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17 mars 2017

Foot africain: les 14 causes de la chute d’Issa Hayatou à la CAF

 

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Le Camerounais Issa Hayatou.GABRIEL BOUYS / AFP

Après 29 années à la tête de la Confédération africaine de football, Issa Hayatou a été écarté par Ahmad, vainqueur le 16 mars 2017 à Addis-Abeba. Une victoire surprenante du Malgache qui s’explique, outre un besoin de changement, par les erreurs et les errements du Camerounais. Ce dernier, grand dirigeant et fin politique, s’était toutefois enfermé dans sa tour d’ivoire. Explications.

Il n’a pas fait campagne

Durant le 60e anniversaire de la Confédération africaine de football (CAF) et durant les semaines précédentes, Issa Hayatou n’a pas fait campagne directement, déléguant cela à quelques fidèles. Comme si cette attitude n’était pas digne d’un président en fonction depuis 1988. Le Camerounais n’était de toutes les façons pas trop habitué à ce type de situation. Deux autres adversaires seulement ont pu se présenter contre lui en 29 années : l’Angolais Armando Machado en 2000 et le Botswanais Ismaïl Bhamjee en 2004.

Il a sous-estimé Ahmad

Ahmad, lui, ne s’est pas privé de faire du lobbying jusqu’à la dernière minute, enchaînant réunions, rendez-vous, promesses. Le nouveau président de la CAF a voyagé dans plusieurs pays d’Afrique durant deux mois. Issa Hayatou n’a pas jugé utile d’en faire autant. Un de ses proches estimait en effet avant l’élection que le Malgache ne faisait clairement pas le poids, contrairement au président de la Fédération algérienne ou celui de la Fédération de RDC, par exemple. « Face à un Mohamed Raouraoua ou à un Constant Omari, il y aurait eu match. »

Il n’a pas vu les signes précurseurs

Lors des Assemblées générales en 2016, certains amendements allant à l’encontre des décisions d’Issa Hayatou ont recueilli un nombre significatif de votes, ce qui était encore inimaginable en 2015. C’est d’ailleurs ce qui a décidé Ahmad à se présenter. Le Malgache a senti le vent tourner ; pas l’omnipotent patron du foot africain.

Il n’avait pas de programme

Comme en 2013, Issa Hayatou n’avait pas présenté de programme. Il souhaitait continuer à améliorer ce qui se faisait déjà, sans réelle remise en cause de son bilan.

Il a été éloigné de la CAF durant plusieurs mois

Les scandales à répétition à la Fédération internationale de football (FIFA) ont eu raison de son président Joseph Blatter, en 2015. Issa Hayatou, en sa qualité de vice-président le plus âgé de la FIFA, a alors été propulsé patron par intérim. Durant plusieurs mois, même s’il a conservé ses fonctions à la CAF, il a ainsi dû s’en éloigner. Eloignement renforcé par une greffe de rein fin 2015.

Il était trop âgé pour beaucoup de présidents

Après sa défaite, Issa Hayatou a rappelé avec véhémence qu’il n’avait « que » 70 ans alors que Sepp Blatter était beaucoup plus âgé lorsqu’il avait été réélu à la FIFA. Le problème n’était toutefois pas son âge mais le fait que des ennuis de santé (problèmes de rein, grave blessure à une jambe) l’ont affaibli prématurément. Il se trouvait en outre en décalage avec toute une nouvelle génération de présidents de fédération quadragénaires et quinquagénaires.

Il avait déjà fait un mandat de trop

Si Issa Hayatou avait arrêté après six mandats, son bilan aurait été jugé excellent. Or, le Camerounais avait déjà effectué un mandat de trop, de 2013 à 2017. Il avait été réélu par acclamation en 2013, sans adversaire, suite à une modification des statuts de la CAF. La seule mesure phare de son septième mandat – obtenir une sixième place pour l’Afrique en Coupe du monde – a échoué. Pour le reste, le patron du foot africain n’avait aucune autre grande réforme à proposer, alors qu’il avait impulsé d’immenses changements durant les années 1990 et 2000.

Il avait suscité beaucoup de rancœurs

Les cinq dernières années de son pouvoir ont d’ailleurs suscité beaucoup de rancœurs et de tensions, notamment dans l’attribution des Coupes d’Afrique des nations. Du bras de fer avec le Maroc concernant l’édition 2015 à l’attribution imprévue de l’édition 2023 à la Guinée, Issa Hayatou a rarement joué les cartes de l’apaisement et de la démocratie.

Il favorisait trop les francophones et les pays d’Afrique centrale et de l’Ouest

Beaucoup de pays anglophones se sont sentis lésés par les choix du Camerounais qui ne parle ni l’anglais, ni l’arabe, ni le portugais, ni l’espagnol, les autres langues des pays membres de la CAF. En favorisant son pays pour l’organisation de la CAN 2019, en offrant celle de 2021 à la Côte d’Ivoire et celle de 2023 à la Guinée, Issa Hayatou a renforcé la frustration des pays d’Afrique australe et de l’Est, qui ont grandement soutenu Ahmad.

Il ne lâchait pas de lest

Rancunier, Issa Hayatou ne supportait pas la contestation et la contradiction. S’il savait se montrer fidèle et très reconnaissant envers ses amis, il pouvait aussi freiner, voire briser les carrières d’opposants ou de délégués trop ambitieux. L’Ivoirien Jacques Anouma, le Libérien Musa Bility ou l’Algérien Mohamed Raouraoua peuvent en témoigner, eux qui espéraient prendre un jour sa succession. « Il y avait vraiment un ras-le-bol, lâche Samir Sobha, le président de la Fédération mauricienne. Pour être sincère, c’était une dictature à la CAF. On devait toujours voter "oui" » (*).

Il minorait l’importance des footballeurs

Issa Hayatou ne mettait presque jamais en avant des footballeurs alors qu’ils sont la base et la richesse du football africain. De fait, il confondait les intérêts de la CAF et ceux du football africain. En 2010, il avait attribué un 18/20 à l’Angola pour son organisation catastrophique de la CAN, alors que deux membres du staff de l’équipe du Togo avaient pourtant péri dans une fusillade dans l’enclave de Cabinda.

Il avait misé sur le mauvais cheval pour l’élection du président de la FIFA

Pour l’élection du président de la FIFA, en février 2016, Issa Hayatou et le Comité exécutif ont exigé que les membres de la CAF votent pour le Cheikh Salman. Consigne pas toujours respectée et c’est le Suisse Gianni Infantino qui a gagné. Le Camerounais a donc misé sur le mauvais candidat et ne l’a pas accepté. Une source à la FIFA indique en effet qu’Hayatou n’a pas supporté qu’un ancien chef de l’administration de la confédération européenne de football (Secrétaire général de l’UEFA) réussisse là où il avait échoué, en étant battu par Blatter en 2002 pour la présidence du foot mondial.

Il était dans le viseur de la FIFA

Même si on s’en défend à la FIFA, devoir travailler avec l’un des derniers représentants des années Blatter, était difficile à accepter. Le voir partir au profit d’Ahmad, un dirigeant plus jeune et plus souple, est un soulagement. Depuis quelques semaines, Issa Hayatou ciblait régulièrement la FIFA dans ses discours, avec des accents anticolonialistes.

Il est ciblé par une procédure judiciaire en Egypte

Enfin, Issa Hayatou est au cœur d’une procédure judiciaire en Egypte où se trouve le siège de la CAF. L’autorité locale de la concurrence enquête sur l’attribution des droits médias et marketing du foot africain à la société Lagardère Sports pour la période 2017-2028, contre 1 milliard de dollars. Un accord qui génère des suspicions et un mélange d'enjeux politico-financiers. Une entreprise égyptienne, Presentation, qui souhaite concurrencer Lagardère Sports, a en tout cas déposé un dossier auprès de la FIFA. Ce dossier a été transmis au Comité éthique qui va l’étudier et estimer s’il faut ouvrir une procédure contre le Camerounais.

15 mars 2017

Foot africain: une unité de façade pour le 60e anniversaire de la CAF

 

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La Confédération africaine de football (CAF) fête son soixantième anniversaire ces 15 et 16 mars 2017 à Addis-Abeba, après plusieurs semaines de tensions. Celles-ci sont liées à l’élection de son président qui va opposer le sortant Issa Hayatou au Malgache Ahmad, mais aussi aux relations moins cordiales avec la FIFA et à une procédure judiciaire ouverte en Egypte contre la CAF. Explications.

Une petite centaine d’acteurs du monde du football africain sont réunis dans un cinéma de quartier d’Addis-Abeba, ce 14 mars 2017. De gros cornets de pop-corn à la main et de larges sourires aux lèvres, ils sont venus assister à la projection d’un beau documentaire largement à la gloire de la Confédération africaine de football (CAF) et de son président Issa Hayatou.

Cette avant-première fait office de préambule au 60e anniversaire de la CAF, organisé les 15 et 16 mars dans la capitale éthiopienne. Des dates qui coïncident davantage avec l’accession au pouvoir d’Issa Hayatou – le 10 mars 1988 – qu’avec la naissance de la CAF, un 10 février.

L’ambiance bon enfant qui règne ce soir-là masque toutefois en partie les tensions qui minent l’institution depuis quelques semaines. Des tensions latentes qui se sont notamment révélées en janvier avec l’annonce de la candidature du Malgache Ahmad à la présidence de la CAF. Ce dernier et la plupart des présidents de fédération censés le soutenir n’étaient d’ailleurs pas présents, ce mardi soir.

Une élection plus serrée que prévue ?

L’unité semble actuellement de façade au sein de la CAF. D’un côté, on trouve les plus fervents partisans du président sortant, issus en grande partie des pays francophones, notamment d’Afrique centrale et de l’Ouest. De l’autre, il y a des frondeurs venus d’Afrique australe et de quelques fédérations d’Afrique de l’Est et de l’Ouest, dont de nombreux anglophones.

Difficile néanmoins de savoir pour qui vont vraiment voter les 54 présidents de fédérations, lors de l’Assemblée générale élective du 16 mars. Cette incertitude laisse même planer un léger doute sur le sort du scrutin, alors qu’Issa Hayatou a écrasé ses adversaires passés, l’Angolais Armando Machado en 2000 et le Botswanais Ismail Bhamjee en 2004. « Je ne dis pas que je vais gagner mais je ne pense pas qu’on pourra nous ridiculiser », expliquait ainsi Ahmad en février sur rfi.fr.

Des relations moins cordiales avec la FIFA

L’attitude de la Fédération internationale de football (FIFA) dans cette affaire a par ailleurs semé le trouble. Le patron de la FIFA Gianni Infantino s’est rendu fin février à Harare à une réunion controversée, organisée par le président du Cosafa. Celle-ci a donné lieu à une virulente passe d’armes entre la CAF et le Cosafa, le principal foyer de soutien à Ahmad. Le Suisse Infantino a ensuite poursuivi sa tournée africaine dans une majorité de pays potentiellement acquis à la cause du Malgache.

Depuis deux mois, les relations entre la CAF et sa maison-mère semblent en tout cas être devenues nettement moins cordiales que lorsque Joseph Blatter était président de la FIFA. En janvier, la CAF s’est par exemple amèrement plainte que la FIFA ait décidé de la fermeture de deux de ses quatre bureaux en Afrique et que les deux bureaux restants aient été transférés à Dakar et à Johannesburg.

Signe de ces temps difficiles, les deux institutions peinent à se mettre d’accord sur la tenue d’une simple conférence de presse commune entre Infantino et le vainqueur du scrutin du 16 mars.

La CAF attaquée sur son sol

Enfin, au-delà des tracas politiques, la Confédération africaine de football doit gérer des problèmes judiciaires. En effet, elle est depuis deux mois la cible d’une action en justice en Egypte où se trouve son siège. L’autorité locale de la concurrence a demandé le renvoi d’Issa Hayatou et du Secrétaire général de la CAF, Hicham El Hamrani, devant la cour économique pour le supposé non-respect du principe de concurrence dans le cadre de la commercialisation des droits médias et marketing du football africain.

La CAF a confié la gestion de ces droits à la société Sportfive (devenue Lagardère Sports)  jusqu’en 2028 contre 1 milliard de dollars. Or, ce deal est contesté par la société égyptienne de marketing Presentation qui assure que la CAF l’a empêchée de soumettre une offre, et ce pour protéger la position de Sportfive. « L’évocation de la moindre irrégularité dans cet accord commercial est dénuée de tout fondement et rejetée avec véhémence », a indiqué la CAF dans un communiqué.

« Tout ça, c’est très compliqué »

Un dossier de plus dont la Confédération se serait bien passée, elle qui comptait célébrer un 60e anniversaire sans nuage, au siège de l’Union africaine. « Les gens ne comprennent pas que ce qui se passe en ce moment à la CAF, c’est très compliqué, glisse un fin connaisseur de la Confédération. Mais tout ça est passionnant ».

rfi

Election FFF: "la Fédération n'est pas qu'une entreprise", dénonce Sandjak

 

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Le président de la Ligue de Paris Ile-de-France Jamel Sandjak, face aux médias au siège de la Fédération, le 7 mars 2017 à ParisAFP/Archives
 

La Fédération française de football (FFF) "n'est pas qu'une entreprise" et ne doit pas se reposer uniquement sur "l'image de l'équipe de France", a souligné mardi Jamel Sandjak, le patron de la Ligue de Paris Ile-de-France, opposé au président Noël Le Graët, qui brigue un nouveau mandat à la tête de la FFF le 18 mars.

M. Sandjak figure sur la liste de Jacques Rousselot, le président de Nancy, principal concurrent de Noël Le Graët lors de cette élection.

En tant que président de Ligue, Jamel Sandjak a accueilli Noël Le Graët et ses colistiers mardi, sans varier sur ses positions. A l'issue de la réunion, il a ainsi dénoncé la direction trop "verticale" du président sortant, et ses "méthodes pures et dures de chef d'entreprise".

"Ca manque un peu de considération et de respect", a-t-il expliqué devant la presse. "La pyramide s'est inversée. On a deux millions de licenciés (en France). Mais aujourd'hui on compte plus sur l'équipe de France que sur les Ligues et les districts. Quand la Fédération ne s'appuie que sur l'image de l'équipe de France, ça fragilise l'économie."

L'élection qui aura lieu lors de l'Assemblée fédérale du 18 mars est un scrutin de liste avec un système de grands électeurs qui représentent le football amateur (présidents de ligues et de districts notamment) et professionnel (présidents de clubs de L1, L2 et National).

M. Le Graët, 75 ans, en poste depuis juin 2011, et M. Rousselot, 67 ans, font figure de poids lourds de cette élection à côté des deux autres candidats, Eric Thomas et David Donadei.

AFP