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01 décembre 2016

Brésil: le monde du football toujours sous le choc

 

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Les supporters de Chapecoense ont rendu hommage aux victimes.REUTERS/Paulo Whitaker

Le monde du football est en deuil après le crash aérien qui a fait 71 morts dont plusieurs joueurs de l’équipe brésilienne de Chapecoense. Il n'y a que six survivants, dont trois footballeurs, deux membres d'équipage et un journaliste. Les réactions se succèdent en hommage aux victimes.

La catastrophe aérienne entre la Bolivie et la Colombie a livré son bilan officiel. Initialement le nombre de morts s’élevait à 75, toutefois il a été revu à la baisse par les autorités, quatre personnes sur la liste des passagers n'étant en fait pas montées dans l'avion. Les deux boîtes noires de l'appareil ont été retrouvées. Au moment du drame, l'appareil de la compagnie bolivienne Lamia transportait 77 passagers dont l’équipe brésilienne de Chapecoense et une vingtaine de journalistes sportifs.

Trois footballeurs ont survécu

Le gardien Jackson Follmann, le défenseur central Hélio Neto et le latéral Alan Ruschel sont les trois survivants de l'équipe. Leurs états sont toutefois bien différents. Jackson Follmann, âgé de 24 ans, a dû être amputé de la jambe droite à l’hôpital où il a été transféré, San Vicente de Rio Negro.

Alan Ruschel, âgé de 27 ans et qui a été hospitalisé à la clinique San Juan de Dios de La Ceja, souffre d’une lésion à la dixième vertèbre de la colonne vertébrale et il risque de perdre la mobilité de ses membres inférieurs.

Hélio Neto, âgé de 31 ans, a été le dernier survivant retrouvé dans les décombres de l’avion. A son arrivée à l’hôpital, il était dans un état très critique avec un traumatisme crânien, des problèmes au thorax et à l’abdomen, ainsi que des fractures ouvertes au niveau des membres inférieurs. Lui aussi est hospitalisé à la clinique San Juan de Dios de La Ceja.

Le dernier joueur rescapé était le gardien titulaire, Danilo Padilha, âgé de 31 ans, qui avait permis à son équipe d’aller en finale. Il n’a toutefois pas survécu à ses blessures.

Les membres d’équipage racontent la tragédie

Les deux membres d’équipage, qui ont survécu, se sont déjà exprimés. Erwin Tumiri, âgé de 25 ans, a raconté comment il a réussi à survivre au crash aérien: « J’ai survécu car j’ai suivi les protocoles de sécurité. Dans la panique générale, beaucoup de personnes se sont levées et ont commencé à crier. Moi j’ai mis les valises entre mes jambes pour adopter la position fœtale, c’est ce qu’on recommande lors des accidents ».

Ximena Suárez, hôtesse de l’air âgée de 28 ans, a apporté son témoignage sur ce qui s’est passé lors de l’accident. « Les lumières ont commencé à s’éteindre, et 40 à 50 secondes après, on a senti l’impact. L’avion était limité pour ce type de vol. Il avait tous les systèmes, mas les sigles RJ représent Regional Jet, ce qui signifie que ce sont des avions pour de courts voyages, souvent locaux, de deux heures. Cette opération a été étirée jusqu’à la limite ».

Le dernier rescapé est le journaliste Rafael Henzel, qui suivait l’équipe de Chapecoense et qui travaillait pour la radio Oeste FM de la ville de Chapecó. Âgé de 43 ans, il serait dans un état stable avec une jambe cassée selon les médias brésiliens.

La France, solidaire

Les hommages se sont succédés tout au long de la journée. En France par exemple, tous les matches de la 15e journée de Ligue 1 commenceront par une minute de silence. Lors de la rencontre entre Dijon et Monaco (1-1), RFI a eu l’occasion de revenir sur ce drame avec l’attaquant colombien Radamel Falcao.

« C’est un malheur qui s’est abattu sur le monde du football et le monde en général. J’étais très touché par tout ce qui s’est passé. C’est difficile à digérer ce type d’évènement. On ne peut faire qu’une seule chose, présenter toutes nos condélances aux familles des victimes qui étaient dans cette avion ».

Le club colombien de l’Atlético Nacional a demandé à la Confédération sud-américaine (CONMEBOL) de décerner le titre de champion de la Copa Sudamericana à Chapecoense. Falcao est favorable à cette initiative : « C’est un geste très important de la part du Nacional après cette tragédie. Après ce qu’il s’est passé, peu importe qui gagne la Copa Sudamericana. Je pense que c’est la meilleure manière de rendre hommage aux victimes avec cette initiative du Nacional. J’espère que cela sera possible et que cela se réalisera ».

Un club à reconstruire

Chapecoense a perdu 19 joueurs dans cette tragédie, sans oublier l’entraîneur Caio Júnior, le staff technique et les dirigeants du club. L’équipe est décimée. Au Brésil, il reste deux dirigeants dont le vice-président Ivan Tozzo, et neuf joueurs : Marcelo Boeck, Nivaldo, Neném, Demerson, Andrei, Hyoran, Alejandro Martinuccio, Rafael Lima et Cláudio Winck.

Marcelo Boeck, gardien de Chapecoense, veut aider à reconstruire ce club après la tragédie : « Il y a trois mois, j’étais titulaire et après je suis sorti à cause d’un choix de l’entraîneur. Quand on vit de telles situations, on donne plus de valeur aux choses de la vie. Le football est au second plan. Argent, célébrité, football… Cela ne vaut rien, mais la vie oui. Cette histoire ne peut pas se terminer ainsi, sinon on enterre tous nos héros. Ceux qui restent, doivent reconstruire ce projet ».

Une situation très compliquée à laquelle le club devra faire face ainsi que la Confédération brésilienne de football. Pour commencer, la dernière journée de championnat, la 38e, a été repoussée au 11 décembre prochain. Ensuite plusieurs clubs brésiliens proposent de prêter des joueurs gratuitement à Chapecoense pour la saison 2017, ainsi qu’une place permanente durant trois ans en première division, sans possibilité de descendre pour le club de Santa Catarina.

Du côté de la CONMEBOL, les dirigeants auraient dans l’idée d’intégrer Chapecoense à la Ligue des champions sud-américaine 2017, la Copa Libertadores. Des initiatives commencent à se mettre en place pour aider ce club.

AFP

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