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11 février 2015

CAN 2015 : des Orange pleins de jus, des Verts à moitié vides

 
mediaHerve Renard et la Cöte d'Ivoire triomphent à Bata en finale de la CAN 2015.Reuters/Amr Abdallah Dalsh

Du triomphe ivoirien à la déception algérienne, en passant par les performances individuelles des joueurs, mais aussi des sélectionneurs… tentative d'épuisement d'un tournoi africain ou bilan sportif d’une CAN 2015 à peine achevée.

La 30e Can a confirmé la suprématie du football ouest-africain avec la présence de la Côte d’Ivoire et du Ghana en finale. Il y a deux ans, le Nigeria, le Burkina Faso et le Mali avaient formé le podium. En 2015, aux côtes des Ivoiriens et des Ghanéens, l’Afrique centrale est également présente avec la belle troisième place de la RDC.

C’est la deuxième fois que la Côte d’Ivoire remporte la Coupe d’Afrique des nations après 1992, au Sénégal, déjà contre le Ghana aux tirs au but. Surtout, les Eléphants obtiennent la palme de la persévérance après deux échecs en finale sous la houlette de leur superstar Didier Drogba (2006 et 2012).

C’est donc un Yaya Touré qui a alterné le bon et le moins bon dans cette CAN, qui a conduit son équipe à la victoire. Autre performance en demi-teinte : celle de Gervinho. Expulsé lors du premier match, il a purgé deux matchs de suspension avant de revenir à un bon niveau en quart et en demie. Mais en finale, le Romain ne s’est montré que rarement à son avantage. Chez les Eléphants, ce sont Kolo Touré, en défense, ainsi que Bony, Gradel et Aurier, dans un rôle offensif, qui furent les plus en vue.

Copa Barry, héros inattendu

Côté individuel encore, si le gardien ivoirien Gbohouo a convaincu ses supporteurs et a conforté le choix d’Hervé Renard de lui faire confiance, c’est le vétéran Copa Barry qui a tiré les marrons du feu. Devenu remplaçant après 15 ans passés dans les bois ivoiriens, Barry a joué la finale à la faveur d’une blessure de Gbohouo. Et il en est devenu le héros en arrêtant la dernière tentative ghanéenne lors de la séance des tirs au but avant de transformer lui-même l’ultime essai.

Finaliste, le Ghana n’a pas brillé de mille feux. Opposé en quart et en demie à des adversaires, la Guinée puis la Guinée équatoriale, dont il a pris facilement la mesure, le Ghana avait sorti sa plus grosse performance en poule, contre l’Algérie. La finale aurait tout de même pu tourner en sa faveur : les Black Stars touchant deux fois les poteaux ivoiriens avant de mener par deux points d’avance la séance des tirs au but. Une victoire du Ghana n’aurait pas été un scandale même si son niveau de jeu n’a jamais atteint les sommets.

Si le Ghana perd sa cinquième finale dans un tournoi qu’il n’a plus remporté depuis 1982, il se console avec des distinctions individuelles. Le meilleur joueur du tournoi est en effet ghanéen : Christian Atsu, l’attaquant omniprésent, qui aurait même pu être le héros de la finale si sa frappe limpide du gauche à 25 mètres de la cage ivoirienne en première mi-temps ne s’était fracassée sur le poteau de Copa Barry. Et si cinq joueurs ont marqué trois buts durant le tournoi, le Ghanéen André Ayew a été sacré meilleur buteur en raison d’un nombre de passes décisives plus important.

La déception algérienne

La Guinée équatoriale (118e au classement Fifa), pour sa deuxième participation seulement et avec des joueurs modestes, a atteint la demi-finale, une performance inespérée pour le Nzalang nacional d'Esteban Becker. Les deux Congo ont aussi troublé la hiérarchie : la RDC monte sur le podium, grâce notamment à son gardien de 39 ans Kidiaba, et le Congo-Brazzaville a été la meilleure équipe des poules avec 7 points.

Chez les sélectionneurs, on donnera une mention spéciale à Hervé Renard, qui devient le premier à remporter la CAN avec deux sélections différentes, après la Zambie en 2012. On applaudira la performance de Florent Ibenge, à la tête d’une RDC troisième du tournoi et souvent séduisante dans le jeu. Enfin, on soulignera que Claude Le Roy, qui participait à sa huitième CAN sur un banc africain – un record ! – a conduit le Congo en quarts.

Côté déception, l'Algérie de Christian Gourcuff, grande favorite du tournoi, a raté son tournoi en étant éliminée dès les quarts. Les Verts n'ont jamais retrouvé leur forme du Mondial 2014. On attendait également mieux du Sénégal d'Alain Giresse et du Cameroun de Volker Finke. L’un comme l’autre ont été victimes des deux « groupes de la mort ». Le Burkina Faso, vice-champion d'Afrique en titre, et le Gabon d'Aubameyang ont déçu dans une moindre mesure.

Au total, 68 buts ont été marqués en 32 matchs, soit une moyenne de 2,12 buts par rencontre. C’est la plus basse performance depuis 2002. Et l’on est loin des 99 réalisations de l’édition 2008 et ses 3 buts de moyenne.

rfi,Jean-Damien Lesay


 

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