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08 août 2014

Ligue 1 : l'OM de Marcelo Bielsa, attraction de la saison

 

mediaMarcelo Bielsa a tenu sa première conférence de presse en tant qu'entraîneur de Marseille, ce jeudi 7 août 2014.AFP PHOTO / BERTRAND LANGLOIS
 

Le PSG et Monaco ont beau rester les favoris du championnat de France, dont la saison 2014-2015 débute ce week-end, l'attention n'en est pas moins focalisée sur un autre club : l'Olympique de Marseille. Un homme est responsable de cette agitation : Marcelo Bielsa, entraîneur argentin de l'OM, qui est apparu longuement en conférence de presse ce jeudi 7 août, pour la première fois depuis sa signature.

A midi, ce jeudi, à la veille de son match d'ouverture de la Ligue 1 contre le Stade de Reims, le Paris Saint-Germain présentait officiellement David Luiz, acheté 50 millions d'euros au tout début du mercato. Le Brésilien, demi-finaliste malheureux de la dernière Coupe du monde, apparaissait pour la première fois devant la presse depuis la double humiliation de sa sélection face à l'Allemagne (7-1) puis les Pays-Bas (3-1). Pourtant, cet évènement mondial a été éclipsé par une autre prise de parole, celle d'un entraîneur de 59 ans dont le palmarès se limite à une médaille d'or olympique et trois titres de champion d'Argentine.

Un défenseur de plus qu'il n'y a d'attaquants

Si la première conférence de presse de Marcelo Bielsa était tant attendue, c'est d'abord parce que le nouveau coach de l'Olympique de Marseille ne se résume pas à ses victoires. Celui qui a emmené Newell's Old Boys en finale de Copa Libertadores (l'équivalent de la Ligue des champions en Amérique du Sud) et l'Athletic Bilbao en finale de Ligue Europa est surtout connu pour son exigence et ses idées très précises sur la façon dont doit jouer son équipe. Exemple ce jeudi avec un premier principe de jeu énoncé : « Le système défensif que je préconise, c'est qu'à chaque match, nous alignerons un défenseur de plus que l'équipe adverse alignera d'attaquants. S'ils ont deux attaquants, nous aurons trois défenseurs, un au marquage de chaque attaquant, et un en plus pour couvrir. »

Un système qui risque d'en déstabiliser plus d'un si l'adversaire ne joue qu'avec un avant-centre, et qui poussera donc l'OM à changer de schéma quasiment à chaque rencontre. « Le football français est un football à fort potentiel physique, techniquement riche, très combattif, très disputé, où les aspects techniques et de caractère sont au dessus des aspects tactiques », justifiait Bielsa au milieu d'une réponse précédente. Lorsqu'il lui est demandé s'il pense que ce mode de fonctionnement va permettre à son équipe de tirer son épingle du jeu dans un championnat où le PSG et Monaco semblent promis aux deux premières places, le technicien argentin préfère ne pas s'avancer : « Vous me demandez de faire un pronostic alors que j'interprète le football comme quelque chose où on ne sait jamais ce qui va se passer. »

 

Thauvin : « C'est un perfectionniste »

Les joueurs, eux, semblent pourtant confiants depuis l'arrivée de Marcelo Bielsa. « Si ces deux équipes débutent mal et que nous commençons très bien, nous pouvons aller les chercher, affirmait Florian Thauvin un peu plus tôt. Déjà l'année dernière nous avions les capacités pour jouer le haut de tableau mais nous nous sommes loupés. Cette année, nous avons un nouveau coach. C'est un perfectionniste, chaque détail compte. Il attend de nous que nous soyons à 100% et que nous suivions ses consignes. » El Loco (« Le Fou »), comme est surnommé l'entraîneur, n'a pourtant de cesse de clamer qu'il n'a « rien de révolutionnaire »et qu'il ne faut pas « surestimer le rôle de l'entraîneur », assurant par exemple qu'il n'a choisi ni les joueurs qui sont arrivés (comme l'attaquant belgo-congolais Michy Batshuayi), ni ceux qui sont partis (comme Mathieu Valbuena), ni ceux qui ont été mis à l'écart et s'entraînent avec la réserve (comme Rod Fanni ou Florian Raspentino).

Difficile à croire pour un entraîneur connu pour maîtriser chaque aspect de la vie de son groupe, et qui a fait installer des salles de jeu à la Commanderie (le centre d'entraînement de l'OM) pour que ses joueurs passent plus de temps ensemble. « Grâce à ça, on se connait mieux et cela se voit sur le terrain, pose Thauvin. On a envie de se battre pour les uns et les autres, c'est peut-être ce qui nous a manqué l'année dernière. » Lorsque les journalistes l'interrogent longuement sur son manque de communication ou sur les raisons pour lesquelles il n'ouvre pas les séances d'entraînement, Bielsa répond aussi obstinément qu'il n'y est pour rien et qu'il se soumet uniquement aux règles de la compétition, ni plus ni moins.

« Un grand leader parle peu »

Car si cette première apparition médiatique était autant attendue, c'est aussi parce que Bielsa sait se faire désirer. « En général les Argentins parlent beaucoup, souvent trop, moi je pense qu'il faut utiliser moins de mots, juge-t-il. Cela va peut-être vous faire sourire,  mais je crois qu'un grand leader parle peu, comme ça il est très écouté au moment où il s'exprimer. »Fidèle à des habitudes prises dans ses clubs précédents, l'entraîneur marseillais a donc choisi de raréfier ses prises de parole mais de répondre a absolument toutes les questions qui lui sont posées, « sans limite de temps ».

A deux jours de l'entrée de son équipe dans le championnat de France contre Bastia, Marcelo Bielsa n'a donc quitté la salle de presse qu'après plus d'une heure d'une séance durant laquelle il n'a jamais regardé dans les yeux ceux qui lui faisaient face (encore une habitude), pesant chaque mot. « Vous voyez, je considère la chef de l'hôpital pour enfants de Rosario (sa ville natale en Argentine, ndlr) comme un grand leader, alors qu'elle ne dit jamais rien, a-t-il lancé au milieu de sa conférence de presse en relevant enfin la tête. On devrait l'écouter plus que nous. Parce qu'entre parenthèses, cela fait 45 minutes que nous parlons et que nous ne disons rien. » El Loco a posé les bases.

rfi,Thomas Pitrel

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