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21 octobre 2016

Peut-on faire du sport sous corticoïdes ?

 

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Dan Carter, Carter, vedette du rugby mondial, double champion du monde en titre avec la Nouvelle-Zélande.Reuters/Henry Browne

Les traces de corticoïdes retrouvées récemment dans les urines de trois joueurs de rugby du Racing 92 ont relancé le débat autour de l'usage d'hormones dans le sport. Les joueurs du Racing 92, Dan Carter, Joe Rokocoko et Juan Imhoff ont été « lavés de tout soupçon » à propos de la présence de traces de corticoïdes dans leurs urines. Mais la question de la prise de corticoïdes chez les sportifs de haut niveau reste d’actualité.

Encore une fois, la question est posée. Peut-on faire du sport à très haut niveau lorsqu’on est soigné aux corticoïdes, hormones qui améliorent les capacités mentales et physiques des sportifs et sont donc considérées comme des substances dopantes ? Dans le règlement de l'agence mondiale antidopage (AMA), les corticoïdes pris sous forme de comprimés, sous forme d'injection intramusculaire ou intraveineuse ainsi que par voie rectale font partie des substances interdites en compétition.

La question des autorisations d’usage à des fins thérapeutiques

Récemment, on apprenait que le cycliste britannique Bradley Wiggins avait bénéficié d’autorisations d’usage à des fins thérapeutiques (AUT) pour un traitement contre l’asthme à base de corticoïdes notamment avant le Tour de France 2012 qu’il a remporté. Créées en 2007, les AUT permettent aux sportifs de suivre un traitement à base de médicaments contenant une substance interdite.

« Je crois que les autorités, l'AMA et l'Union cycliste internationale en particulier, devraient réévaluer tout le processus pour attribuer les AUT », explique Christopher Froome, vainqueur du Tour de France 2016. Il ajoute : « La seule raison pour laquelle il y a autant de débats autour de ça, c'est parce que les gens n'ont pas confiance dans le système. Ils ne croient pas que ces AUT sont demandées pour de bonnes raisons. »

Un produit dangereux à long terme

La législation actuelle est jugée trop permissive par beaucoup d’acteurs du monde sportif. Lors de la présentation du tracé du prochain Tour de France, Christian Prudhomme, directeur de la compétition, a soutenu le Mouvement pour un cyclisme crédible (MPCC) qui prône une ligne plus sévère à l'égard des AUT. Il a invité les équipes encore réfractaires à adhérer au MPCC, auquel font défaut nombre de grosses armadas notamment la Sky de Christopher Froome.

Des études ont montré qu’une consommation prolongée de corticoïdes conduit à des lésions musculaires et tendineuses. Les corticoïdes ont fait leur apparition dans le sport au début des années 1960, et ne sont décelables dans le cadre d’un contrôle antidopage que depuis 1999. « La prise de corticoïdes a pour effet la diminution de la masse musculaire, du taux de protéines dans le sang, des moyens des défenses immunitaires et décalcification du squelette. Si on peut se passer des corticoïdes, autant les éviter », expliquait Jean-Jacques Menuet, médecin du sport spécialisé dans le cyclisme, dans les colonnes du quotidien français Libération.

rfi

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