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29 juillet 2016

Jeux de Rio: quatre femmes représenteront l'Arabie saoudite

 

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L'athlète saoudienne Sarah Attar, pendant les séries du 800 mètres aux JO de Londres en 2012.JOHANNES EISELE / AFP

Quatre ans après les Jeux olympiques de Londres, où la présence de deux athlètes saoudiennes créait l’événement, les autorités saoudiennes ont décidé d’envoyer, cette fois, quatre athlètes féminins. 

Plus qu’un geste fort, c’est l’amorce d’une lente évolution. Le Comité olympique saoudien a annoncé la participation de ces quatre athlètes saoudiennes il y a seulement quinze jours. La présentation de ces sportives s’est effectuée en marge de la présentation de la délégation masculine qui ne comporte que sept athlètes.

La presse locale est restée plutôt discrète sur le sujet. Il n’était pas question de trop communiquer sur ces femmes, pas question surtout de susciter l’ire des religieux, des récalcitrants qui considèrent que les femmes ne doivent pas pratiquer une activité sportive, encore moins participer aux JO de Rio.

Une évolution lente, mais sûre

Parmi ces athlètes, on retrouve Sara al-Attar, qui court pour le 800 mètres en athlétisme. C’est sa deuxième participation aux JO. Avec la judoka Wodjan Sharkhani, elle faisait partie des deux premières Saoudiennes à inscrire leur nom dans l’histoire du sport en Arabie saoudite. Ensuite, Lubna al-Omair représentera son pays en escrime, Cariman Abu al-Jadail s’alignera au 100 mètres et Wujud Fahmi au judo.

Ces quatre sportives ne sont pas passées par les épreuves qualificatives ou les minimas exigés pour participer à une telle compétition internationale. Elles ont obtenu une « wild card », une invitation. Autant dire que leur participation relève plus de la figuration pour donner bonne conscience aux dirigeants saoudiens que de l’exploit sportif. Mais dans un pays comme l’Arabie saoudite où les droits des femmes sont bafoués, la participation de ces quatre athlètes aux JO de Rio marque incontestablement le début d’une marche certes, lente, mais indispensable avant d’apprendre à courir.

Port de la tenue islamique obligatoire pour ces athlètes

Comme il y a quatre ans, le Comité international olympique s'est plié aux exigences du royaume de mettre en place un label islamique. Les athlètes saoudiennes doivent porter la tenue islamique, être couvertes de la tête aux pieds et obtenir l’accord d’un parent, le plus souvent du tuteur - père, frère ou autre membre de la famille - et sa présence est obligatoire.

Il est aussi important que les athlètes féminines respectent les zones de non-mixité. C’est en tout cas ce que l’Arabie saoudite avait exigé du CIO pour envoyer deux femmes à la compétition il y a quatre ans. A l'époque, le bonnet de la judoka Wodjan Sharkhani avait suscité la polémique, le règlement l'interdisant, même si la jeune athlète de 16 ans a passé seulement 82 secondes sur le tatami. Un an après, Wodjan, devenue star des JO malgré elle, avait avoué, lors d'une interview pour le livre Révolution sous le voile, n’avoir jamais pratiqué le judo avant les JO de Londres. C’était la première fois que Wodjan portait un kimono.

rfi

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