme, a également demandé à l'émirat d'enquêter sur la mort de certains de ces travailleurs immigrés et de rendre les résultats de cette enquête publiques.

"L'échec des autorités qataries à mettre en place la protection la plus basique contre les fortes chaleurs, leur décision d'ignorer les recommandations à enquêter sur les morts des travailleurs et leur refus de rendre publics les chiffres de ces morts constituent une abdication de responsabilité volontaire", a expliqué l'auteur du rapport.

Il a également poussé la Fifa, l'instance dirigeante du football mondial, mais aussi les Fédérations nationales et les sponsors de la Coupe du monde à réclamer plus de protection contre la chaleur et l'humidité.

"Ils devraient tous se poser deux questions toutes simples: combien d'ouvriers sont morts depuis 2012, et comment sont-ils morts?", a ajouté l'auteur.

Le Qatar a certes introduit une loi empêchant les gens de travailler dehors entre 11H30 et 15H00 entre le 15 juin et le 31 août, lorsque les températures peuvent atteindre 50 degrés.

Ces mesures sont cependant insuffisantes pour HRW, qui estime que "limiter les températures de travail à des niveaux plus sûrs -et non établis par une horloge ou un calendrier- est dans les capacités du gouverment qatari et aidera à protéger des centaines de milliers d'ouvriers".

A l'heure actuelle, le thermomètre monte au-dessus de 30°C tandis que l'humidité ambiante dépasse les 50%.

Des recherches médicales montrent, selon HRW, que le stress thermique est un véritable risque pour ceux qui travaillent à l'extérieur. L'organisation basée à New York a ainsi réclamé plus de flexibilité de la part des autorités qataries.

HRW a également demandé plus de transparence à Doha, les derniers chiffres officiels datant de 2012.

A l'époque, selon HRW, sur les 520 morts d'ouvriers venus du Bangladesh, d'Inde et du Népal, il n'y avait ni explication ni enquête pour 385 d'entre eux, soit 74%.

Toujours selon l'ONG, dix décès ont été rapportés par les organisateurs du Mondial qatari pour la période s'écoulant d'octobre 2015 à juillet 2017, et dix d'entre eux ont été classifiés comme "non liés au travail".

AFP

 
 

24 août 2017

"L'affaire Dembélé": ce que l'on sait

 

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Ousmane Dembélé en conférence de presse à Clairefontaine-en-Yvelines, le 5 juin 2017AFP/Archives
 

C'est "l'affaire Dembélé": l'attaquant français de 20 ans du Borussia Dortmund, courtisé par le FC Barcelone, provoque une crise sans précédent entre les deux grands clubs européens.

Alors que Dortmund a fixé au Barça la date limite de dimanche soir pour payer 140 millions d'euros, Dembélé refuse de s'entraîner depuis le 10 août et a déjà quitté l'Allemagne. Voici ce que l'on sait sur ce bras de fer.

- Prix: 140 M EUR -

Le FC Barcelone, qui a laissé partir contre son gré Neymar au Paris SG, cherche à tout prix à le remplacer. Le club catalan dispose des 222 millions d'euros de la vente du Brésilien.

Le Barça a approché Ousmane Dembélé, sous contrat avec Dortmund jusqu'en 2021. Jouer à Barcelone est un rêve d'enfant pour lui, et un accord a rapidement été trouvé avec son entourage, selon les médias.

Barcelone a d'abord offert à Dortmund 80 millions d'euros fixe plus 25 millions de bonus. Dortmund, qui n'a aucun besoin d'argent frais et comptait beaucoup sur l'ex-Rennais pour cette saison, a placé la barre beaucoup plus haut, à 140 millions selon la presse, ce qui ferait de Dembélé le deuxième joueur le plus cher de l'histoire, après Neymar. Sauf si Kylian Mbappé passe de Monaco au PSG pour près de 180 M EUR...

Les dirigeants allemands refusent le principe même de négociations. Soit Barcelone paye le prix demandé avant dimanche soir, soit Dembélé reste en Allemagne, claironne le directeur exécutif de Dortmund Hans-Joachim Watzke: "Ce n'est pas la peine qu'ils nous fassent une autre offre".

- Bras de fer -

Face au blocage de Dortmund, Dembélé tente un coup de force. Le 10 août au matin, il ne s'est pas présenté à l'entraînement, sans prévenir quiconque. Puis il a coupé toutes les communications avec le club pendant plusieurs jours, avant que le Borussia ne le localise finalement en France.

Selon la presse locale, il est toujours en France. Il a quitté la maison qu'il louait à Dortmund (propriété du coach de Liverpool Jürgen Klopp), en la laissant dans un état déplorable, selon les médias allemands.

- Guerre froide -

Watzke accuse le club cinq fois vainqueur de la Ligue des champions de manipuler Dembélé. "Il faut quand même s'interroger sur le rôle que joue le prestigieux FC Barcelone. Nous avons rencontré leurs représentants, au nom du respect pour un club que je tenais encore, il y a une ou deux semaines, pour un grand club vraiment sérieux"...

"Nous avons constaté que nos positions étaient très éloignées et nous nous sommes séparés sans aucun résultat", tacle encore Watzke. "Et sans prévenir, il (Dembélé) ne vient pas à l'entraînement le lendemain. Croyez-vous vraiment qu'un garçon de 20 ans déciderait de ne pas venir à l'entraînement sans l'assentiment du nouveau club ? Jamais de la vie!"

"J'estime la probabilité d'un transfert en dessous de 50%", a assuré dimanche le patron du Borussia, pas malheureux par ailleurs de voir l'action de son club s'envoler en bourse dans la perspective de la vente de l'ailier français, acheté 15 millions il y a un an.

- Jeu risqué -

Jeudi, Didier Deschamps n'a pas retenu Dembélé (7 sélections) dans sa liste pour les deux prochains matches internationaux. A un an de la Coupe du monde, l'attaquant devra pourtant faire une grosse saison s'il veut être du voyage en Russie.

"Je ne lui en veux pas, a exposé le sélectionneur. J'ai discuté avec lui, il espérait que ça se passe plus rapidement. Ce qui est gênant, c'est qu'il se met en marge. Il y a d'autres joueurs susceptibles d'être transférés qui continuent à s'entraîner".

S'il va à Barcelone, il aura ses chances, à condition de s'imposer. Mais s'il est contraint de rester à Dortmund, sa situation sera beaucoup plus critique. "Sa position dure le met dans la difficulté. Si la décision va dans son sens, ce sera peut-être moins difficile à digérer que s'il doit revenir à Dortmund, vis-à-vis de son club et de ses partenaires", admet Deschamps.

"Si (il reste), il faudra que le joueur fasse clairement son mea culpa devant le club et devant l'équipe", a déjà prévenu Watzke.

 
 

Football: Retour à zéro avec un Comité de normalisation au Cameroun

 

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Le siège de la Fédération camerounaise de football.Reinnier KAZE / AFP

La Fédération internationale de football (FIFA) a annoncé la mise en place d'un Comité de normalisation au sein de la Fédération camerounaise (Fécafoot), le 23 août 2017 à Zurich. La FIFA veut mettre un terme à un conflit au sujet de l'élection du président de la Fécafoot qui dure depuis deux ans. Conflit qui menace un peu plus l'organisation de la Coupe d'Afrique des nations 2019 au Cameroun.

Coup fatal à l'organisation de la CAN 2019 au Cameroun ou décision salutaire pour le football camerounais ? La Fédération internationale de football (FIFA) a annoncé la mise en place d'un Comité de normalisation (CN) au sein de la Fédération camerounaise (Fécafoot).

Ce CN doit, d'ici le 28 février 2018, « sortir de l’impasse » une institution ravagée par une guerre interne, indique la FIFA dans un communiqué. Encore...

En juillet 2013, la FIFA avait en effet procédé de la même manière, suite à la réélection contestée en juin 2013 de l’ex-président de la Fécafoot, Mohammed Iya. Ce dernier purge actuellement quinze années de prison pour des détournements de fonds au sein d'une société d'Etat.

Toujours le même problème depuis quatre ans

Retour à la case départ pour le football camerounais, ce 23 août 2017, dont le siège a été investi par les forces de l'ordre, comme il y a quatre ans... C'est encore et toujours la présidence de la Fécafoot qui pose problème. Depuis deux ans, diverses factions se déchirent au sujet de l'élection en septembre 2015 de Sidiki Tombi a Roko, le successeur d'Iya Mohammed. Ses opposants affirment notamment que les statuts de la Fécafoot ne sont pas en conformité avec la loi camerounaise et que le résultat du scrutin de 2015 est donc illégitime.

En novembre 2015, à la suite d'un invraisemblable imbroglio politico-juridique, la victoire de Tombi a Roko et de son équipe est invalidée par la Chambre de conciliation et d’arbitrage (CCA) du Comité national olympique et sportif du Cameroun (CNOSC). Décision en partie confirmée, en février 2016, par le Tribunal arbitral du sport (TAS), un organisme basé à Lausanne et qui est considéré comme la juridiction suprême en matière de litiges sportifs.

En juillet 2017, la FIFA tente une ultime médiation entre les différentes parties, à Conakry. En vain. Dans la foulée, les dirigeants de la Fécafoot rejettent une nouvelle fois les décisions du CNOSC et du TAS, s'estimant forts du soutien de l'Etat camerounais. La mise en place d'un Comité de normalisation est alors déjà dans l'air mais Sidiki Tombi a Roko et ses proches rejettent avec véhémence l'éventualité d'être mis sous tutelle par la FIFA.

Adieu la CAN 2019 au Cameroun ?

Cette décision de la FIFA tombe au plus mal. Le Cameroun vient enfin de mettre en place un Comité d'organisation de la Coupe d'Afrique des nations 2019, trois ans après avoir été désigné pays hôte par la Confédération africaine de football (CAF). Un délai anormalement long.

Les autorités Camerounaises ont en effet décidé de redoubler d'efforts en vue de la CAN 2019, après avoir accumulé un énorme retard. Elles espéraient ainsi répondre au défi lancer par la CAF, en juillet dernier : organiser un tournoi avec 24 équipes contre les 16 initialement prévues. Ce qui suppose davantage de moyens financiers, de stades pour disputer les matches et davantage d'hôtels pour accueillir les équipes, les délégations, les supporters, les médias...

Une visite d’inspection des installations camerounaises devaient d’ailleurs avoir lieu ce mois-ci. Celle-ci a été reportée sine die par la CAF, suite au « désistement » d’un cabinet d’audit censé évaluer le dossier du Cameroun…

Y aura-t-il encore un dossier à évaluer, au rythme où le football camerounais s'enfonce ? Propsère Nkou Mvondo, président du Ngaoundéré Football Club et l'un des opposants à Sidiki Tombi a Roko, veut y croire : « Je ne sais pas si cette décision de la FIFA, qui va dans le sens de la normalisation, va remettre en cause l’organisation de la CAN. Je pense que ce sera le contraire. Il s’agit pour nous de l’organiser avec une Fédération camerounaise pure et des dirigeants légitimement élus ! »

rfi