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28 juin 2016

Euro 2016 / Espagne : le roi est nu

 

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Gerard Piqué quitte le Stade de France la tête basse après l'élimination de l'Espagne face à l'Italie.REUTERS/Charles Platiau

Eliminée sans gloire par l’Italie en quart-de-finale de l’Euro 2016, lundi 27 juin à Saint-Denis, la sélection espagnole, double tenante du titre, est rentrée dans le rang. En cause : un manque de renouvellement des cadres après une période dorée qui a fait croire que la victoire serait éternelle.

Tout comme l’Invincible Armada en son temps, voici venue la fin de l’équipe d’Espagne qui a dominé l’Europe et le monde du football. Vainqueur de l’Euro en 2008 et 2012, championne du monde en 2010, la Roja s’en est allée un soir de juin 2016, au Stade de France, rayée de la carte par une fougueuse équipe d’Italie, en huitièmes de finale de l’Euro (0-2).

L’élimination, en 2014, au premier tour de la Coupe du monde aurait pu passer pour un accident. Tout comme la défaite face à la Croatie (1-2) lors du troisième match de poule de cet Euro, le 21 juin. Car après une entame de compétition laborieuse face à la République tchèque (1-0), l’Espagne avait retrouvé son jeu en disposant avec brio de la Turquie (3-0). Ce soir-là, à Nice, Iniesta avait régalé comme aux plus beaux jours. Surtout, la lecture des noms des buteurs – Alvaro Morata et Nolito, qui ont tous deux débuté en sélection nationale il y a seulement deux ans - laissait penser que du sang neuf, et du bon, était arrivé.

Une sélection orpheline

Las, face à l’Italie, les Espagnols se sont montrés empruntés, sans inspiration, à l’image de Sergio Ramos ou Gerard Piqué qui ne furent cet après-midi que l’ombre des grands joueurs qu’ils étaient il y a peu. Piqué ne s'est d'ailleurs pas caché derrière son petit doigt, confessant : « Il faut être réalistes. Nous n'avons pas le niveau que nous avions quand nous étions champions d'Europe et du monde. » Andrès Iniesta, de son côté, n’a jamais pesé sur le jeu. Un jeu orphelin, en vérité, qui ne s’est jamais tout à fait remis de la retraite internationale, en 2014, de Xavi Hernandez et Xabi Alonso, animateurs de l'entrejeu avec Iniesta.

Certes, quelques joueurs ont donné satisfaction, à l’image du gardien de but David De Gea, presque parfait dans son rôle de sauveur de la patrie, qui a su faire oublier « San » Iker Casillas, gardien de tous les succès de la Roja. Mais ce talent brut, à qui l’Espagne doit de ne pas être repartie avec une valise de Saint-Denis, était trop isolé. La preuve en est qu'il fut sollicité comme rarement un gardien espagnol l’avait été ces dernières années, tant sa défense fut défaillante.

Pour Vicente Del Bosque, le sélectionneur espagnol en place depuis juillet 2008, l’heure de la sortie a probablement sonné. Même si l’intéressé ne s’est pas épanché sur la question après la défaite contre l’Italie. Restent ses paroles qui trahissent peut-être un entêtement morbide : « Nous avons un style de jeu pour durer de nombreuses années et nous resterons proches de la victoire finale lors des Mondiaux et des Euros. » En vérité, rien n’est moins sûr. Le style de jeu n’est rien sans les hommes pour le faire vivre sur le terrain. Et ces hommes, en Espagne, n’existent plus.

rfi

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