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10 septembre 2014

Afrique du Sud: l'heure du verdict approche pour Oscar Pistorius

 

mediaLe champion paralympique, Oscar Pistorius, lors de la reprise de son procès, le 30 juin 2014.REUTERS/Phill Magakoe/Pool
    On en saura peut-être un peu plus, ce jeudi 11 septembre, sur le sort d'Oscar Pistorius, jugé pour le meurtre de sa compagne Reeva Steenkamp. Ce jour-là, en effet, la juge Thokozile Masipa rend son verdict après cinq semaines de délibérations dans une affaire qui aura défrayé la chronique judiciaire sud-africaine.

Oscar Pistorius a-t-il sciemment tué sa petite amie en 2013 ? Si des millions de Sud-Africains ont une idée sur la question, une seule personne donnera la sienne : la juge sud-africaine qui va rendre son verdict après un procès de six mois suivi par une grande partie de la planète. Lors du procès, des dizaines de témoins ont été entendus.

Pistorius affirme avoir fait une « erreur »

L'audience doit reprendre jeudi prochain en présence du champion handicapé de 27 ans, modèle de millions de jeunes. La lecture des attendus pourrait durer plusieurs jours et la peine ne sera connue qu’un mois plus tard. La juge Thokozile Masipa devra tout passer en revue. Oscar Pistorius n'a jamais nié avoir lui-même ouvert le feu le soir du drame. Tout s'était déroulé chez lui le 14 février 2013. « Je n'ai pas eu le temps de penser. J'ai entendu du bruit, j'ai pensé que quelqu'un était venu m'attaquer, donc j'ai tiré », a-t-il indiqué lors du procès.

Pistorius a tiré quatre fois sur la porte des WC de sa salle de bains avec une arme chargée de balles expansives dont il ne se séparait jamais, et placée sous son lit pour dormir. Sa victime Reeva Steenkamp, un mannequin de 29 ans, passait la nuit avec lui. Ils se connaissaient depuis trois mois. Seul témoin et seul survivant, Pistorius affirme avoir fait une « erreur » croyant à l'intrusion d'un cambrioleur. Même si la peur d'une intrusion est compréhensible dans un pays à la criminalité élevée, Pistorius n'est pas certain de s'en tirer. S'il est condamné à de la prison, The Blade Runner pourra faire appel et même saisir la Cour constitutionnelle.

 

Passible de la perpétuité

Durant le procès, le parquet a découvert d'autres infractions mineures à la législation sur le port d'armes commises avant le crime. Il s’agit d’un coup de feu tiré dans un restaurant en janvier 2013, et la détention de munitions sans autorisation. Le parquet a aussi réuni un dossier à charge qui demeure accablant, même s'il contient des faiblesses comme la scène de crime contaminée par l'intervention des policiers, ou encore des voisins réveillés par des cris dans la nuit, mais n'ayant rien vu. Modèle de combativité pour les petits écoliers ou handicapés de son pays, Pistorius cachait un tempérament instable, niant ses torts même devant l'évidence et abonné aux incidents, coups de gueule et crises de furie, y compris en compétition.

Dans son réquisitoire en août, le procureur Gerrie Nel estime que : « La cour n'aura d'autre choix que d'admettre que l'accusé savait que la victime était dans les toilettes, et a tiré quatre fois intentionnellement sur elle dans le but de la tuer ». Et dans le cas où la cour accepterait la thèse de tirs incontrôlés sous l'effet de la panique, « l'accusé ne peut pas échapper à une condamnation pour homicide involontaire », selon le procureur.

Profitant de l'absence de preuve matérielle irréfutable, l'avocat de Pistorius a tenté d’emporter la conviction de la juge. Pistorius a depuis l'enfance « sur-développé le réflexe de combat », « sa perception (du danger) est subjective, et il a agi par négligence. Ce qui doit conduire à un verdict d'homicide involontaire », a-t-il plaidé. Oscar Pistorius, premier athlète amputé à concourir dans un championnat du monde pour les valides, est passible de la perpétuité - 25 ans de réclusion incompressible - pourrait aussi obtenir une peine plus légère, voire rester en liberté sous caution en attendant d'avoir épuisé tous les recours.

rfi

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