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31 octobre 2015

Cameroun : le sélectionneur Volker Finke non-conservé

mediaLe sélectionneur de l'équipe du Cameroun Volker Finke (à gauche) et le capitaine des Lions indomptables Stéphane Mbia, lors d'une conférence de presse pendant la CAN 2015.AFP PHOTO / ISSOUF SANOGO

La Fédération camerounaise (Fécafoot) n’a pas prolongé le contrat du sélectionneur des Lions indomptables, Volker Finke, ce 30 octobre 2015. L’Allemand quitte donc ses fonctions sur un bilan mitigé. Il est remplacé temporairement par Alexandre Belinga.

Cette fois, la Fédération camerounaise (Fécafoot) a dit « stop » à Volker Finke. Le technicien allemand, dont le contrat avait expiré depuis plusieurs semaines, n’a pas été reconduit dans ses fonctions par le Comité exécutif de la Fécafoot, ce 30 octobre 2015 à Yaoundé. L’ex-entraîneur de Fribourg est remplacé temporairement par son adjoint, Alexandre Belinga.

Ce dernier, ex-coach des moins de 20 ans, devra conduire les Lions indomptables lors de la double confrontation face au Niger, au 2e tour des éliminatoires de la Coupe du monde 2018, les 13 et 17 novembre 2015.

Le départ de Volker Finke était dans l’air depuis plusieurs mois. Il a toutefois fallu attendre la victoire de Tombi A Roko Sidiki à la présidence de la Fécafoot.

Bilan mitigé…

 
 

Nommé en mai 2013, Finke a vécu deux années et demi compliquées au Cameroun. Sa Coupe du monde 2014 a été catastrophique, avec une piteuse élimination au premier tour. Sa Coupe d’Afrique des nations 2015 a été un peu plus convaincante, malgré une sortie dès la phase de groupes.

Ses Lions indomptables avaient surtout fait naître des espoirs, après avoir étrillé la Côte d’Ivoire 4-1 en éliminatoires de la CAN 2015. Mais l’opération de rajeunissement de l’effectif, ponctuée par la retraite internationale de l’attaquant Samuel Eto’o, n’a pas été couronnée de succès.

Son bilan en 31 rencontres : 15 victoires, 10 nuls, 6 défaites, 41 buts marqués et 29 encaissés.

…et forte impopularité

Surtout, Volker Finke a fini par devenir très impopulaire au Cameroun. Pas une conférence de presse sans que les médias locaux réclament sa démission. Ces derniers lui ont reproché ses résultats et le grand pouvoir conféré au capitaine Stéphane Mbia. Volker Finke, affable et disponible à ses débuts, s’était progressivement retranché.

rfi

L’avenir des Jeux africains, entre doutes et conflits

mediaLa flamme des Jeux africains 2015, à Brazzaville.AFP PHOTO/MONIRUL BHUIYAN

Un mois après la clôture des Jeux africains du cinquantenaire, on ne sait toujours pas où aura lieu l’édition 2019. L’Union africaine (UA) est en discussion notamment avec le Ghana, le Kenya, la Zambie, pour une candidature. Mais l’UA doit aussi mettre un terme à son conflit avec l’Association des comités nationaux olympiques (Acnoa) concernant la gestion de l’événement.

Le 19 septembre dernier, les onzièmes Jeux africains s’achevaient à Brazzaville, sans passation de flambeau. En effet, malgré une édition du cinquantenaire plutôt réussie, aucun pays n’a manifesté un intérêt franc pour les prochains « jeux olympiques de l’Afrique ».

Selon nos informations, le Ghana, le Kenya et la Zambie notamment, sont en discussion avec l’Union africaine (UA) pour organiser les Jeux africains 2019. Mais aucun des pays intéressés n’a remis de dossier de candidature, alors que la date limite de dépôt est en décembre 2015.

Des délais d’organisation courts et un intérêt sportif aléatoire

Les délais pour organiser un tel événement s’annoncent donc courts. D’autant que le Congo-Brazzaville a placé la barre très haute en termes d’infrastructures. En outre, l’organisation des Jeux suppose désormais un budget très élevé. Selon une note des services économiques de l’ambassade française au Congo, cette onzième édition pourrait avoir coûté environ 1 milliard d’euros (656 milliards de francs CFA).

 

Quant à l’intérêt sportif de l’événement, il reste assez aléatoire, selon le président de l’Association des comités nationaux olympiques d’Afrique (Acnoa), le général Lassana Palenfo. « A Brazzaville, on a noté une absence totale des grands champions africains qui participent régulièrement à ce type de rencontres, souligne l’Ivoirien dans son éditorial d’octobre 2015. Le constat est donc là : les grands sportifs du continent boudent les Jeux africains. […] La première (des évidences) étant que les Jeux africains ne constituent pas véritablement un grand enjeu sportif pour ces athlètes ; d’autant plus qu’ils ne sont pas qualificatifs pour les Jeux olympiques. Comment expliquer que plusieurs confédérations sportives africaines décident d’organiser çà et là des tournois continentaux qualificatifs pour les Jeux olympiques seulement quelques jours avant ou après les Jeux africains […] ? »

Luttes d’influence pour le contrôle des Jeux africains

La critique du patron de l’Acnoa n’est pas innocente, d’autant que certains athlètes africains de premiers plans étaient bel et bien présents aux Jeux africains 2015. Leur caractère non-qualificatif pour les JO 2016 résulte en effet d’un désaccord entre l’Union Africaine, propriétaire de l’événement, l’Acnoa, qui aimerait en récupérer la gestion, et l’Union des confédérations sportives africaines (Ucsa), qui ne veut pas en « assurer l’organisation et la responsabilité technique » docilement.

La lutte d’influence autour de cet événement symbolique et prestigieux, entamée depuis plusieurs années, s’est ainsi poursuivie après les Jeux africains 2015. Les ministres des sports africains ont réaffirmé la pleine propriété de l’Union africaine sur les Jeux. En réponse, à Alger, le 27 septembre dernier, l’Acnoa a tenté d’apaiser les tensions. Elle a admis « qu'il était compréhensible que les gouvernements continuent à être impliqués, à apporter leur soutien et reconnaissance » ; « qu'il était impératif de maintenir le caractère tripartite de l'organisation des Jeux, constitué de l'UA, l'Acnoa et l'Ucsa » ; « que l'Acnoa doit renouer avec les confédérations membres de l'Ucsa pour s'assurer avec la coopération des fédérations internationales, que les Jeux africains soient considérés comme des jeux qualificatifs pour les futurs Jeux olympiques ».

«Le mieux c’est de donner l’organisation à l’Acnoa»

Si l’Union africaine et l’Acnoa se disputent ainsi le bébé, c’est qu’il est devenu suffisamment beau. Ce qui satisfait l’un de ses pères-fondateurs, Jean-Claude Ganga. Le Congolais, auteur de l’ouvrage Il était une fois les Jeux africains (voir par ailleurs), a présidé l’Acnoa de 1989 à 1999, avant d'en être exclu. Avant cela, cet ancien professeur et diplomate a dirigé le Conseil supérieur du sport en Afrique (Cssa). Le Cssa a géré les Jeux, jusqu’à sa dissolution le 26 juillet 2013 et le transfert de ses compétences à une commission au sein de l’UA.

Pour Jean-Claude Ganga, pas de doute, l’Acnoa aurait dû prendre la relève, à la place de l’Union africaine : « Il faut que les ministres des Sports de l’Afrique se réunissent et se ressaisissent et décident de ce qui est le mieux pour l’avenir des Jeux africains. Pour moi, le mieux c’est de donner l’organisation à l’Acnoa. Parce que l’Acnoa est un organisme du Comité international olympique (CIO). En ce qui concerne les moyens nécessaires, je suis certain que le CIO financerait des jeux patronnés par l’Acnoa. » Une évolution possible pour les Jeux africains de 2019, en vue des Jeux olympiques d’été 2020 à Tokyo ?

RFI


Un ouvrage sur les coulisses des Jeux africains

C’est pour satisfaire la curiosité de ses petits-enfants que Jean-Claude Ganga assure avoir accepté de co-rédiger un ouvrage d’entretien sur l’œuvre de sa vie. Est ainsi né Il était une fois les Jeux africains – révélations inédites (éditions Publibook). En 100 pages, le Congolais livre des anecdotes étonnantes sur les coulisses de l’événement, notamment sa naissance. Notamment les tensions concernant l’Afrique du Sud régie par l’Apartheid, ou le véritable parcours du combattant pour convaincre certains pays anglophones et arabophones de participer aux premiers Jeux. « Je suis heureux, sourit Jean-Claude Ganga, 80 ans, lors d’une séance de dédicaces à Paris. Il n’y a pas beaucoup d’auteurs qui sont encore présents lorsqu’on joue la pièce, cinquante ans après la première ».

30 octobre 2015

Inde-Afrique: quand lignes de crédit et commerce riment avec football

 

mediaL’attaquant nigérian Odafe Onyeka Okolie (d), la star de Mohun Bagan.AFP PHOTO/Dibyangshu SARKAR

La passion commune pour le football a peut-être fait davantage pour rapprocher Indiens et Africains que tous les sommets, les rencontres et les business forums. La présence des joueurs subsahariens dans les équipes indiennes remplit les stades dans les grandes villes comme les petites.

On n’a jamais autant parlé football dans une rencontre économique et politique qu’au Sommet Inde-Afrique 2015 qui se tient en ce moment même à New Delhi. Il se trouve que les Indiens sont aussi friands du football que du cricket, et les diplomates et les politiques du sous-continent peuvent passer des heures entières à refaire les matches entre, par exemple, East Bengal et Mohun Bagan, clubs légendaires de Calcutta. Et comme il se trouve aussi que de plus en plus de joueurs africains évoluent dans les grands clubs indiens de football, les conférences de presse du sommet sont parfois émaillées de noms étranges qui n’ont rien à voir ni avec « partenariats économiques » ou montants de « prêts concessionnels » que l’Inde va consentir à l’Afrique cette année, thèmes sur lesquels planchent avec gourmandise les délégations africaines et indiennes depuis le 26 octobre.

Un jeu puissant et haut en couleurs

Mboyo Iyomi, Suleh Musa, Odafe Onyeka Okolie, pour n’en citer que ceux-là. Près de 400 Africains jouent dans des équipes indiennes. On dénombre 25 footballeurs africains dans les groupes qui participent à la « I- League », le plus grand championnat professionnel organisé en Inde. Ils viennent du Nigeria, du Ghana, du Liberia, du Sierra Leone, voire du Soudan du Sud, la plus jeune nation africaine.

« Les Africains ont un jeu puissant, haut en couleurs, ce qui n’est certainement pas étranger à l’intérêt grandissant pour le ballon rond à travers le pays », écrivait un journaliste indien. Pour l’Anglais David Booth, coach de Mumbai FC, compter dans leurs rangs des joueurs de qualité africains est la meilleure chose qui soit arrivée au football indien. « Parce qu’ils sont à la fois excellents techniciens et pédagogues, les subsahariens se sont imposés comme des joueurs phares de leurs équipes », explique Booth. Et d’ajouter : « Les jeunes Indiens, qu’ils jouent aux côtés des Africains ou dans l’équipe adversaire, ont énormément appris des Africains tant sur le plan technique que sur celui de résistance physique. »

 
 

C’est en 1979 qu’un footballeur africain a joué pour la première fois dans une équipe indienne. Il s’appelait David Williams. Il avait été engagé par un club de Calcutta, la véritable Mecque du football indien. Le East Bengal, qui vient de fêter ses 70 ans d’existence, a été aussi le premier club indien à remporter des coupes à l’international. Cela s’est passé lorsque le capitaine de l’équipe de Calcutta s’appelait Suley Musah. Sous la direction de ce défenseur ghanéen, East Bengal a remporté en 2003 coup sur coup trois championnats : la coupe ASEAN, le championnat de la « National Football League » et la « Kolkata League ».

Une expérience jouissive

Les joueurs africains se sont révélés être les meilleurs marqueurs de but dans les championnats locaux. La palme en la matière revient sans doute aux Nigérians Emeke Ezugo et Cheema Okerie qui étaient les stars des équipes indiennes de Calcutta dans les années 1980. Le jeu agressif et puissant du duo avait marqué les imaginations et suscité des vocations parmi les jeunes Indiens. Ils avaient aussi ouvert la porte aux autres Subsahariens qui voulaient venir tenter leur chance au pays de Gandhi et de la « vache sacrée ». Beaucoup sont depuis venus en tant qu’étudiants, avant de se recycler en football, car les joueurs africains sont plutôt grassement payés par les clubs.

Quatre cent mille dollars, c’est ce que touche l’attaquant nigérian Odafe Onyeka Okolie, la star de Mohun Bagan, une autre équipe légendaire de Calcutta. Un compatriote d’Odafe, Ranty Martins, qui joue pour l’United FC figure lui aussi parmi les joueurs les mieux payés de l’Inde. « Mais l’argent n’est pas la seule raison de notre venue en Inde », explique l’attaquant congolais Mboye Iyomi dont les nombreux buts n’étaient pas étrangers à la qualification de son club Dempo, il y a deux ans, à son entrée dans le championnat de la Asian Football Confederation.

rfi

« C’est l’Inde qui a fait ma réputation et pas le contraire», aime répéter Odafe. « Si j’étais resté dans mon pays, poursuit le Nigérian, je n’aurais jamais connu cette célébrité. L’Inde est spécial footballistiquement parlant. Elle a de très bons joueurs. Jouer avec eux fut une expérience particulièrement jouissive. »