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30 avril 2015

Luis Fernandez: «J’aime trop l’Afrique»

 

mediaLuis Fernandez, lors d'un match de gala, en septembre 2012.AFP/FRANCK FIFE

Luis Fernandez a officialisé le début de son aventure en tant que sélectionneur de la Guinée, quelques semaines avant le début des éliminatoires de la CAN 2017. L’ex-joueur et entraîneur du Paris Saint-Germain, désormais présentateur radio et consultant à la télévision, assure avoir toujours aimé l’Afrique.

RFI : Luis Fernandez, vous avez signé un contrat de sélectionneur avec l’équipe de Guinée. Quels sont les termes de ce contrat ?

Luis Fernandez : J’ai signé pour les deux ans à venir. Il y a des éliminatoires pour la CAN. Il y a une qualification en jeu. Quand on s’engage, on a le devoir de réussir. […] Ensuite, en cas de qualification pour la CAN, on aura l’occasion de se retrouver, de voir si on est content des deux côtés.

Les éliminatoires de la Coupe du monde commenceront entre-temps. Il n’y a pas de problème ; on les débutera et on mettra tout en œuvre pour que la Guinée soit compétitive dans toutes les compétitions.

Quand et comment des contacts ont été noués avec la Fédération guinéenne de football ? On parle de votre arrivée depuis plusieurs semaines.

On parle de plusieurs semaines, oui. Je prends toujours ce soin au travers de mes rencontres. Je remercie le président de la Fédération de Guinée d’avoir pensé à ma candidature, de s’être déplacé. J’ai également pu me rendre à Conakry, entamer des discussions.

Par le passé, j’ai eu d’autres contacts avec des clubs et des équipes nationales. Il faut prendre le temps de discuter, de part mes obligations professionnelles en radio et en télévision. Il faut bien faire les choses et être efficaces.

On a suffisamment discuté de tout pour que je sois opérationnel et que je puisse apporter mon expérience, bien travailler et réussir avec mon staff.

Avez-vous été refroidi par l’état des infrastructures à Conakry ?

Jamais ! J’aime trop l’Afrique, j’aime trop ce continent. […] J’ai été très touché là-bas. Je suis très sensible. J’aime beaucoup Conakry et j’aime beaucoup les Guinéens. J’aimerais tellement leur apporter du bonheur.

Les infrastructures, on essaie de les améliorer dans tous les pays africains. Je ne m’attache pas aux infrastructures, je m’attache aux hommes ; ceux que j’ai rencontré, comme les dirigeants à Conakry ou la ministre des Sports. Les relations avec ces personnes ont été très bonnes.

La Guinée est en train de progresser. On a un stade qui est terminé (le Stade de Nongo, Ndlr). Il y a peut-être une possibilité de faire quelque chose de grand. Je fais confiance aux dirigeants de la Guinée.

Depuis la prise de contacts, il y a deux ou trois mois, je regarde tous les Guinéens qui jouent en Europe. On aura également l’occasion de superviser ceux qui sont sur place. Dans mon staff, il y a aura une personne basée en Guinée et qui sera mes yeux là-bas. Pour moi, c’est important.

Les éliminatoires de la CAN 2017 commencent le 12, le 13 ou le 14 juin avec un match face au Swaziland, avant d’autres rencontres face au Malawi et au Zimbabwe. Le capitaine et attaquant vedette du Sily National, Ibrahima Traoré, a annoncé qu’il ne voulait plus venir en équipe nationale. Allez-vous tenter de le faire changer d’avis ?

[…] Vous savez, j’ai toujours été un compétiteur, un bagarreur. J’ai toujours aimé jouer. J’étais d’origine espagnole, mais j’ai été naturalisé français et appelé en équipe de France. J’ai porté ce maillot 60 fois. Mais si j’avais pu le porter 180 ou 200 fois, ça aurait été un plus grand honneur.

Il faut toujours porter le maillot d’une équipe nationale avec honneur. Il faut toujours l’aimer, le respecter, être irréprochable.

J’aurais tendance à essayer de convaincre, de mettre les garçons dans les meilleures conditions.

J’ai croisé et travaillé avec beaucoup de joueurs africains. Je n’ai jamais eu aucun problème avec l’un d’entre eux. Au contraire, ça s’est toujours relativement bien passé, que ce soit avec les Sénégalais, les Ivoiriens, les Camerounais, les Guinéens, les Gabonais. J’ai joué avec et j’en ai entraînés.

Ce qu’il faut, c’est avoir le bon discours ; essayer de convaincre les gens. On ne joue pas pour un entraîneur mais pour un pays. […]

Traoré, j’ai eu l’occasion de le voir jouer. Ce garçon a un profil intéressant. D’autres ont un profil intéressant. Les Guinéens […] ont du potentiel.

Les Guinéens ont été éliminés en quarts de finale de la CAN 2015. Qu’avez-vous pensé de leur parcours durant cette Coupe d’Afrique des nations ?

Les rencontres étaient très serrées durant cette compétition, avec pas mal de matches nuls. J’ai bien aimé le niveau. La Guinée aurait pu aller plus loin. Une CAN, ça ne tient pas à grand-chose. […] Ils n’ont pas donné une mauvaise image, bien au contraire.

Vous retrouvez un banc de touche pour la première fois depuis 2011. Ces dernières années, vous avez été un homme de médias. Entraîner vous démangeait-il trop ?

J’ai 55 ans et j’ai déjà été dans les médias en même tant qu’entraîneur, que ce soit à l’Espanyol Barcelone, que soit au Qatar ou que ce soit en Israël. Ça ne m’a pas empêché pour autant de réussir, de tenter des choses. J’ai pour principe d’avoir une certaine honnêteté vis-à-vis de mes réflexions dans les médias.

La question n’est pas de savoir si ça me démange. J’ai eu une proposition il y a deux mois pour aller entraîner un club kazakh. J’aurais certainement pu y avoir un très bon contrat. Mais je n’ai pas accepté parce qu’il y a d’autres choses auxquelles il faut réfléchir, à mon âge.

J’ai toujours eu des propositions pour entraîner une sélection africaine ; de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Cameroun. […] Jai eu des contacts avec ces fédérations-là. Avant la CAN, j’ai été en contact avec la Côte d’Ivoire, avant qu’ils ne choisissent Hervé Renard. Un ministre m’a appelé et m’a demandé quel serait le projet pour la Côte d’Ivoire. […]

A ces moments-là, je n’ai peut-être pas eu l’envie. Alors, pourquoi la Guinée allait vous me demander ? J’ai comme le sentiment qu’il y a quelque chose à faire avec la Guinée. […] Ce sont des challenges que j’aime. Ils sont peut-être impossibles, ils sont peut-être durs.

Et je le répète : je suis tombé sous le charme de Conakry. J’y ai passé deux jours. Quand vous vous y promenez et que vous voyez tous ces enfants avec des maillots et qui jouent sur du goudron, à côté du Stade du 28-septembre… Je suis très sensible. […]

L’expérience, ça me démange. On va en tenter une petite et on verra bien ce que ça donne. J’aime l’Afrique et c’est ce qui m’a décidé à y aller.

rfi, David Kalfa

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