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14 septembre 2016

Jeux paralympiques: l’Argentin Silvio Velo, «le Messi du cécifoot»

 

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Silvio Velo, joueur argentin de cécifoot.JUAN MABROMATA / AFP

Le cécifoot est l'adaptation du football pour les déficients visuels. Au Brésil, dans le Stade olympique, l’arène qui abrite le cécifoot attire du monde et les matches s’enchaînent. Spectaculaire, cette discipline montre à quel point le handisport peut ne pas avoir de limites. L’Argentine, qui a bien l’intention de remporter l’or, compte sur sa star : un certain Silvio Velo que nous avons rencontré.

Installez-vous confortablement sur votre siège, attendez que le match commence et surtout, taisez-vous ! Le soleil est au zénith, les esprits s'échauffent dans les tribunes du stade de cécifoot, mais il faut absolument faire silence.

Les oreilles remplacent les yeux

Au cécifoot, le seul bruit possible reste le tintement du ballon sonore grâce aux clochettes qui sont placées à l’intérieur. Les oreilles remplacent les yeux et n'importe quel autre écho gênerait la partie.

 

Pour rivaliser à égalité, les yeux des joueurs sont bandés, le handicap va du malvoyant à l'aveugle. Derrière la cage, un guide s’époumone pour orienter les tirs. Pour se repérer entre eux, les joueurs crient. Sur le côté, l’entraîneur lance ses consignes. Seul ce brouhaha, sur le terrain, est autorisé.

L’Argentin Silvio Velo, né aveugle, que l’on surnomme dans son pays « le Messi du cécifoot », est dans son élément. Mardi 13 septembre, sous un soleil de plomb, face à la Chine, il trépigne d’impatience sur le banc. Cet homme est capable de suivre la trajectoire du ballon, de contrôler, de faire un petit pont et de frapper dans la lucarne. Comme Maradona, mais sans l'aide de ses yeux !

Trois Coupes du monde à son actif

Le capitaine de l'équipe nationale de cécifoot, Los Murcielagos (les chauves-souris, ndlr), a déjà trois Coupes du monde à son palmarès. Dans son milieu, il est une petite gloire en Argentine. Il fait partie de la sélection pour aveugles depuis sa création en 1991. « Il me manque la médaille d’or que je suis venu chercher ici au Brésil », dit-il à RFI en souriant. Il avait pris l’argent à Athènes et le bronze à Pékin en 2008. Rio est sa dernière grande destination.

« Comment j’ai commencé le cécifoot ? J'en sais rien, lâche-t-il un peu espiègle. Je suis Argentin ! Chez nous, c’est le football et rien d’autre. Moi, j’ai cette passion depuis petit, lorsque je jouais avec mes frères et mes amis. Je ne peux pas dire ce que je ressens lorsque j’ai une balle au pied ». Gamin, il rêvait de jouer avec le maillot de l’Argentine sur les épaules.

« Maintenant je l’ai. Je crois que tout ce que l’on rêve en étant petit, peut devenir réalité », explique celui qui a découvert cette discipline à l'âge de dix ans à San Isidro, une ville de la province de Buenos Aires. Avant de jouer avec ce ballon rempli de clochettes, il en plaçait un dans un sac plastique et s’amusait à le frapper de différentes manières.

 

Crédit: Juegos Paralimpicos

 

« Si on a la volonté, rien n'est impossible »

Silvio Velo, qui joue pour Boca juniors après dix années passées à River Plate, deux clubs importants à Buenos Aires, a donc sa propre devise : « Si on a la volonté, rien n'est impossible. » Cet attaquant de 45 ans raconte : « Marquer des buts, c’est la plus belle chose du monde. C’est un moment indescriptible. Quand j'entends le ballon rouler sur mes pieds avant de tirer, c’est comme écouter de la musique. »

« Je crois que pour les gens qui ont un handicap, les Jeux paralympiques sont un moment important, car il y a beaucoup d’émotion. Et le public ne s’y trompe pas. A Rio, tous les athlètes vont au plus profond d’eux. Que ce soit pour les Jeux olympiques ou les Paralympiques. Il faut en profiter », concède Silvio Velo.

Un match de cécifoot, qui dure 50 minutes, a quelque chose de magique. Les « ah » ou les « oh » qui descendent des tribunes en attestent. Sur ce terrain dont la taille est semblable à celui du handball, l’énergie qui s’en dégage est énorme.

Après sa demi-finale face à l’Iran le jeudi 15 septembre, l’Argentine, - qui a battu la Chine aux tirs au but -, pourrait croiser le fer avec le Brésil, le seul pays à avoir remporté l’or paralympique depuis Athènes en 2014 et l'arrivée du cécifoot. Beaucoup de « chut » devraient être lancés par l’arbitre et Silvio Velo devraient encore régaler tous ceux qui ont la chance de voir ses courses chaloupées et ses tirs précis. Entre les phases de jeu, l’ambiance devrait être garantie.

rfi

 

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