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02 décembre 2016

Les enjeux du rugby français avant l’élection du prochain président de la FFR

 

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Le XV de France lors du match contre la Nouvelle-Zélande, le 26 novembre 2016.FRANCK FIFE / AFP

Un Grand Stade, le XV de France et le monde amateur. Voici les trois sujets majeurs qui se sont dégagés lors de la campagne pour la présidence de la Fédération française de rugby (FFR), dont l’élection aura lieu le samedi 3 décembre. Les trois candidats à la présidence de la FFR sont : Pierre Camou, Bernard Laporte, et Alain Doucet.

  • Le Grand Stade, sujet de discorde

Projet phare de la FFR, la construction du Grand Stade de rugby dans le sud de Paris est actuellement vivement critiquée sur sa viabilité économique. Porteur du projet, Serge Blanco, vice-président de la FFR, disait en début d’année que le projet est « la survie du rugby hexagonal et ce qui fait sa force qui est en jeu ».

Mais ce nouvel écrin du rugby français a été une pointe de discorde au sein de la fédération puisqu’Alain Doucet, secrétaire général de la FFR jusqu'en juillet, se présente contre Pierre Camou, - actuel président et élu en 2008 et 2012 sans le moindre adversaire -, pour marquer son désaccord quant à la construction du Grand Stade qui mettrait en péril l'avenir financier de la FFR. Bernard Laporte, également candidat, souhaite à la place entrer au capital du consortium du Stade de France, et renégocier à des conditions plus avantageuses la convention qui lie les deux parties. Doucet, de son côté, veut réaffecter les crédits prévus pour le Grand Stade à des projets de développement territorial (amélioration et création de terrains par exemple).

Face aux tirs nourris de ses adversaires, le président sortant Pierre Camou, qui brigue donc un troisième mandat, est convaincu que la Fédération doit se doter de son propre stade pour augmenter ses ressources. Pierre Camou a multiplié les déclarations rassurantes: la décision finale reviendra aux clubs réunis en assemblée générale, et le projet sera de toute façon arrêté si le tour de table financier n'est pas bouclé ou en l'absence de garanties fermes en matière de desserte par les transports.

  • Le monde amateur caressé dans le sens du poil

Pour Bernard Laporte, ancien ministre des Sports, le monde amateur n’est pas au centre du rugby français. « La Fédération, c'est vous ! », lance-t-il à la cantonade. Bernard Laporte veut « rendre le pouvoir aux clubs » et a axé sa campagne sur le monde amateur. Il ainsi comparé la FFR, accusée de déni de démocratie, à « la Corée du Nord » puis à « un appareil stalinien des années 50 ». Des propos qui, parmi d'autres, ont choqué le président sortant. Il veut donc mettre en place « un choc de simplification », et plus largement réformer et décentraliser la gouvernance de la FFR. Laporte propose notamment de dissoudre le comité directeur, de limiter à deux le nombre de mandats des élus et de réduire de 10% les frais de fonctionnement de la Fédération.

Comme Laporte, Doucet veut supprimer les matches professionnels télévisés du dimanche après-midi, accusés de faire de l'ombre aux amateurs, réformer la gouvernance de la FFR et alléger les « contraintes » pesant selon lui sur les clubs. Ceux-ci seront par ailleurs consultés, par référendum, sur les grandes questions « impliquant durablement la Fédération ». Camou rétorque qu'il a déjà engagé pendant ses deux premiers mandats une réforme de la gouvernance - qu'il entend poursuivre -, et simplifié les démarches administratives. Surtout, il s'émeut de l'image de « gros pardessus » que Laporte donne des dirigeants fédéraux, dont il veut « restaurer l'image ». Il propose aussi d'imposer aux membres du comité directeur une charte éthique.

  • Les Bleus, vitrine du rugby français

Durant la dernière partie de la campagne pour le poste de président au sein de la FFR, les Bleus sont revenus dans les débats. Une vitrine du rugby français, ébréchée par le fiasco de la Coupe du monde en 2015. Bernard Laporte a affirmé qu'il maintiendrait en poste le sélectionneur Guy Novès s'il était élu. Il accuse les soutiens de Camou de faire courir le bruit inverse au moment où les Bleus séduisent de nouveau. Laporte veut par ailleurs « vendre » le maillot des Bleus à un sponsor, et placer les internationaux sous contrats fédéraux, exclusifs ou partiels. Pour améliorer la compétitivité du XV de France, il propose aussi de limiter le nombre de joueurs non sélectionnables dans les championnats professionnels et en Fédérale 1 (3e division). Et imposer comme critère de sélection la nécessité d'être ressortissant français.

Camou met lui en avant la nouvelle convention, négociée avec la Ligue et qui élargit la mise à disposition des internationaux auprès du XV de France. Et pour favoriser l'émergence de jeunes talents français, il veut repenser la règle des jokers médicaux, améliorer celle des JIFF (joueurs issus des filières de formation) et créer une équipe de France des moins de 23 ans. Doucet veut aussi une équipe de France Espoirs et effectuera un « bilan » de la convention. « Il n'y a pas assez de places pour nos jeunes Français dans le championnat pro. Si ça continue comme ça, dans dix ans, on n'aura plus que des Fidjiens comme trois-quarts du XV de France. C'est sûr qu'ils sont bons et qu'ils ne coûtent pas cher », a déclaré dans les colonnes du Parisien, Jean-Baptiste Lafond, ancien joueur des Bleus.

 rfi
 

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