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31 juillet 2014

Côte d’Ivoire : Renard reprend les Eléphants

 

mediaLes Français Hervé Renard (au premier plan) et Alain Giresse (au fond) lors de la CAN 2010.AFP PHOTO/ KHALED DESOUKI
    L’entraîneur français Hervé Renard a été nommé sélectionneur de la Côte d’Ivoire par la Fédération ivoirienne de football (FIF), ce jeudi 31 juillet 2014. Le champion d’Afrique 2012 avec la Zambie fait donc son retour sur le continent après avoir échoué à maintenir Sochaux en Ligue 1 française. Il succède à Sabri Lamouchi avec pour objectif de qualifier les Eléphants pour la CAN 2015.

Hervé Renard n’aura pas mis bien longtemps à revenir sur le continent de ses exploits. Le lundi 7 octobre dernier, la fédération zambienne annonçait le départ du sélectionneur ayant fait atteindre les sommets aux Chipolopolos, appelé pour une autre mission impossible : maintenir le FC Sochaux Montbéliard en Ligue 1 malgré son début de saison catastrophique. Retroussant les manches de son éternelle chemise blanche, Renard s’est employé, a créé une dynamique, a fait renaître l’espoir en Franche-Comté puis… a échoué, à cause d’une défaite lors de la dernière journée contre Evian. Ce jeudi 31 juillet 2014, deux mois après cette désillusion, la Fédération ivoirienne de football officialise le retour du natif d’Aix-les-Bains en Afrique, pour présider aux destinées des Eléphants.

La Côte d’Ivoire connait bien Hervé Renard, qui ne lui a pas laissé que de bons souvenirs. Le 12 février 2012, sa Zambie avait en effet empêché Didier Drogba de remporter sa première Coupe d’Afrique des nations, en s’imposant aux tirs au but en finale à Libreville (0-0, 8-7). Cette victoire constituait alors le coup de maître qui révélait le technicien à la face du monde, mais, après avoir commencé sa carrière d’entraîneur entre Draguignan, Shanghai, Cambridge et Cherbourg, Renard s’était déjà fait remarquer en tant qu’adjoint de Claude Le Roy sur le banc d’un Ghana qui s’était déjà imposé contre la Côte d’Ivoire en match pour la troisième place de la CAN 2008 à Kumasi (4-2). « C'est fantastique, s'enthousiasme Yaya Touré, pas rancunier, contacté par RFI juste après la nomination officielle du Français. C'est un entraîneur qui a beaucoup d'expérience, surtout en Afrique. Quelqu'un qui a beaucoup de charisme. Le plus important, c'est qu'il arrive à booster notre équipe. »

Offrir la CAN 2015 à Drogba et Yaya Touré

Mais la tâche sera rude pour Hervé Renard. Après une troisième élimination de suite au premier tour de la Coupe du monde, la Côte d’Ivoire, qui reste sur un quart-de-finale lors de la CAN 2013, aura déjà fort à faire si elle veut se qualifier pour l’édition 2015. La phase de poules des éliminatoires, qui débute en septembre, la verra affronter le Cameroun, la RDC et la Sierra Leone ou les Seychelles, dans un groupe D dont seules deux équipes devraient sortir (les deux premiers de chaque poule et le meilleur troisième seront qualifiés). « Avant d'arrêter, j'ai bien envie de remporter quelque chose avec mon pays, et c'est aussi les voeux des supporters, affirme Yaya Touré. Hervé Renard est quelqu'un qui a un gros tempérament, et j'espère qu'il va nous emmener le plus loin possible. »

Le défi est donc de taille pour le sélectionneur français, choisi parmi les 37 candidatures déposées. Une première sélection de cinq noms avait été faite par la FIF, comprenant Luis Fernandez et Francis Gillot, avant un nouveau tri qui n’avait laissé en course que Frédéric Antonetti, Manuel José et, donc, Hervé Renard. Encore auréolé de sa victoire de 2012, ce dernier reste néanmoins sur plusieurs échecs, entre la relégation de Sochaux, l’élimination de la Zambie au premier tour de la CAN 2013 et la non-qualification des Chipolopolos pour la Coupe du monde. Après l’avoir privé de son rêve en 2012, il devra trouver la bonne formule pour enfin sacrer Yaya Touré et Didier Drogba, qui disputerait sa sixième et dernière Coupe d’Afrique des nations en 2015 au Maroc.

 rfi,Thomas Pitrel

30 juillet 2014

Seydou Keita: «C’est inacceptable qu’un autre homme me crache dessus»

 

mediaSeydou Keita lors de la Coupe d'Afrique des Nations en 2013 en Afrique du Sud.AFP PHOTO / BEN STANSALL
    En exclusivité pour RFI, l’international malien Seydou Keita est revenu sur son altercation avec le Portugais Pepe. Juste avant la rencontre amicale entre le Real Madrid et l'AS Roma (0-1), mardi 29 juillet, au Cotton Bowl de Dallas (États-Unis), Seydou Keita a refusé de serrer la main à Pepe. Quelques secondes plus tard, Seydou Keita lui jette une bouteille d’eau.

La cause de tout cela, une rencontre disputée en Espagne alors que Seydou Keita jouait à l’époque pour le FC Barcelone. Et selon l’international malien, il avait été « traité de singe » par Pepe. Mardi soir à Dallas, le ton est monté entre les deux joueurs. Mercredi matin, Seydou Keita s'est expliqué dans un premier temps sur cette altercation sur son compte Twitter. « 1. Il me traite de singe à Madrid-Barça, 2. Je ne lui serre pas la main, 3. Il me crache dessus, après je lui lance la bouteille, désolé pour mon attitude », a-t-il écrit.

« Je n'avais pas l'intention de le saluer »

Joint au téléphone par RFI alors qu’il est encore aux États-Unis, Seydou Keita s’est expliqué très calmement sur le différend qui l’oppose à Pepe. Voici sa version des faits : «À l’époque où je jouais à Barcelone, Pepe m’avait traité de " macaco ", c'est-à-dire singe, en me crachant dessus. À partir de ce moment-là, je me suis dit ce gars-là ne vaut rien ", raconte Keita. À l’époque, je n’en ai pas parlé publiquement, car cela n’en valait pas la peine. Voilà pourquoi je ne souhaitais pas lui serrer la main avant cette rencontre amicale. J’avais même fait part de mon intention de ne pas le saluer à mon coéquipier Mehdi Benatia. J’ai donc salué tout le monde sauf lui ».

Seydou Keita continue : « Et du coup, il vient derrière moi et me crache dessus. À ce moment-là, j’avais une bouteille d’eau et je l’ai lancé sur lui. Ses coéquipiers nous ont vus et ils avaient carrément l’intention de me frapper. C’est vrai que j’ai donné une mauvaise image et je m’en excuse. Mais heureusement que nous étions sur un terrain de football, car c’est inacceptable qu’un autre homme me crache dessus. Je ne vois vraiment pas pourquoi j’allais lui serrer la main, car à ses yeux, je ne suis pas un être humain. »

« Je ne dis pas que je suis un saint, mais je respecte les gens »

À la question de savoir si Seydou Keita s’est expliqué avec Pepe à l’issue de la rencontre amicale, l’international malien répond : « Je ne souhaite pas avoir de discussion avec quelqu’un qui ne me considère pas comme un être humain. Son comportement est inadmissible. Au lieu de me demander pourquoi je refuse de lui serrer la main, il préfère me cracher dessus ».

Seydou Keita a commencé sa carrière professionnelle il y a maintenant 15 ans. Et depuis ses débuts, il avoue que c’est le seul joueur qui a réussi à le mettre hors de lui. « Je ne dis pas que je suis un saint. Comme tout le monde, j’ai des défauts. Mais je respecte les gens », tient à préciser le nouveau joueur de l’AS Rome.

Au-delà de cet épisode, on est en droit de se demander si le football est gangréné par le racisme ? « Non, il ne faut pas généraliser », s’empresse de dire Seydou Keita. « Je suis Africain et j’évolue depuis très longtemps en Europe. Et je le dis : " j’ai eu souvent à faire avec des gens merveilleux ". Si de temps en temps il y a eu des petites réflexions pas très gentilles, jamais je n’ai eu à subir un tel comportement. Pour moi, c’est trop. Si certains utilisent le football pour faire et dire n’importe quoi, il faut avouer que c’est une minorité. Je ne veux surtout pas généraliser ».

Malgré cet épisode plus que fâcheux, Seydou Keita, qui se lance dans une nouvelle aventure avec l’AS Rome dit toujours « ressentir du bonheur » à l’idée de jouer au football.

rfi,Farid AchacheEric Mamruth

Eléphants:Le sélectionneur connu demain

Après avoir épluché la liste de cinq  noms que lui avait transmise la commission technique pour le recrutement du nouveau sélectionneur national, le comité exécutif de la Fédération ivoirienne de football a fait connaître le nom des  trois derniers candidats en course. Il s'agit de Frédéric Antonetti, José Manuel de Jésus et Hervé Renard. Luis Fernandez et Francis Gillot ont ainsi été recalés. Les trois techniciens encore en lice ont été audités par visio conférence hier par le comité exécutif de la FIF qui fera connaître son choix demain 31 juillet au cours d'une conférence de presse à son siège.