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01 novembre 2015

Mondial 2022: petites avancées pour les travailleurs étrangers

mediaTravailleurs au Qatar vivant dans un dortoir.Photo: Reuters

L'émir du Qatar a approuvé des amendements à la loi réglementant le travail des étrangers. Alors que le Qatar devait abolir le système de « Kafala », ce petit pays du Golf Persique vient de prendre des dispositions pour l’aménager. Une adaptation jugée insuffisante par l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch.

L'émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, a promulgué mardi 27 octobre la nouvelle loi qui remplace celle actuellement en vigueur et qui interdit à tout travailleur de quitter le pays sans l'accord de son employeur et le prive de la possibilité de changeur d'emploi. La nouvelle réglementation n'entrera en vigueur qu'en 2017. Il s’agit d’aménager le système de « Kafala » qui met jusqu’à présent les travailleurs étrangers dans une situation compliquée, à la limite de « l’esclavage moderne » selon plusieurs organisations internationales. En effet, sans l’accord de l’employeur, il est impossible de quitter le pays ou de changer de travail.

Pas de grand changement selon Human Rights Watch

Le travailleur étranger va pouvoir demander une autorisation de sortie du pays au ministère de l'Intérieur. S'il ne l'a pas au bout de trois jours, il a une possibilité de déposer un recours devant une commission de contentieux. Il aura également la possibilité de changer d'employeur à la fin de son contrat, ce qu'il ne peut pas faire actuellement. En mai 2014, un communiqué de presse du ministère de l’Intérieur qatarien avait annoncé une série de propositions de réformes du travail, notamment l’autorisation pour les travailleurs de changer d’employeur à la fin de leur contrat sans l’accord de leur employeur actuel. Le Qatar avait aussi promis de réformer son système de visa de sortie, qui offre aux employeurs une liberté totale pour empêcher les travailleurs migrants de quitter le territoire.

Aujourd’hui, l’organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch, par la voix de Nicholas McGeehan, estime que les nouvelles dispositions concernant les travailleurs étrangers ne sont pas suffisantes. « Tout est encore sous le contrôle de l’employeur et c’est désolant », explique Nicholas McGeehan qui avoue que « pas grand-chose ne change » pour les travailleurs immigrés. « C’est une tragédie, car la Fifa n’en fait pas sa priorité », ajoute-t-il. Il y a un an, le patron de la fédération allemande, Wolfgang Niersbach, avait estimé que la Fifa devrait lancer un ultimatum au Qatar pour améliorer les conditions de travail dans le pays afin de conserver l'organisation du Mondial 2022.

Quelque 1,8 million de travailleurs étrangers sont actuellement employés au Qatar, notamment sur les chantiers du Mondial de football que le pays doit organiser en 2022. Ils forment actuellement 90 % de la population et leur nombre ne cesse de croitre pour probablement atteindre 2,5 millions d'ici 2020. En septembre 2013, un reportage du journal britannique The Guardian avait révélé la mort de 44 ouvriers népalais, sur la période du 4 juin au 8 août de la même année. Ce qui avait ému de nombreux défenseurs des droits de l’homme. « Le Qatar est une prison à ciel ouvert », avait lancé à l’époque l’ambassadrice du Népal au Qatar. 

rfi

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