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12 août 2016

Purge: mandat d'arrêt lancé contre l'icône du football turc Hakan Sükür


 

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Hakan Sükür lors du match de sa vie, une demi-finale perdue contre le futur champion du monde, le Brésil de Rivaldo, le 26 juin 2002 à Saitama, en Corée du Sud.PATRICK HERTZOG / AFP

Un mandat d'arrêt a été émis contre l'ex-star du football turc, Hakan Sükür, dans le cadre de la purge en cours contre les milieux considérés comme proches du prédicateur Fethullah Gülen après le putsch avorté du 15 juillet. Une sorte de conclusion logique pour l'ancien capitaine de l'équipe nationale, aujourd'hui exilé aux Etats-Unis avec sa famille, lui qui devait pourtant son entrée en politique au président.

Hakan Sükür est définitivement hors-jeu dans son propre pays. Un comble pour l'ancien attaquant star du Galatasaray, qui a passé sa vie sur les pelouses, du championnat d'Angleterre à la Série A italienne en club, en passant aussi par la Corée et le Japon en équipe nationale notamment, toujours à la limite du hors-jeu pour tromper les défenses adverses.

Jouer au foot, marquer, il l'a toujours bien fait : 51 buts en 112 apparitions avec le maillot de la Turquie par exemple, des statistiques dignes des plus grands, qui font de lui le meilleur buteur de l'histoire de sa sélection, et auxquelles il faut aussi ajouter 13 titres, dont des championnats de Turquie et même une coupe d'Europe (C3) avec le club stambouliote de sa vie, en 2000.

Sükür, l'AKP et Fethullah Gülen

Une vie d'icône turque, en somme, voire de légende après la médaille de bronze acquise à la Coupe du monde 2002. D'autant que le football en Turquie, c'est du sérieux. Autant dire qu'adoubé par son peuple, Hakan Sükür ne pouvait pas tomber. Après une dernière saison passée à Istanbul, il était devenu un retraité chouchouté en 2008.

Même un certain Recep Tayyip Erdogan l'avait pris sous son aile. En 2011, le « Taureau du Bosphore » devient alors député, lié au Parti de la justice et du développement du Premier ministre (AKP). Mais très vite, sa liaison avec la confrérie Gülen, dont il est membre, brouille les ondes avec celui qui est devenu entre-temps président.

Plus personne n'est intouchable

Fin 2015, l'ancien numéro 9 tire - trop fort - sur Twitter contre la nouvelle politique du chef de l'Etat. Les anti-gülenistes de tous bords exhibent alors le carton jaune. Mais il vire au rouge en 2016, jusqu'à ce mandat d'arrêt émis vendredi 12 août après le coup d'Etat manqué de juillet, et qui le désigne tout bonnement comme le « membre d'un groupe terroriste armé ».

Hakan Sükür est donc désormais persona non grata dans une Turquie qu'il avait déjà quittée de toute manière. Une Turquie où la purge des opposants se poursuit d'Istanbul à Ankara dans de nombreux secteurs de la société. Et où l'on peut désormais abattre l'enfant du pays, rien de moins que le « Zidane turc » aux yeux de certains, sans que personne n'y trouve manifestement à redire. Du moins pour l'instant.

rfi

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