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19 octobre 2016

L’intérêt du sport dans le traitement de certains cancers

 

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L’activité physique peut désormais faire partie des thérapies dans le traîtement du cancer.RFI/Bruno Faure

L’activité physique peut désormais faire partie des thérapies chez les patients souffrant d’un cancer. La Fédération nationale CAMI Sport & Cancer a conduit une étude auprès d’environ 1500 patients. Elle doit être encadrée et favorise la plupart du temps la sensation de bien-être même si la fatigue liée au traitement ou les douleurs empêchent certains patients de s'y mettre.

La pratique du sport lorsqu'on est atteint d'un cancer fait son chemin en France. Selon une enquête commanditée par la Fédération nationale CAMI Sport & Cancer, trois patients sur quatre continuent à pratiquer une activité physique en dépit de la fatigue liée aux traitements.

« La tête a besoin de choses positives »

Menée auprès d'environ 1.500 patients, dont une majorité de femmes souffrant d'un cancer du sein, l'enquête a permis de montrer que 17% des personnes interrogées avaient démarré le sport au cours de leur maladie, contre 13% qui l'ont arrêté après le diagnostic. Mais au total 74% des patients ont continué à pratiquer une activité physique malgré leur maladie, selon l'enquête.

« Le sport, cela fait partie de la décontraction pour lâcher prise vis-à-vis de la maladie et de la transformation du corps », raconte à RFI une ancienne malade atteinte d’un cancer du sein, qui a continué la marche à pied et la natation pendant son traitement. Notre témoin avoue ne pas « avoir eu le courage » de s’adonner à la course à pied, car la fatigue ne lui permettait pas vraiment.

Aujourd’hui, elle considère que ces activités physiques lui ont permis de ne pas s’apitoyer sur son sort et que parfois cela lui procurait « un challenge » qu’elle était heureuse d’avoir accompli. « La tête a besoin de choses positives », lâche-t-elle. Selon l’enquête, le sport contribue à améliorer l'état psychologique des patients « en les réconciliant avec leur corps » et en renforçant les liens sociaux.

Mieux supporter les traîtements

« Il y a des études désormais assez solides pour dire que les patients ont une meilleure qualité de vie lorsqu’ils font du sport. Ils supportent mieux les traitements », explique le professeur Fabrice André, cancérologue et directeur de recherche à l’hôpital Gustave Roussy. Il précise : « Aujourd’hui, la recherche dit que le risque de rechute est moins important chez les patients qui ont fait du sport. Mais cela ne veut pas dire qu’il y a une causalité. Il n’y a pas de preuve pour dire que l’acte de faire du sport diminue le risque de cancer. Les études sont en cours. »

Parmi les bénéfices attendus de la pratique du sport, les patients citent en tête l'amélioration de la qualité de vie, des chances supplémentaires de guérir et la préservation du statut social.

« Aujourd’hui, on sait que 150 minutes de sport par semaine (marche rapide ou footing lent) ont un effet bénéfique sur la tolérance des traitements et pourraient avoir un effet bénéfique sur les risques de rechutes. Pour le reste, ce ne sont pour le moment que des hypothèses », atteste le professeur Fabrice André.

Une pratique qui doit être encadrée

La fatigue liée notamment aux chimiothérapies est en revanche le principal frein à l'activité physique. « Ce n’est pas facile pour certains patients qui sont très fatigués. Il ne faut pas les culpabiliser. Il ne faut pas pousser l’organisme. Mais s’il y a des périodes avec un peu moins de fatigue, on peut leur conseiller de faire une activité physique modérée », précise Fabrice André. Il recommande d’ailleurs de se remettre à faire des efforts entre le dixième et le quinzième jour après une séance de chimiothérapie et juste avant. La pratique doit être encadrée pour être certain que le patient modère ses efforts.

« L’objectif du sport dans le traitement du cancer est destiné principalement aux gens dont le cancer est localisé et pris au début. Il subit un traitement relativement toxique par exemple une femme qui aurait un cancer du sein localisé et qui aurait une chimiothérapie préventive. C’est la situation typique », souligne le professeur Fabrice André. Une méta-analyse du rapport a ainsi fait état d'un risque de mortalité réduit de 34% chez les femmes atteintes d'un cancer du sein localisé et pratiquant une activité physique.

En ce qui concerne ceux dont le cancer est à un stade avancé, la pratique du sport n’est pas vraiment d’actualité contenue de la fatigue et de la gestion de la maladie au quotidien.

rfi

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