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18 août 2016

JO 2016/Athlétisme: Une hôtesse de l'air tchadienne sur les pistes

 

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Bibiro Ali Taher.Photo: Fédération tchadienne d'athlétisme

La Tchadienne Bibiro Ali Taher a participé mardi 16 août au 5000 mètres en athlétisme aux JO Rio. Si elle n’a pas été classée, elle a tout de même vécu un des plus beaux moments de son existence. Elle a représenté le Tchad et espère avoir ouvert la voie pour que l’athlétisme de son pays soit plus présent aux prochains Jeux.

Hôtesse de l’air, elle en a fait des voyages. Mais celui de Rio restera à tout jamais comme le plus formateur, celui qui marque une vie. Dans la « Cité merveilleuse », Bibiro Ali Taher s’est senti dans son élément. Celui du sport, du dépassement de soi, de l’amitié, du partage.

« J’ai donné tout ce que j’ai pu »

Arrivée en France, à Hérouville Saint-Clair en Normandie à l'âge de 7 ans, elle y a débuté l'athlétisme. A 27 ans, Bibiro Ali Taher avait acquis sa qualification fin juin 2016 en Afrique du Sud, pour concourir dans le 5000 mètres aux Jeux olympiques de Rio. Ce petit bout de femme a défendu corps et âme les couleurs du Tchad où elle est née. Lors de la cérémonie d’ouverture, elle a vécu la joie et l’honneur d’être la porte-drapeau de sa délégation composée seulement de deux athlètes. Elle, et Bachir Mahamat qui a participé aux 400 mètres en athlétisme. De quoi rendre fier les onze millions d'habitants du Tchad.

Son 5000 mètres, elle ne l’a pas terminé. Un quiproquo dans le final l'empêche de faire le dernier tour. Au passage sur la ligne d’arrivée, elle entend la cloche, pense que c’est pour elle et se lance dans un dernier 400 mètres. En fait, il lui restait deux tours.

On a retrouvé Bibiro Ali Taher quelques heures plus tard au village olympique. Elle avait eu le temps de sécher ses larmes et de reprendre ses esprits. Ce petit bout de femme avait fini par retrouver le sourire. « J’ai donné tout ce que j’ai pu. J’ai travaillé comme une dingue ces douze derniers mois. Je n’ai pas de regret, mais j’avais les larmes aux yeux, car je voulais quitter Rio avec un nouveau record », dit-elle sagement assise sur un banc. Elle était certaine d'avoir les jambes !

« Mes parents ont vu la course à la télévision et ils ne se sont pas rendu compte qu’il manquait un tour. Lorsqu’ils ont vu le mot disqualifiée, ils n’ont pas compris ». Ses yeux brillent, sa voix est fluette. « Sur la ligne de départ, j’avais du mal à réaliser que j’étais aux Jeux. C’était extraordinaire ».

 Plus d'athlètes tchadiens à Tokyo

Mais la course de Bibiro Ali Taher était aussi ailleurs. Elle a permis au Tchad de participer aux JO 2016. Elle y est retournée en juin dernier après 17 ans d’absence. Elle a vu sa grand-mère. « J’espère qu’à Tokyo il y a aura plus d’athlètes tchadiens. Mon pays mérite d’être mieux représenté. Il y a du potentiel et il faut que les autorités prennent conscience que l’on peut être plus que deux ». Celle qui souhaite participer au marathon de Tokyo en 2020 dit avoir couru pour toutes les femmes tchadiennes, pour montrer l’exemple.

« J’ai accepté de courir pour le Tchad. Je suis à Rio et je veux montrer que dans la vie tout est possible. Notre pays a des capacités. Il y a de l’avenir au Tchad. Je vous l’assure », dit celle qui court pour le plaisir et qui finit par avouer que tout restera beau. Au village olympique, elle a partagé beaucoup de temps avec ses amis de l’équipe de France et notamment Mahiedine Mekhissi et Jimmy Vicaut. « On se connaît depuis longtemps et ils m’ont encouragé. Je suis Tchadienne et je suis Française. Aujourd’hui, je représentais deux nations. Peu importe la couleur du drapeau, nous autres athlètes, nous restons avant tout des amis. On ne veut pas de frontières, même si chacun tente de représenter au mieux son pays ».

A chaque escale, quand elle travaille, Bibiro Ali Taher prend ses baskets et part s’entraîner. « J’ai l’avenir devant moi, je serais aux prochains Mondiaux et aux Jeux de la Francophonie à Abidjan en 2017 », nous promet-elle. Nous avons pris rendez-vous.

rfi

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