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30 juin 2016

Euro 2016: un Portugal à l’accent français

 

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Raphaël Guerreiro, ici contre l'Autriche le 18 juin 2016 à Paris, évolue sous les couleurs vermeilles du Portugal.REUTERS/Charles Platiau Livepic

Les cas de double nationalité dans le football ne sont pas circonscrits à l’Afrique. En Europe aussi, de nombreux joueurs ont eu le choix de la sélection nationale avec laquelle ils évoluent. Face à la Pologne, jeudi 30 juin en quart-de-finale de l’Euro, le Portugal devrait aligner deux joueurs qui auraient pu porter les couleurs de la France.

Adrien Perruchet, vous connaissez ? Ne cherchez pas ce joueur qui dispute actuellement l’Euro de football dans la liste des 23 de Didier Deschamps. Car ce joueur de 27 ans, né à Angoulême et formé aux Girondins de Bordeaux, ne porte par le maillot de l’équipe de France mais celui du Portugal. Un maillot floqué « Silva », du nom de son père portugais qui est rentré au pays, avec sa femme, madame Perruchet, quand le fiston avait onze ans.

Raphaël Guerreiro, lui, ne connaît du Portugal que les lieux de vacances qu’il a fréquentés durant son enfance. Né au Blanc-Mesnil, il aurait pu être aligné en équipe de France aux côtés de Moussa Sissoko, natif de la même commune de Seine-Saint-Denis. Mais ce latéral gauche qui, après être passé par Claire-fontaine, le centre de formation de la Fédération française de football, a fait toute sa carrière en France avant son récent transfert pour Dortmund, évolue lui aussi sous les couleurs « vermeilleuses » de la Seleçao.

« Retard de croissance »

Si le choix d’Adrien Silva en faveur de la sélection aux Ecus s’entend au vu de la trajectoire familiale, celui de Raphaël Guerreiro est plus ambigu. Quand il explose sous les couleurs du SM Caen, au début de la saison 2012-13, les deux fédérations française et portugaise se l’arrachent à travers leurs sélections Espoirs. Le joueur se donne alors le temps de mûrir son choix. « Je ne suis pas retourné depuis longtemps au Portugal, mais c'est le pays que je supporte et pour lequel j'aimerais jouer, cela me tient à coeur. Bon, je me pose aussi la question de l'adaptation, la langue... il faut que je réfléchisse bien », déclare-t-il à l’époque.

Au bout de quelques mois, Raphaël Guerreiro a choisi : ce sera la sélection portugaise. Au-delà du choix « sentimental », une question subsiste. Comment ce joueur que tous ses éducateurs ont jugé très doué est-il passé à côté des sélections nationales chez les jeunes ? La réponse nous est donnée par l’intéressé lui-même qui, en 2013, confesse : « J’étais en retard sur les autres dans ma croissance. » On retrouve ici un travers traditionnel des sélections de jeunes en France, où le développement physique du joueur prend souvent le pas sur ses qualités techniques.

Adrien Silva-Perruchet, lui, n’a pas eu ce problème. Dès l’âge de seize ans, il a connu l’honneur des sélections de jeunes… portugaises.

rfi

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