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28 novembre 2014

Vers un record de sélectionneurs étrangers à la CAN 2015

 

mediaL'Israélien Avram Grant.AFP PHOTO/GLYN KIRK
 

Sur les seize équipes qualifiées pour la CAN 2015, treize sont aujourd’hui entrainées par des sélectionneurs étrangers. C’est un record dans l’histoire de la Coupe d’Afrique des nations. « Les Européens ont le droit d’être mauvais et les Africains, non », estime notre consultant Joseph-Antoine Bell.

Cinq Français, deux Belges, deux Portugais, un Allemand, un Polonais, un Espagnol, un Israélien et seulement trois Africains. S’achemine-t-on vers un record de sélectionneurs étrangers en phase finale d’une Coupe d’Afrique des nations, à une cinquantaine de jours du coup d’envoi de la CAN 2015 (17 janvier-8 février) ?

Ils sont désormais treize « sorciers blancs » attendus en Guinée équatoriale, suite à la nomination de l’Israélien Avram Grant à la tête de l’équipe du Ghana, ce 27 novembre 2014. Du jamais vu.

Le Congolais Florent Ibenge, le Sud-Africain Ephraim Mashaba et le Zambien Honour Janza risquent donc de faire figure d’exception lors du tirage au sort de la CAN 2015, prévu ce 3 décembre à Sipopo.

Le précédent record d’entraîneurs non-africains présents à la CAN remontait à 2008, avec onze étrangers.

En moyenne, ils sont entre neuf et dix à chaque CAN depuis 1996 et la première phase finale de Coupe d’Afrique des nations à seize équipes. La dernière fois où il y a eu une majorité de coaches locaux, c’était lors de la CAN 2002.

« Les Européens ont le droit d’être mauvais. Les Africains, non. »

Le phénomène n’est donc pas nouveau. Mais il constitue un échec. La victoire de l’équipe du Nigeria, en 2013, sous la houlette de Stephen Keshi, semblait aussi être celle des entraîneurs d’Afrique de l’Ouest, rarement prophètes en leur pays.

Deux ans plus tard, rien n’a pourtant changé. Stephen Keshi en est le meilleur exemple. Vainqueur de la CAN 2013, auteur d’un bon parcours en Coupe du monde 2014, le Nigérian a été écarté deux fois puis rappelé deux fois par sa Fédération lors des éliminatoires de la CAN 2015.

« Malgré tout ce qui est dit depuis de nombreuses années sur le sujet, le nombre d’entraîneurs étrangers ne cesse d’augmenter en Afrique, constate notre consultant Joseph-Antoine Bell.En Afrique, un Européen remplacera un autre Européen. Eux, ils ont le droit d’être mauvais. Les entraîneurs africains, non. On le vire quand il a été mauvais, et parfois même lorsqu’il a été bon, pour prendre un Européen derrière. C’est donc un problème de mentalité. Et ce n’est pas un problème propre au football. Cette attitude-là, on la retrouve dans beaucoup d’autres domaines ».

Les techniciens africains subissent en outre la concurrence accrue des coaches étrangers. Depuis quelques années, de plus en plus de CV venus d’Europe, d’Asie et d’Amériques, sont envoyés aux fédérations et clubs d’Afrique. « Il y a de plus en plus de personnes qui entraînent en Europe, explique Joseph-Antoine Bell. Depuis que la formation des cadres existe là-bas, il en sort à la pelle tous les ans. Ils peuvent se prévaloir de qualifications reconnues. Du coup, il y a beaucoup de monde sur le marché, alors qu’il y a toujours le même nombre de clubs. Il y a donc peu de places en Europe. Résultat, on se retrouve en Afrique avec les excédents de l’Europe ». Le Camerounais conclut : « Ces entraîneurs étrangers viennent de loin, ils ont la couleur de la peau pour eux et il y a toujours quelqu’un pour les engager. »

rfi, David Kalfa


LES 16 SELECTIONNEURS POUR LA CAN 2015

 

Noms Nationalité Equipe
Ephraim MASHABA Sud-Africain Afrique du Sud
Christian GOURCUFF Français Algérie
Paul PUT Belge Burkina Faso
Volker FINKE Allemand Cameroun
Rui AGUAS Portugais Cap-Vert
Claude LE ROY Français Congo
Hervé RENARD Français Côte d'Ivoire
Jorge COSTA Portugais Gabon
Avram GRANT Israélien Ghana
Michel DUSSUYER Français Guinée
Andoni GOIKOETXEA Espagnol Guinée équatoriale
Henryk KASPERCZAK Polonais Mali
Florent IBENGE Congolais RD Congo
Alain GIRESSE Français Sénégal
Georges LEEKENS Belge Tunisie
Honour JANZA Zambien Zambie

Brésil: l'état de santé du roi Pelé rassurant

 

mediaLa légende du football Pelé, ici en 2011 à Hong-Kong.REUTERS/Tyrone Siu/Files
 

Le Brésil retient son souffle. L’état de santé du célèbre Pelé inquiète. Traité depuis quelques jours pour une infection urinaire, Edson Arantes do Nascimento, roi du foot, icône du Brésil, aujourd’hui âgé de 74 ans, a été transféré au secteur des soins intensifs de l’hôpital de Sao Paulo. La légende brésilienne et ses médecins ont cependant rassuré jeudi soir sur l'évolution de son état de santé.

 

C’est une infection urinaire qui met le Brésil dans tous ses états. Pelé a subi récemment une opération chirurgicale, pour se faire retirer des calculs rénaux mais il a dû revenir à l’hôpital en début de semaine pour y faire traiter de nouveau son infection urinaire.

Agé de 74 ans, l’icône des Brésiliens se trouve selon ses médecins dans une « instabilité clinique ». L’agent de Pelé a cependant tenu à rassurer les Brésiliens. En rappelant que le joueur recevait en réalité trop de monde à l’hôpital et que ce transfert en soins intensifs avait pour but de réduire ces visites. Son état de santé ne s’est pas aggravé, a insisté le représentant de Pelé.

L’ancien joueur auteur de plus de 1 200 buts dans la longue carrière a vu cependant ces dernières années son état de santé se dégrader. En 2012, il a subi une opération à la hanche droite, où il porte désormais une prothèse. Son entourage, qui se veut optimiste, affirme aujourd’hui que Pelé une fois sorti de l’hôpital reprendra normalement ses activités. Et notamment son engagement à soutenir les Jeux Olympiques de Rio de 2016.

rfi

27 novembre 2014

Economie: le football français face à une concurrence imaginaire ?

 

mediaLe Stade Vélodrome de Marseille rénové en vue de l'Euro-2016.REUTERS/Jean-Paul Pelissier
 

Dans une étude récente, l’Union des clubs professionnels de football dénonce le « décrochage » du football français. Un décrochage dû, selon elle, à des charges trop lourdes et à des recettes moindres par rapport à la concurrence européenne. Mais les clubs français sont-ils vraiment en concurrence avec leurs homologues anglais espagnols ou russes ?

Depuis l’arrêt Bosman de 1995, et une ouverture des frontières européennes faite « sans harmonisation, ni régulation », les clubs professionnels français subissent un décrochage sportif et économique. Ce constat alarmant est celui de l’UCPF (Union des clubs professionnels de football). Cet organisme, qui réunit tous les présidents de clubs de Ligue 1 et Ligue 2, a présenté le 20 novembre une étude pour étayer son diagnostic.

Droits télé : le PSG moins doté que Cardiff

Pour l’UCPF, le « décrochage » du football français est tout d’abord dû à « de lourds handicaps » économiques et réglementaires. Charges sociales plus importantes que chez nos voisins, absence de propriété des stades (et manque à gagner qui s’ensuit), frais de sécurité (en hausse de 95% sur quatre ans), taxe à 75%… tout est bon pour expliquer les mauvaises performances des clubs français qui sont passés de la deuxième à la sixième place à l’indice UEFA en vingt ans. Même la loi Evin en prend pour son grade. L’interdiction faite aux clubs de football de vendre de la bière ou de faire de la publicité pour des marques d’alcool constituerait, pour les présidents, un sacré manque à gagner si l’on songe aux quarante millions d’euros que rapporte chaque année aux clubs de la Bundesliga la vente de bière dans les stades.

Côté ressources, malgré des progrès, l’écart s’est creusé avec les grands championnats. Droits télé, billetterie, sponsoring, la France est partout en retard sur ses « concurrents ». Les droits télé de la Ligue 1 vendus à l’étranger sont notamment ridiculement bas : 32,5 millions d’euros, contre 906 millions pour les droits internationaux de la Premier League anglaise ou 177,5 millions pour ceux de la Liga espagnole. Autre point de comparaison mis en avant : Bastia, 10e de la Ligue 1 la saison dernière, n’a gagné que 21 millions d’euros de droits audiovisuels, contre 96 millions à Newcastle, 10e en Premier League. Bref, s’emporte l’UCPF, pour ce qui est des droits télé, « mieux vaut perdre la Premier League que gagner la Ligue 1 […] En étant champion, le PSG gagne 3 fois moins que Manchester City et 2 fois moins que Cardiff, dernier de la Premier League ! »

 

Vous avez dit « espace compétitif » ?

Voilà pour le constat qui, « désormais, ne peut être qu’européen si l’on veut comprendre la situation de nos clubs plongés dans un espace international ultra compétitif », écrit l’UCPF. Mais de quelle « espace compétitif » parle-t-on ? Bastia et Newcastle s’affrontent-ils dans la même compétition ? Non. De la même manière, le président du Toulouse football club reconnaissait lors de la présentation de l’étude que son club n’avait joué qu’une fois un tour préliminaire de Ligue des champions. Et le président de l’AS Saint-Etienne confiait que les Verts jouaient cette saison leur première Ligue Europa.

Dans une Europe aux marchés ouverts, les clubs de football sont des entreprises confinées dans un marché intérieur qui ne sont en compétition qu’à la marge avec les clubs des autres pays. La vraie concurrence sportive, celle qui porte sur l’objet même des entreprises que sont les clubs, est uniquement nationale pour la plupart d’entre eux, et essentiellement nationale pour ceux qui jouent régulièrement une Coupe d’Europe. On ne bâtit pas un budget sur une victoire en Ligue des champions, tout au plus sur une participation régulière. Et pour gagner sa place, c’est bien entre clubs français que l’on s’affronte. Voilà pourquoi l'on voit si souvent les clubs français se donner à fond en championnat et négliger la Ligue Europa… Or c’est précisément grâce à cette compétition que les clubs portugais et russes ont fortement progressé ces dernières années. Moralité : plutôt que de se plaindre d’une concurrence en grande partie imaginaire, les clubs français feraient mieux d’affronter cette concurrence balle au pied avec toutes leurs armes quand ils en ont l’occasion.

rfi,Jean-Damien Lesay