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12 septembre 2014

Le football européen (re)part en croisade contre le racisme

media

Michel Platini, président de l'UEFA, a réaffirmé à Rome sa détermination à lutter contre le racisme dans le football.UEFA
 

Le racisme est devenu une des principales préoccupations dans le football, notamment en Europe. L'UEFA, l'Union du football européen, vient d'organiser les 10 et 11 septembre 2014 à Rome une conférence sur le respect de la diversité.

Le football européen a toujours du mal à endiguer les manifestations racistes dans les stades, malgré sa volonté d'appliquer une politique de tolérance zéro sur le sujet, et malgré la mise en place de sanctions de plus en plus lourdes. En mars 2014, l'Union du football européen (UEFA) avait adopté de nouvelles mesures disciplinaires : suspension de joueurs, d’entraîneurs, de dirigeants ; fermeture partielle ou totale d’un stade ; amendes ; possibilité pour un arbitre d’interrompre, de suspendre ou même d’annuler un match en cas de débordements racistes…

Michel Platini, le président l'UEFA, a néanmoins tenu à réaffirmer sa détermination à lutter contre le racisme, les 10 et 11 septembre 2014 à Rome, en réunissant une conférence sur le respect de la diversité en Italie, pays particulièrement concerné.

« Je ne vous cacherai pas que le chemin sera long, parsemé d’embûches, d’obstacles et d’oppositions sourdes, a déclaré l’ancien joueur vedette de l’équipe de France. Mais rien ne nous empêchera de persévérer et d’aller toujours plus loin. Je vous en fais ici la promesse solennelle ».

Dans la foulée, Michel Platini a également promis d'appliquer une politique d'extrême fermeté, notamment à l'occasion du Championnat d'Europe des nations 2016, qui aura lieu en France.

 

Pour montrer sa détermination, il s'est même engagé à aller au bout de la procédure ouverte à l'encontre de son hôte, le tout nouveau président de la Fédération italienne de football. Carlo Tavecchio avait tenu des propos à connotation raciste à l'encontre du joueur français d’origine guinéenne, Paul Pogba : « Opti Poba est arrivé ici (en Italie) et avant il mangeait des bananes. Aujourd'hui, il joue titulaire à la Lazio de Rome (à la Juventus Turin en fait, Ndlr)» Entre-temps, Tavecchio s’est défendu de tout racisme : « J'ai adopté trois enfants en Afrique. J'y possède également une coopérative de culture de tomates et j'ai fait construire deux hôpitaux là-bas. »

 
 

Un constat d’échec

Michel Platini s’est montré virulent à l’égard de ce type de propos. « L'Europe du foot de papa, mâle, machiste et blanche, c'est fini, et ça ne reviendra pas », a-t-il lâché. Avant d’admettre que la tenue d’une quatrième conférence sur le sujet, en l’espace d’une dizaine d’années, était révélatrice d’un malaise profond en Europe. « Cette répétition est plutôt, soyons honnêtes, le constat d'un échec, a-t-il déclaré. Le racisme et la discrimination appartiennent toujours à notre société et donc à notre football ». Ce qui contribue à ternir nettement l'image  de ce sport. Les dirigeants de club, de Fédérations et de l'UEFA ont longtemps été taxés de laxisme en matière de lutte contre les discriminations.

Récemment, les clubs bulgare de Ludogorets Razgrad et roumain du Steaua Bucarest ont été sanctionnés par l'UEFA respectivement d'une fermeture partielle de tribune et d'un match à huis clos en raison du comportement raciste de leurs supporters lors de leur confrontation le 27 août.

Le racisme dans les stades de football se manifeste de différentes manières : agressions, chants, cris, insultes et pancartes diffamatoires. Sans parler des traditionnels cris de singe et lancers de banane qui visent les joueurs noirs ou métis.

En avril dernier, le joueur brésilien du FC Barcelone Daniel Alves avait fait le « buzz » en mangeant une banane qu’un supporter de Villarreal venait de lancer sur la pelouse, lors d’un match du Championnat d’Espagne. Des milliers de personnes s’étaient ensuite pris en photo en train de manger une banane, avant de publier ces clichés sur les réseaux sociaux, afin de dénoncer le racisme dans le football.

Depuis, plusieurs affaires de racisme ont éclaté au Brésil, pays de Daniel Alves. Preuve que le problème ne touche pas que l'Europe.

rfi

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