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26 mai 2015

Football: Carlo Ancelotti paie l'année blanche du Real Madrid

 

mediaCarlo Ancelotti se prépare à vibre une année sabbatique, loin des tensions du terrain.REUTERS/Susana Vera

Un an après avoir rapporté au Real Madrid la dixième coupe d'Europe des clubs champions dont le club espagnol rêvait, Carlo Ancelotti quitte ses fonctions, un an avant la fin de son contrat. L'entraîneur italien, pourtant soutenu par ses joueurs et par les supporters, fait les frais d'une année 2015 sans aucun trophée. Il est le bouc émissaire d'un président, Florentino Perez, dont les choix expliquent pourtant largement cet échec.

C'est le fait du prince. Sans avancer la moindre explication, le président du Real Madrid, Florentino Perez, a annoncé en quelques mots et seulement deux minutes, ce 25 mai, le limogeage de Carlo Ancelotti, l'entraîneur qu'il avait recruté deux ans plus tôt pour prendre la succession de José Mourinho. Une procédure expéditive à l'encontre de l'un des coaches les plus en vue et qui avait rapporté à son club, en 2014, une coupe d'Europe, une Coupe du monde des clubs, une Coupe du Roi et une Supercoupe d'Europe. Quatre trophées en une année ; un record pour un club pourtant habitué depuis toujours aux honneurs...

Le président du Real Madrid, que l'on sait très à l'écoute des sondages, a cette fois décidé de trancher dans le vif malgré le très large soutien des supporters (73%) et des joueurs à celui qu'ils appellent affectueusement « Carletto ». Son choix s'explique par l'énorme déception laissée par une deuxième partie de saison 2014-2015 catastrophique pour les Merengue. Une déception d'autant plus vive que rien ne la laissait présager après un départ en trombe illustré par une série de 22 succès consécutifs toutes compétitions confondues. Eliminé dès les huitièmes de finale de la Coupe du Roi par l'Atletico Madrid, devancé par Barcelone en Championnat d’Espagne et sorti par la Juventus de Turin en demi-finales de la Ligue des champions, le Real Madrid a perdu une après l'autre les ambitions affichées publiquement quelques mois plus tôt: réussir un triplé historique. A la fin, il n'a récolté qu'un « triplé d'échecs », comme le titrait, moqueur, le journal catalan Mundo Deportivo.

Si cette triple contreperformance a beaucoup pesé dans le choix de Florentino Perez de se séparer d'Ancelotti, l'insolente réussite du FC Barcelone dans le même temps l'a sans doute conforté dans ce choix. Car l'absence de performances du Real Madrid est d'autant plus douloureuse pour les fidèles de Santiago Bernabeu que l'éternel adversaire catalan est en train, lui, de réussir le triplé tant rêvé. Champion d'Espagne, le Barça disputera en effet ce 30 mai, au Camp Nou, la finale de la Coupe du Roi face à l'Athletic Bilbao, avant de finir la saison à Berlin avec la possibilité de succéder au Real au palmarès de la Ligue des champions, avec une finale face à la Juventus de Turin...

Moins patient qu’avec José Mourinho

Dans ces conditions, Florentino Perez a estimé que le maintien de Carlo Ancelotti n'était pas envisageable. Moins patient avec lui qu'avec son prédécesseur José Mourinho, qui est resté trois ans au stade Santiago Bernabeu, le président semble lui reprocher, outre l'absence de résultats en 2015, les nombreuses blessures qui ont handicapé l'effectif ces derniers mois. La longue absence du Croate Luka Modric aurait pourtant été moins ressentie si le président n'avait pas fait le choix de se séparer l'été dernier de Xabi Alonso (Bayern Munich) et de l'Argentin Angel Di Maria (Manchester United), remplacés par des joueurs d'un profil moins tourné vers la récupération comme James Rodrigues ou Toni Kroos. Le président rend également l’Italien responsable des performances en dents de scie de certains joueurs payés à prix d'or, comme Gareth Bale. Ou encore un soi-disant manque d'autorité de l'entraîneur vis à vis de ses joueurs...

Dans un Real Madrid peu porté à la contestation de la part des socios, le président Florentino Perez a cependant attendu la fin du championnat pour livrer une décision que les médias annonçaient depuis l'élimination face à la Juventus. Parmi les réactions, celle de son prédécesseur Ramon Calderon, qui a regretté le « comportement capricieux du président », mettant en avant les neuf entraîneurs qui ont défilé sur le banc madrilène au cours de ses dix années de mandat.
Il est vrai que Florentino Perez , revenu aux affaires en 2009, c'était déjà illustré lors de son premier passage à la présidence, entre 2000 et 2006, la période dite des « Galactiques », par des choix parfois incompréhensibles dans sa gestion des entraîneurs. Personne n'a oublié le départ forcé de Vicente del Bosque en 2003, malgré un bilan très flatteur (deux championnats et deux Ligues des champions ainsi qu'une Coupe intercontinentale en quatre ans), uniquement parce que le président n'appréciait pas son look peu glamour... Résultat, cinq entraîneurs ont défilé sur le banc du Real durant les trois années suivantes sans la moindre récompense, précipitant la démission de Florentino Perez en 2006.

En se séparant de Carlo Ancelotti sans avoir fait connaître le nom du futur entraîneur -Rafael Benitez, actuellement à Naples, fait figure de favori, mais il attendrait la fin du championnat italien pour annoncer son recrutement-, Florentino Perez semble encore une fois opter pour la fuite en avant qui lui avait si peu réussi à la fin de son premier mandat. Un pari risqué.

 rfi, Alejandro Valente

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