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20 novembre 2014

Le football hexagonal rattrapé par la justice

 

mediaLe président de l'Olympique de Marseille, Vincent Labrune (photo), et les deux ex-présidents du club, Pape Diouf et Jean-Claude Dassier, sont en garde à vue depuis ce mardi 18 novembre.REUTERS/Jean-Paul Pelissier
 

Coïncidence du calendrier judiciaire, alors que le Nîmes Olympique est soupçonné d'avoir soudoyé ses adversaires pour se maintenir en ligue 2, l'Olympique de Marseille est également dans la tourmente. Le club phocéen se trouve au cœur d'une tempête judiciaire, avec le placement en garde à vue depuis mardi 18 novembre de plusieurs de ses dirigeants passés et actuels dans un dossier explosif, mêlant business sportif et banditisme.

Une dizaine de personnes étaient en garde à vue depuis mardi matin, à commencer par le président du club, Vincent Labrune, et son bras droit, Philippe Pérez. Tous deux ont été entendus à l'Evêché, le siège de la police judiciaire à Marseille et remis en liberté mercredi soir.

Deux ex-dirigeants de l'OM, Jean-Claude Dassier et Pape Diouf, figurent aussi au rang des gardés à vue. L'ancien directeur sportif de l'OM, José Anigo, désormais chargé de recruter pour le compte du club marseillais des joueurs issus du continent africain, échappe pour le moment à cette mesure coercitive, pour la simple raison qu'il est installé au Maroc. A ce stade son audition n’est pas envisagée.

Les investigations ont commencé il y a deux ans. Les enquêteurs ont tout d'abord commencé à s'intéresser au transfert de l'attaquant vedette André-Pierre Gignac arrivé à Marseille en 2010 pour une somme évaluée à 20 millions d'euros. Ils soupçonnent que les transferts d'importance comme celui-ci auraient donné lieu au versement de commissions et de rétrocommissions. Dans le collimateur des policiers, il y a aussi le transfert de Souleymane Diawara de Bordeaux à l'OM en 2009 et, celui de Didier Drogba arrivé à Marseille en 2003 et parti à Chelsea l'année suivante.

Les enquêteurs ont établi des liens avec le banditisme

Lors d'une perquisition au centre d'entraînement de l'OM en janvier 2013, les policiers de la sous-direction de la lutte contre le crime organisé et la délinquance financière ont saisi des documents relatifs à ces fameux transferts. En tirant le fil des bénéficiaires des commissions, ils sont remontés jusqu'à des personnes proches du grand banditisme corse.

Un personnage trouble apparait notamment : Christophe d'Amico. Un intermédiaire non officiel du football. Pour la justice, Christophe d'Amico est loin d’être un inconnu, il a été condamné en novembre 2013 à quatre ans de prison dont deux fermes, dans une affaire d'extorsion de fonds dans des boîtes de nuit d'Aix-en-Provence.

Le milieu marseillais aurait-il infiltré l'OM ? Si les soupçons des enquêteurs se vérifient, le scandale serait considérable et, pour l'OM actuellement en tête du championnat de ligue 1, ce serait un nouveau séisme.

L'Olympique de Marseille une histoire émaillée d'affaires et de scandales

Sur le plan judiciaire, le passé de l'OM est pour le moins tumultueux. A commencer par l’affaire OM-VA : le 20 mai 1993, Marseille s'impose à Valenciennes 1/0. C’est un match truqué et Bernard Tapie, alors président de l'OM, sera condamné devant la Cour d’appel de Douai à deux ans de prison et trois ans d'inéligibilité.

Puis, Bernard Tapie sera de nouveau condamné en 1998 dans une affaire de prêts fictifs aux joueurs.

En 2007, l'ancien entraîneur Roland Courbis, au cœur d'un système de transferts frauduleux, est condamné à deux ans de prison ferme et 200 000 euros d'amendes.

Aujourd’hui, l’OM est confronté à cette information judiciaire ouverte pour extorsions en bande organisée et association de malfaiteurs.

Décidément, l'OM est un club qui sent la poudre.

rfi

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