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14 juin 2017

France: l'arbitrage vidéo, acteur majeur de la saison

 

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Le président de la FIFA Gianni Infantino, montrant un écran de contrôle servant aux assistans-vidéo des arbitres, à Bari (Italie), le 2 septembre 2016AFP/Archives
 

Ils ont marqué la saison des Bleus à deux reprises mais n'étaient pas sur le terrain: les assistants-vidéo des arbitres, assis dans leur studio devant leurs écrans, ont été des acteurs majeurs de la saison 2016/17. Et eux, contrairement aux Français, sont assurés d'être au Mondial en Russie en 2018.

L'assistance vidéo à l'arbitrage (VAR) est en phase de tests, mais l'issue de ces derniers ne fait pas de doute. "Nous utiliserons au Mondial-2018 l'arbitrage vidéo parce que jusqu'à présent, nous n'avons que des retours très positifs", a lâché Gianni Infantino, président de la Fifa, devant le 67e congrès de la Conmebol (Confédération sud-américaine du foot) à Santiago au Chili le 26 avril.

Même si tous les retours ne sont pas aussi "positifs". Mardi soir, au Stade de France, Raphaël Varane a été exclu sur décision de l'arbitre central Davide Massa, après consultation des assistants-vidéo.

Si le fait d'accorder un penalty est à peu près comprise, le carton rouge donné au défenseur central des Bleus, pour une faute pas si évidente sur Dele Alli, est mal passé.

"C'est dur, très dur, scandaleux même. Le penalty est (...) logique même s'il est provoqué de façon involontaire. Je ne vois dès lors pas l'intérêt de le sortir", a critiqué dans L'Equipe Alain Roche, qui évoluait au même poste que Varane dans les années 1980 et 1990 chez les Bleus.

- Spectateurs privés de ralentis -

Les téléspectateurs ont pu se faire une idée de la situation, pas les spectateurs présents au Stade de France. Devant la télé, il y a d'abord eu les gros plans de l'arbitre italien écoutant soigneusement son oreillette, puis un plan annonçant "assistance vidéo", puis une image d'hommes assis dans une régie regardant des écrans, puis la décision, puis les ralentis.

Au Stade, même séquence sauf que les ralentis ne sont pas montrés sur les écrans géants, d'où l'attente et l'incompréhension des spectateurs.

Cette fois, les Bleus l'ont emporté (3-2 face à l'Angleterre), contrairement à un autre amical perdu contre l'Espagne (2-0) sur deux décisions estampillées VAR.

Contre la "Roja", un but d'Antoine Griezmann fut invalidé car son passeur, Layvin Kurzawa, était hors-jeu au départ de l'action, tandis que le deuxième but espagnol a lui été accordé au bout du même processus, alors qu'il avait d'abord été signalé hors-jeu.

"C'est une bonne chose parce que cela rend les décisions justes" mais "cela peut tuer également le ressenti après un but", avait synthétisé le capitaine français Hugo Lloris.

Le Mondial des moins de 20 ans qui vient de s'achever en Corée du Sud a également été marqué par la VAR. En quart de finale, notamment, la vidéo y a suscité un début de controverse lors de la rencontre entre la Zambie et l'Italie.

- 'Ce n'est pas encore parfait' -

Au moment où l'attaquant zambien Edward Chilufya s'est effondré dans la surface, l'arbitre a d'abord sifflé penalty.

Avec l'aide de la vidéo, il a finalement opté pour un coup franc en dehors de la surface tout en adressant un carton rouge au joueur italien Giuseppe Pezzella, lui reprochant sans doute d'avoir annihilé une action de but, via une petite poussette sur son adversaire, très difficile à voir sur le ralenti...

Interrogé par l'AFP au lendemain du match, le sélectionneur italien n'a pas semblé en faire grand cas, d'autant que son équipe a finalement remporté la partie (3-2 après prolongation). "Je suis favorable à la vidéo", a insisté Alberigo Evani.

"Bien sûr, ce n'est pas encore parfait. Il faut un temps de rodage", a-t-il poursuivi, mentionnant outre l'exclusion litigieuse de Pezzella, un penalty, selon lui injustement accordé à l'Uruguay lors du premier match de poule entre Italiens et Uruguayens, perdu 1-0 par la Nazionale.

Mais comme l'avait dit à l'AFP Marco Van Basten, aujourd'hui responsable du développement technique à la Fifa, "en tant que joueur, une fois qu'on l'utilise, on ne peut plus s'en passer et c'est ce qui fait la force de ce projet".

AFP

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