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03 juin 2015

Fifa: Blatter quitte son poste de président

 

mediaSepp Blatter est à la tête de la Fifa depuis 17 ans.REUTERS/Arnd Wiegmann

Le Suisse Joseph Blatter, réélu président de la Fédération internationale de football association (Fifa) le 29 mai, a annoncé qu’il démissionnait de ses fonctions le 2 juin 2015 lors d’une conférence de presse à Zurich. Cette décision fait suite aux nombreux scandales de corruption qui éclaboussent la Fifa depuis le 27 mai.

Revirement incroyable dans le feuilleton-roman qui agite la Fédération internationale de football association (Fifa) depuis le 27 mai dernier et l’arrestation en Suisse de plusieurs personnalités de ce sport. Le président de la Fifa depuis 1998, Joseph Blatter, a annoncé sa démission, le 2 juin 2015 à Zurich, moins de cinq jours après avoir été réélu pour un cinquième mandat.

« Je vais convoquer un congrès extraordinaire et remettre mon mandat à disposition », a lâché le Suisse, qui semblait jusqu'ici hermétique à toutes les polémiques et accusations, notamment celles sur l'attribution controversée des Coupes du monde 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar.

De fait, Joseph Blatter était très contesté suite à plusieurs scandales financiers et de corruption au sein de la Fifa, ainsi qu'au sein de ses confédérations et fédérations nationales affiliées. « Même si j’ai été réélu, je n’avais pas le soutien de tout le monde », a réagi l’intéressé lors d’une conférence de presse au siège de la Fifa. Il a ajouté : « L’élection est finie mais les défis qui attendent la Fifa ne le sont pas. La Fifa a besoin d’un profond remaniement. »

Sepp Blatter, 79 ans, en poste depuis 1998, a indiqué qu'il convoquerait un congrès extraordinaire, sans doute entre décembre 2015 et mars 2016. « Je vais continuer à exercer mes fonctions d'ici là, et je suis désormais libre des contraintes d'une élection, a-t-il précisé. Je vais me concentrer pour engager des réformes ambitieuses. »

« La bonne décision », selon Michel Platini
Constant

Omari, le président de la fédération congolaise, a pris la défense du démissionnaire : « C’est une décision surprenante dans la mesure où j’ai quitté Zurich, après la réunion du comité exécutif de la Fifa […] durant laquelle, au regard de l’ambiance qui régnait, rien ne laissait présager cette décision. » Le Congolais a ajouté : « Sepp a toujours été quelqu’un de combatif. Lors du congrès, il l’était encore davantage, car il en connaissait les enjeux. A aucun moment, je n’avais pressenti qu’il était ébranlé. »

Interrogé sur RFI dans l'émission Radio Foot Internationale, Issa Hayatou, président de la Confédération africaine de football (CAF), a confié qu'il n'était pas candidat à la succession de Joseph Blatter.

« Ça a été une décision difficile, une décision courageuse et la bonne décision », s'est réjoui Michel Platini, le président de l’Union des associations européennes de football (UEFA). Le Français, qui avait soutenu l’unique rival de Blatter, le Jordanien Ali ben al-Hussein, avait appelé le Suisse à la démission, avant le congrès électif de la Fifa du 29 mai. Le prince Ali, qui avait poussé Blatter à un deuxième tour lors de cette élection, sera d'ailleurs à nouveau candidat, a fait savoir un vice-président de la fédération jordanienne.

« C’est une démission rapide, a déclaré de son côté Noël Le Graët, le président de la fédération française (FFF). Les choses se sont surement compliquées en l’espace de 48 heures. Finalement, je pense que c’est une bonne chose. Tant que Blatter se présente, il gagne. Là, les confédérations vont pouvoir présenter un candidat et réfléchir à de bonnes alliances. » Et le patron de la FFF d’ajouter : « Je pense que les enquêtes ne sont pas étrangères à ce qu’il se passe. […] Il doit y avoir une accélération de l’enquête, j’imagine. »
 
Cerné par les scandales

Cette décision de Joseph Blatter intervient en effet quelques heures après que le New York Times a mis en cause le Français Jérôme Valcke, secrétaire général de la Fifa. Le quotidien américain accuse le bras droit de Blatter d’avoir effectué un virement de 10 millions de dollars sur le compte de Jack Warner, l’ancien président de la Concacaf (Confédération de football d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes).

Le Trinidadien est impliqué dans plusieurs scandales financiers et de corruption. La Fifa a depuis reconnu ce virement de 10 millions de dollars, « dans le cadre du développement du football dans les Caraïbes », mais assure que « ni Jérôme Valcke ni aucun haut responsable de la Fifa n'était concerné ».

Le 27 mai, la justice suisse avait procédé à Zurich à l’arrestation de sept personnalités du monde du football à la demande des autorités américaines. Celles-ci accusent les personnes inculpées d’avoir mis en place un vaste système d’escroquerie et de corruption, au sein du football, en Amériques, depuis le début des années 1990. Dans le même temps, la justice suisse avait annoncé qu’une enquête était menée sur les attributions des Coupes du monde 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar.

« Les enquêteurs, et surtout les enquêteurs américains, avaient des éléments à charge contre les hautes têtes de l'organisation, notamment le secrétaire général, M. Valcke, et forcément l'étau se resserait autour de Blatter, analyse Pim Verschuuren, chercheur à l'Institut de relations internationales et stratégiques et spécialiste des affaires de corruption dans le sport. Je pense que sa démission était un moyen de sauver un peu la face vis-à-vis de ces allégations et d'une possible arrestation future. »

Et le chercheur d'ajouter : « Je pense que c'est le poids de l'instruction judiciaire américaine qui a fait plier Blatter. Cela fait de nombreuses années qu'il y avait des appels à la démission, des accusations et des scandales qui se succédaient. Là, c'est quand même la première fois, depuis une semaine, qu'une instruction judiciaire étrangère ferme, et qui s'applique à n'importe quel individu, dont des représentants de la Fifa, faisait arrêter des hauts dirigeants de l'institution du football. Ca a été, un peu, la goutte d'eau qui a fait déborder le vase. »

rfi

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