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04 août 2016

JO 2016: Le Christ rédempteur a le monde à ses pieds

 

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Le Christ rédempteur, le monument emblématique de Rio qui surplomble la ville.REUTERS/Kai Pfaffenbach

Les Jeux olympiques, l’événement planétaire du sport, débutent vendredi 5 août avec la cérémonie d’ouverture au stade mythique Maracanã. A Rio, tout le monde attend que les festivités commencent pour oublier les polémiques.

Le Christ rédempteur, en haut du mont Corcovado, avait mercredi la tête dans les nuages. Il ne pouvait pas contempler cette ville qui s’agite à ses pieds à moins de quarante-huit heures de l’ouverture des Jeux olympiques.

Après des mois de polémiques en tout genre, la remise dès samedi des premières médailles des Jeux, notamment en cyclisme sur route et judo, fera peut-être taire tous les détracteurs de l'événement. Environ dix mille athlètes et deux cents pays sont présents. Si Rio réussit son pari de laisser le souvenir de Jeux inoubliables au même titre que Sydney en 2000 ou Londres en 2012, alors tous les mauvais moments seront à oublier.

« Rio est une des plus belles vies du monde, nous sommes fiers »

 

« Je suis à l’heure du Brésil », peut-on lire sur certains autobus qui tentent de traverser la ville malgré le trafic dense. Une heure attendue par certains, mais que d’autres rejettent encore comme en attestent les manifestations et incidents lors du passage de la flamme olympique qui doit traverser Rio ce jeudi 4 août. La moitié des Brésiliens sont hostiles aux Jeux selon un sondage publié dans le journal Folha de Sao~Paulo. Pire, 63% des personnes interrogées estiment que les Jeux feront plus de mal que de bien au Brésil.

Non loin du bassin de l’aviron, dans le quartier de Flamengo, une quinquagénaire qui vend des boissons sur un bout de trottoir est toute souriante. Elle semble ravie de voir les JO débarquer chez elle. « Rio est une des plus belles vies du monde, nous sommes fiers et il faut le dire », nous lance-t-elle.

A côté, un jeune homme termine tranquillement son jogging. « Il y a eu pas mal d’investissements pour ces Jeux, mais je ne suis pas certain que cela profite aux plus défavorisés. En ce moment, il y a même des fonctionnaires qui ne sont pas payés. L’Etat de Rio est en faillite et on dépense à tout va », regrette Bruno, Franco-Brésilien, cadre supérieur, qui ne comprend pas que le village olympique soit situé dans une zone déjà très favorisée (Barra Tijuca). « Dans le nord de la ville, l’endroit le plus défavorisé, il n’y aura presque rien comme héritage », ajoute-t-il.

« J’espère que personne n’oubliera les JO de Rio »

Rio restera comme la première ville d’Amérique du Sud à avoir accueilli les JO. Ce qui ravit d’avance Sergio, un volontaire venu du Chili qui travaillera sur les épreuves d’aviron. « C’est fantastique d’être ici. C’est comme un rêve et tout sera prêt pour le premier jour de compétition. On est au pied du Christ rédempteur et cela va être un spectacle fabuleux », raconte-t-il, fier d’être un des Sud-Américains à vivre cette expérience. « J’espère que personne n’oubliera les JO de Rio », confie le jeune homme.

« Pour ceux qui viennent voir les JO, c’est certainement génial. Mais ceux qui vivent ici ne ressentent pas vraiment la même chose. Le trafic est horrible pour les gens qui vont travailler(les vacances scolaires ont été décalées au moment des JO, ndlr) », explique un jeune infirmier qui avoue tout de même que « la ville va profiter des nouvelles infrastructures liées aux JO ». Comme la construction d’une nouvelle ligne de métro.

Eduardo, qui tient une bijouterie dans le quartier chic d'Ipanema, attend lui le visiteur avec impatience. Il espère beaucoup du tourisme dans l'ancienne capitale du Brésil transformée pour l'occasion. Les autorités annoncent la venue de 500 000 touristes.

Une organisation titanesque qui suscite des interrogations

Les critiques qui ont afflué sur le Village olympique il y a quelques jours seront presque éteintes lorsque la vasque olympique sera allumée. Les drapeaux de chaque délégation sont accrochés aux fenêtres, et les athlètes ont passé ces dernières journées à découvrir et tester pour certains les sites olympiques. Plus personne ne parle des fuites d'eau dans les appartements de la délégation australienne.

Les Jeux olympiques demandent une organisation titanesque qui suscite des questions alors que le Brésil est en proie à une grave crise économique et politique. Um mundo novo(un monde nouveau) tel est le slogan de Rio 2016. Si le Jeux olympiques ne changeront pas la face du monde, ils pourraient en cas de réussite aider le Brésil à redorer son image quelque peu écornée par les scandales politiques liées à la corruption. Au point d’écarter provisoirement du pouvoir sa présidente Dilma Rousseff absente de la cérémonie d'ouverture, tout comme l’ancien président Lula qui avait obtenu les Jeux à Copenhague en 2009.

rfi

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