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20 mars 2015

Max-Alain Gradel : «On ne finit jamais de progresser»

 

mediaMax-Alain Gradel fête son but contre Lorient au satde Geoffroy Guichard de Saint-Etienne, le 8 mars 2015.AFP PHOTO / JEAN-PHILIPPE KSIAZEK

Max-Alain Gradel est revenu de Guinée équatoriale avec un titre de champion d’Afrique et un moral regonflé à bloc. Depuis, l'international ivoirien enchaîne les performances avec Saint-Etienne et a marqué quatre buts en quatre matches d’affilée. Il répond aux question de RFI.

RFI : Qu’est-ce qui fait que vous avez brillé si vite en rentrant de la CAN ?

Max-Alain Gradel : C’est simple, il y avait des matches importants et je me suis projeté très vite. Et je n’ai pas eu de problème pour me concentrer.

Mais vous avez quand même savouré ce titre de champion d’Afrique ?
Oui bien sûr ! Mais je savais qu’après ce ne serait pas encore les vacances, j’ai savouré sans oublier de me concentrer sur les objectifs avec Saint-Etienne. Dès la fin de la CAN, une partie de ma tête était déjà avec les Verts.

 

Souvent, Kolo Touré me dit que je suis un vrai guerrier.
 

Vous êtes à Saint-Etienne depuis 2011. Maintenant vous avez un statut de leader. Vous assumez ce rôle ? Comment expliquez cette progression ? 
Cette progression n’a pas été très rapide du fait de mes blessures qui m’ont freiné dans mon élan. J’aurais aimé que les choses se passent un peu plus rapidement. Mais le plus important, c’est d’y arriver. Aujourd’hui je peux dire que j’ai franchi une étape dans ma carrière. Avec Saint-Etienne et avec les Eléphants. Chaque année, mon club m’a fait progresser et on a toujours terminé plus haut que l’année précédente avec une Coupe de la Ligue en 2013. C’est un bilan positif pour moi.

On sait que vous êtes quelqu’un de très joyeux et qui apporte beaucoup dans le vestiaire. Mais vous avez aussi un côté compétiteur très affirmé. Comme cela se traduit-il dans le quotidien ? 
Je sais qu’il faut avoir les épaules assez solides aussi bien ici, qu’en sélection nationale. Et c’est mon attitude. C’est mon histoire, mon parcours qui ont forgé mon caractère. Tout ce que j’ai traversé dans ma vie m’a permis de devenir quelqu’un de combatif. J’ai grandi comme ça. Je me suis toujours battu pour obtenir ce dont j’avais envie. Cet état d’esprit, je l’ai toujours eu en moi. Comme joueur de football, il a fallu que je me batte pour avoir ma place. Même quand j’étais en difficulté, je n’ai jamais voulu lâcher. Souvent, Kolo Touré me dit que je suis un vrai guerrier.

Qu’est-ce que vous a apporté la Côte d’Ivoire ? Et qu’avez-vous apporté aux Eléphants ? 
La Côte d’Ivoire m’a apporté la reconnaissance, le respect sur le plan international. Jouer au niveau international, il n’y a pas mieux. Si vous êtes sélectionné avec les Eléphants aux côtés de joueurs comme Drogba, Kolo et Yaya Touré ou encore Zokora, c’est parce que vous apportez quelque chose. C’est un rêve et une fierté de représenter mon pays. Le triomphe de la Côte d’Ivoire en Guinée équatoriale m’aide aussi à faire encore mieux avec Saint-Etienne. Je suis revenu avec la mentalité que nous avions à la CAN. Grâce à la Côte d’Ivoire, je suis bien dans ma tête. Aujourd’hui, j’ai encore plus «faim» et je veux que Saint-Etienne en profite. Je veux gagner encore plus et j’essaye de le transmettre à mes coéquipiers.

Justement, avec les Verts, vous allez disputer la demi-finale de la Coupe de France contre le Paris Saint-Germain (8 avril). C’est un trophée qui vous fait rêver ? 
Oui, tout trophée est un rêve. Si on est en demi-finale, ce n’est pas pour rien. On a fait des efforts pour en arriver là et même si c’est le PSG, il n’est pas question que l’on passe à côté. On a une chance énorme de pouvoir gagner cette Coupe de France, on va tout donner. Il ne faut pas avoir de regrets. C’est la pire des choses. C’est ce que je me dis à chaque fois que je joue. C’est vrai, on ne peut pas toujours gagner, mais sur le coup, il faut tout donner.

Et une place en Ligue Europa pour la saison prochaine ? 
Mathématiquement, ça va être compliqué. Mais il faut être positif et toujours viser plus haut. C’est comme ça qu’il faut le prendre. Si on vise plus haut, on aura la possibilité de se qualifier pour la Ligue Europa, même plus. Donc, il faut plutôt se focaliser sur la troisième place du championnat. C’est le meilleur calcul pour jouer l’Europe. On aurait tort de ne viser que la Ligue Europa. Il faut tout donner pour prendre un maximum de points lors des 9 derniers matches. Après on fera les comptes. Il ne faut pas faire le minimum. Cette année, on était en Ligue Europa. Donc il n’y a rien d’exceptionnel. Il faut tenter de faire mieux. C’est excitant, ça rajoute de la motivation.

 

Il faut tenter faire mieux. C’est excitant, ça rajoute de la motivation.
 

Faire mieux, c’est la Ligue des champions ? C’est le Graal ? 
Pour tous les joueurs, c’est un rêve de jouer la Ligue des champions. J’ai envie de goûter à ça ! C’est un de mes objectifs.

Surtout que vous avez été formé en Angleterre, un pays qui a la culture de la C1, même si aucune équipe anglaise ne sera en quarts de finale cette saison. Vous avez la volonté de retourner là-bas ? 
Bien sûr. C’est le pays qui m’a accueilli. Je dis souvent que je me sens anglais et que c’est ma deuxième patrie. C’est là-bas que j’ai eu l’opportunité d’être ce que je suis. L’Angleterre m’a donné la chance de m’exprimer sur le rectangle vert. Je leur dois beaucoup. Pour plusieurs raisons, j’ai quitté la France pour tenter de réussir de l’autre côté de la Manche. L’Angleterre a toujours une place dans mon cœur.

Comment vous projetez-vous dans les quatre ou cinq prochaines années ? 
Je me dis toujours qu’il y a toujours la possibilité de faire mieux. On ne finit jamais de progresser comme on ne finit jamais d’apprendre. C’est vrai, je suis bien en ce moment, mais je ne dois pas m’arrêter là. Sinon, cela voudrait dire que l’on serait par exemple premier du Championnat de France et que j’aurais fait le maximum. Mais on n’est pas premier et on a perdu des matches.

rfi.fr

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