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13 octobre 2017

Basket NBA: le Camerounais Joël Embiid signe un énorme contrat

 

 
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Le basketteur camerounais Joël Embiid.Abbie Parr / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Le basketteur Joël Embiid a signé une prolongation de contrat de cinq ans avec les 76ers de Philadelphie contre 148 millions de dollars, le 10 octobre 2017. Le Camerounais va donc devenir l’un des sportifs africains les mieux payés de l’histoire. Un salaire exceptionnel pour un joueur talentueux et fantasque mais qui a enchaîné les blessures depuis son arrivée en NBA, en 2014.

C’est du jamais vu ou presque dans l’histoire de la Ligue nord-américaine de basket-ball (NBA) et du sport africain. A 23 ans, Joël Embiid a signé un nouveau contrat de cinq ans avec Philadelphie contre une somme record pour un basketteur né en Afrique : 148 millions dollars. Cela équivaut à 125 millions d’euros, soit 82 milliards de francs CFA.

C’est certes très loin des 228 millions de dollars obtenus par le basketteur américain James Harden en juillet 2017 pour rester chez les Rockets d’Houston. Mais c’est près du double de ce que pouvait toucher le légendaire pivot congolais Dikembe Mutombo chez les Nets, au début des années 2000 

Un salaire annuel de 29 à 30 millions de dollars

Toujours à titre de comparaison, le footballeur Samuel Eto’o avait négocié un salaire d’environ 29 millions de dollars par saison, sur trois ans, avec le club russe Anji Makhatchkala.

Les 76ers, eux, verseront donc à Joël Embiid 29,6 millions de dollars en moyenne par an. Ce deal entre les deux parties prendra effet à l’été 2018, lorsque le contrat de débutant (« Rookie ») signé en 2014 par le Camerounais avec la franchise NBA arrivera à son terme.

« Embiid est un jeune talent que vous ne voyez passer que rarement dans notre sport », s'est justifié le président des 76ers Bryan Colangelo dans un communiqué. Une analyse partagée par George Eddy, commentateur et consultant-vedette du groupe audiovisuel Canal Plus depuis 1985 : « C’est fabuleux ce qui lui arrive. C’est grâce à son talent et à son potentiel. Et maintenant, on va voir s’il va tenir le coup physiquement, parce qu’il a souvent été blessé. »

Il a disputé un match sur huit, en moyenne

La décision de Philadelphie fait jaser en NBA. C’est en raison de la fréquence à laquelle les fans ont pu apprécier le talent de Joël Embiid.

Depuis son arrivée en NBA en 2014, le natif de Yaoundé n’a ainsi joué que 31 matches sur les 246 disputés par Philadelphie en NBA. Soit une rencontre sur huit, en moyenne…

Pour être tout à fait exact, l’ancien pensionnaire de l’Université du Kansas n’a pas joué une seule fois durant ses deux premières saisons en NBA, en 2014-2015 et en 2015-2016, à cause de graves blessures au pied droit. Il n’a donc fait ses débuts professionnels que le 27 octobre 2016. Puis, il a enchaîné une trentaine de parties jusqu’à fin janvier 2017, avant de se blesser cette fois au genou gauche.

« Il représente le basket moderne »

Ces trois mois ont toutefois suffi à séduire tout le monde ou presque. « Son talent est rare, analyse George Eddy. C’est un pivot qui est très mobile, qui peut tirer à trois points. Il représente un peu le basket moderne à tous points de vue. C’est parce qu’il est un joueur unique ; unique dans le style d’un Magic Johnson, Larry Bird, Michael Jordan. C’est quelqu’un qui, durant les prochaines saisons, s’il est bien entouré, faire espérer à son club de gagner carrément le titre NBA. En plus, c’est un jeune joueur qui peut encore progresser. On comprend donc pourquoi ce pari risqué a été pris ».

En dehors des parquets, Joël Embiid est en outre un phénomène, très apprécié des fans de basket. Le « Lion indomptable » est notamment une star des réseaux sociaux. Avec un sens de l’humour douteux, le joueur des 76ers n’hésite jamais à se payer un adversaire (LeBron James, notamment), un détracteur (même lorsqu’il s’agit de l’actrice porno Mia Khalifa) ou à faire des déclarations d’amour à la chanteuse Rihanna.

« Faites confiance au processus »

« De toutes les façons, les 76ers sont obligés d’agir ainsi, ajoute George Eddy. Joël Embiid a un tel talent qu’il représente l’avenir de cette franchise. Ils vont tout faire sur le plan médical pour qu'il puisse tenir sa place. Et puis, ils ont mis des clauses dans son contrat. Si jamais, par malheur, il y a une nouvelle blessure, soit à son pied, soit à son dos, durant les prochaines années, Philadelphie pourrait se retirer du contrat en payant une très grosse indemnité. Donc Philadelphie s’est protégé d’une certaine manière ».

Après neuf mois sans jouer, le Camerounais a disputé son premier match, ce 12 octobre 2017. Il a inscrit 22 points, capté 7 rebonds et délivré 3 passes décisives en l’espace de 15 minutes seulement. Il s’agissait certes d’une rencontre de préparation face aux Nets de Brooklyn, avant le début de la saison NBA. Mais sa performance a rappelé pourquoi la devise de Joël Embiid est « Trust the process », qu’on pourrait traduire par « faites confiance au processus ».

rfi

12 octobre 2017

Corruption: perquisition dans les bureaux parisiens beIN Sports

 

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Les bureaux parisiens de la chaîne beIN Sports perquisitionnés jeudi dans le cadre d'une enquête suisseAFP/Archives
 

Les bureaux parisiens de la chaîne de télévision qatarie beIN Sports ont été perquisitionnés jeudi dans le cadre d'une enquête suisse contre son président Nasser Al-Khelaïfi, par ailleurs patron du Paris SG, et contre Jérôme Valcke, ancien secrétaire général de la Fifa, a annoncé le parquet national financier (PNF) français.

Dans le cadre de cette procédure suisse qui porte sur l'attribution de droits média pour les Coupes du monde de football, "deux magistrats du PNF assistés d'enquêteurs de l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF) ont procédé ce jour à une perquisition des bureaux parisiens de beIN Sports France" suite à une demande d'entraide judiciaire, a indiqué le PNF dans un communiqué.

AFP

Nasser Al-Khelaïfi, discret, puissant, multicartes

 

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Le Qatari Nasser Al-Khelaïfi, président du PSG et de BeIN Media, le 24 mai 2012 à ParisAFP/Archives
 

Issu d'une famille de pêcheurs de perles, le Qatari Nasser Al-Khelaïfi incarne depuis 2011 un PSG haut de gamme, tourné vers l'international. Cet ancien tennisman de 43 ans, discret pour ne pas dire secret, est aussi à la tête la société BeIN Media, ce qui lui vaut des démêlés avec la justice suisse.

Les bureaux parisiens de la chaîne de télévision BeIN Sports ont été perquisitionnés jeudi dans le cadre d'une enquête suisse portant sur l'attribution de droits média pour les Coupes du monde de football et qui vise Al-Khelaïfi, en tant que PDG de BeIN media, et Jérôme Valcke, ancien secrétaire général de la Fifa.

Voilà le genre d'affaire dont se serait bien passé "NAK", qui ne s'épanche pas dans les médias, toujours souriant en public, dans d'impeccables costumes en Europe ou dishdashas au Moyen-Orient.

Les rares fois où il se présente sous les flashs des photographes, c'est pour serrer la main des grands joueurs - comme Neymar acheté cet été pour 222 M EUR - recrutés au PSG, dont il est le patron depuis 2011, date du rachat du club par le fonds souverain du Qatar.

Lisse devant les caméras, l'homme est décrit comme inflexible en affaires. Seul point faible entendu dans l'entourage du PSG, il donnerait "trop de pouvoirs à certains joueurs".

Pour le reste, il sait trancher. Le dirigeant a ainsi débarqué sans ménagement à l'été 2016 son entraîneur Laurent Blanc pour le remplacer par Unai Emery, dans la foulée d'un cuisant revers face à Manchester City en Ligue des champions, un club détenu par un membre de la famille royale d'Abou Dhabi.

- Attentif au 'Qatar bashing' -

Quand son club a été ensuite humilié en Ligue des champions la saison dernière par Barcelone (le fameux 6-1), il n'a pas touché à Emery mais fait exploser les records en matière de transfert avec Neymar, joueur le plus cher de l'histoire, et Mbappé, venu lui pour un montage financier à 180 M EUR.

Ce qui lui vaut une enquête ouverte par l'UEFA au terme du fair-play financier: un club ne peut dépenser plus qu'il ne gagne, qu'il soit adossé ou pas à un actionnaire/mécène richissime. La sanction peut aller jusqu'à l'exclusion de la Ligue des champions, que rêve de gagner le Qatar avec le PSG.

"NAK", homme de caractère, est aussi passé outre les recommandations des autorités françaises pour faire revenir dans son stade une frange de supporters ultras, bannis depuis 2010.

Très sensible à l'image de son pays, il est attentif à ne pas laisser prise au "Qatar bashing" et n'hésite pas dans ce cas à monter au filet en externe.

Il avait notamment demandé à la Ligue française de football professionnel (LFP) de sévir contre des supporters bastiais accusant, en janvier 2015 et dans le contexte post-attentats de Charlie Hebdo, son pays de financer le terrorisme.

Pour en revenir au foot, "il a une très grande ambition pour le PSG, qui dépasse les frontières, mais a aussi le souhait que les bonnes décisions soient prises pour le développement du football français. Plus le Championnat sera fort et plus le PSG pourra asseoir ses ambitions", observait récemment auprès de l'AFP Philippe Diallo, directeur général de l'UCPF, le syndicat des "petits et moyens" clubs professionnels français. Ce fin connaisseur des arcanes du football hexagonal précisait que le Qatari est "très apprécié de ses collègues".

 Ami de l'Emir 

Le foot est un enjeu majeur pour son pays. "Le sport représente énormément d'argent, des milliards de retombées secondaires" et permet de "placer le Qatar sur la carte", détaillait il y a peu pour l'AFP Mehdi Lazar, docteur de l'Université parisienne Panthéon-Sorbonne, et spécialiste du petit émirat gazier.

"NAK" a des casquettes multiples. Celui que tout le monde en France nomme simplement "Nasser" est donc aussi président-directeur général de BeIN Media group (qui a racheté les studios Miramax, producteurs des films de Quentin Tarantino comme "Pulp Fiction").

"C'est quelque chose de typique au Qatar, les très bons managers qataris ont tendance à avoir beaucoup de gros dossiers à gérer", dévoile une source à l'AFP. "Quand ils sont +successful+ (avec des succès, en anglais) dans un domaine, dans une entreprise, ils ont d'autres dossiers qui leur sont confiés".

Il préside également la Fédération qatarie de tennis et assiste souvent aux tournois à Doha. Les courts de tennis (il a été classé à la 995e place à l'ATP en 2002) lui ont d'ailleurs permis de nouer une relation amicale avec l'Emir du Qatar, nourrie par une passion commune pour ce sport et le football. "Ils continuent à passer énormément de temps ensemble", confie une source à l'AFP.