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05 avril 2016

fan-zones » au cœur de la sécurité

 

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Le stade de Nice, un des lieux où se déroulera l'Euro 2016.AFP

La France accueillera du 10 juin au 10 juillet l'Euro de football. Face à la menace terroriste, la compétition sportive représente un défi sécuritaire majeur pour les pouvoirs publics qui se préparent aux scénarios les plus dramatiques. Une simulation d’attentat sur une « fan-zone » est organisée, ce lundi 4 avril 2016 à Bordeaux. Un exercice similaire a eu lieu à Nîmes le 17 mars dernier.

«L’Euro, c’est le troisième événement sportif le plus important au monde », souligne,non sans fierté, Patrick Kanner. Et le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports d’égrener quelques chiffres qui montrent l’ampleur de l’événement : « 51 matches, 2.5 millions de spectateurs à l’intérieur des stades, 7 à 8 millions de supporters dans les fan-zones ».

Ces fan-zones sont une nouveauté pour les autorités françaises. « Il y avait eu des débuts au moment du Mondial 98. Mais à ce point-là étendues, c’est une première », reconnaît le commissaire divisionnaire Jean-Cyril Reymond, chef d’état-major de la direction départementale de la sécurité publique (DDSP) des Bouches-du-Rhône. Chacune des dix villes hôtes de la compétition accueillera donc un espace pouvant recevoir les supporters qui, faute de place dans les stades, pourront suivre les matches sur écran géant. « Elles fonctionneront de midi à minuit tout au long de la compétition », précise Patrick Kanner, «quelqu’un qui voudra voir un match qui se déroule à Lille et qui se trouve à Marseille pourra le voir sur grand écran à Marseille ». La plus importante de ces fan-zones sera celle de Paris et pourra accueillir jusqu’à 90 000 personnes alors que la plus petite, celle de Lens, aura une capacité maximale de 10 000 supporters. Toutes devraient en tout cas attirer beaucoup de monde et c’est sur elles que se concentrent les craintes des forces de l'ordre.

Nouvel enjeu

Ces zones seront situées en plein air, au cœur des villes hôtes : sur le Champ de Mars sous la Tour Eiffel à Paris, sur la plage du Prado à Marseille ou encore sur la place des Quinconces dans le centre-ville historique à Bordeaux. Certes, des barrières de sécurité seront installées autour de chacune d'entre elles et les spectateurs devront se soumettre à des contrôles à l'entrée. Mais sécuriser une place publique ou une plage est une tâche plus difficile que d’assurer la sécurité d’un lieu fermé comme un stade.

Alors, les fan-zones casse-tête sécuritaire ? Le commissaire divisionnaire Jean-Cyril Reymond, de la DDSP des Bouches-du-Rhône, relativise ce nouvel enjeu : « ce qu’on met en place sur les fan-zones aujourd’hui n’est pas fondamentalement différent de ce qu’on met en place au stade Vélodrome toute l’année ». Et lui de souligner que désormais, « des équipes réellement formées et équipées ont été mises en place. Il s’agit des BAC (brigades anti-criminalité) et des compagnies d’intervention. Ils connaissent les problématiques, ils ont les équipements. Ils savent intervenir ».

« Maximum de précautions »

La menace terroriste n'est pas nouvelle et se déployer sur des lieux touchés par des attentats fait désormais partie des entraînements tant des forces de l'ordre que des secouristes. Ces entraînements se sont intensifiés depuis les attentats de janvier dernier. Pompiers, policiers, gendarmes, Samu, magistrats enquêteurs : chaque unité se prépare de son côté. Puis elles se retrouvent pour ces simulations d'attentats sur des fan-zones de l'Euro. « Ces exercices ne sont pas nouveaux », précise Alexandre Lerousso, chargé de mission sécurité intérieure à l'Etat-major de la zone Sud. « Nous en organisons deux fois par an. Ce sont des conclusions des entraînements spécifiques à chaque service. Nous vérifions alors l’interopérabilité de tous les services. »

Avec ces simulations, secouristes et forces de l’ordre se préparent donc au pire. Mais la priorité reste avant tout d’assurer la sécurité de ces lieux. Et « si nous constatons que pour une fan-zone, les conditions ne sont pas réunies, nous statuerons pour alerter le maire », assure Bernard Cazeneuve, le ministre de l’Intérieur. L’Etat pourrait alors demander « la réduction du périmètre de la fan-zone, une modification des conditions dans lesquelles elle est organisée ou éventuellement un renoncement à l’organisation de ces fan-zones ».

« Nous voulons que la fête soit belle, et pour que la fête soit belle il faut absolument que nous prenions un maximum de précautions », estime Bernard Cazeneuve. «Jamais un événement sportif organisé en France n'aura été autant sécurisé », assure, quant à lui, Patrick Kanner, le ministre des Sports. Mais Bernard Cazeneuve modère tout de même: « 100% de précaution, ça ne fait pas le risque zéro ». Une phrase qui revêt désormais des allures de refrain dans la bouche du premier policier d’un pays frappé à deux reprises l’an dernier par des terroristes.

rfi

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