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09 mars 2015

Cyclisme: L’UCI a favorisé Lance Armstrong, selon un rapport

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Lance Armstrong en septembre 2012.REUTERS/Lucas Jackson/Files

Un rapport souligne que Lance Armstrong, ex-coureur reconnu coupable de dopage, a bénéficié d’un « traitement préférentiel » de la part de l’Union cycliste internationale (UCI) lorsque l’Américain régnait sur le peloton.

Aucune preuve avérée de corruption au sein de l’UCI n’a toutefois été trouvée selon le document rédigé par une commission d’enquête indépendante et rendu public ce 8 mars 2015.

Un favoritisme choquant envers l’ex-coureur dopé Lance Armstrong, mais aucune preuve formelle de corruption au sein de l’Union cycliste internationale (UCI). C’est en somme la conclusion d’un rapport rendu public ce 8 mars 2015 sur les pratiques de l’UCI durant les années où l’Américain faisait la pluie et le beau temps dans le monde du cyclisme sur route. « Il y a eu traitement préférentiel », affirme une commission d'enquête indépendante mise sur pied à la demande de la nouvelle direction de l’UCI, élue en 2013 et présidée par Brian Cookson.

Le document de 227 pages assure que Lance Armstrong, finalement déchu de ses titres et radié à vie en 2012, avait été protégé à certaines occasions, car il pouvait permettre au cyclisme de devenir populaire aux Etats-Unis, un marché très juteux. Le Texan, qui a survécu à un cancer avant de gagner sept fois le Tour de France, représentait en effet une belle histoire pour les consommateurs américains. « L'UCI l'a vu comme le choix idéal pour la renaissance de ce sport après le scandale (de dopage au sein de l’équipe) Festina » qui a secoué le Tour 1998, décrypte le rapport.

Des dons d’argent d’Armstrong mais pas de pots-de-vin

Ainsi, à quelques reprises, l’UCI n’avait pas appliqué ses propres règlements en matière de dopage envers celui qui était membre de l’équipe US Postal entre 1998 et 2004. Notamment lors du Tour 1999. Lance Armstrong avait justifié un contrôle positif aux corticoïdes avec un certificat médical rédigé après coup.

En revanche, le rapport n’a pas trouvé de preuve formelle de corruption de la part de l’Américain. Ce dernier a certes fait des dons de 25 000 dollars en 2002 et 100 000 dollars en 2007 à l’UCI pour la recherche contre le dopage. Mais rien n’indique qu’il y ait un lien avec un éventuel contrôle positif lors du Tour de Suisse 2001 ou un rapport sur le dopage commandité par l’UCI en 2005.

 

« L'UCI n'a pas essayé d'empêcher Armstrong d'être testé à de nombreuses reprises, affirment les enquêteurs. Cependant, elle n'a pas cherché activement à corroborer si les allégations de dopage contre lui était fondées. Elle a adopté une position défensive comme si chaque attaque contre Armstrong était une attaque contre le cyclisme et l'UCI. »

Un échange de procédés

« Il reste que de sérieuses indications auraient dû conduire l’UCI à être plus circonspecte dans ses rapports avec Lance Armstrong et à le cibler davantage dans les contrôles anti-dopage », poursuit le rapport. La star mondiale du cyclisme a ainsi pu reprendre la compétition en janvier 2009 après quatre années de retraite, alors qu’il ne remplissait pas toutes les conditions réglementaires pour participer au Tour d’Australie. En échange, l’Américain s’était engagé à prendre part au Tour d’Irlande, une course mineure et peu médiatisée mais qui était organisée par des membres de la famille de Pat McQuaid, le président de l’UCI entre 2005 et 2013.

Le rapport pointe du doigt l’attitude de l’Irlandais et de son prédécesseur, le Néerlandais Hein Verbruggen, président entre 1991 et 2005 et membre du Comité international olympique. Verbruggen est présenté comme un dirigeant omnipotent menant une gestion opaque du cyclisme. McQuaid est considéré comme « un leader faible » par de nombreuses personnalités interrogées dans le cadre d’une enquête qui aura duré treize mois.

L’UCI veut faire table rase du passé

Les investigations ont été menées par le Suisse Dick Marty, ancien procureur spécialisé dans la lutte contre le crime organisé et le trafic de drogue, avec l’aide de l’Australien Peter Nicholson et de l’Allemand Ulrich Haas. Le travail des trois hommes est censé solder les années sombres de l’UCI, même s’il note une amélioration dans la lutte anti-dopage à partie de 2006. « Très peu de sports, voire aucun, ont accepté de se soumettre à un examenindépendant d'une telle ampleur », a affirmé Brian Cookson, qui avait fait campagne sur sa volonté de faire table rase du passé.

Un homme ne l'entend pas de cette oreille. Il s'agit de Travis Tygart, le patron de l'Agence américaine antidopage (Usada), qui a fait tomber Lance Armstrong en juin 2012. Il espère que les anciens dirigeants de l'UCI seront traduits en justice.

rfi, David Kalfa

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