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22 juillet 2014

Après le Mondial: Au Brésil, le renouveau s'appelle Dunga

 

mediaLe bilan de Dunga à la tête de la Seleçao est moins bon que celui de Scolari.REUTERS/Pilar Olivares
 

Comme annoncé, la Fédération brésilienne de football n’a pas tardé à trouver un successeur à Luiz Felipe Scolari, limogé juste après une Coupe du monde qui s’est terminée sur deux camouflets. Les dirigeants ont fait choix très conservateur en nommant Dunga qui doit être intronisé ce mardi à la tête de la Seleçao.

La CBF, la Fédération brésilienne de football, avait promis des mesures rapides et, sur ce plan-là, l’engagement est tenu. Une semaine après avoir limogé Luiz Felipe Scolari et son staff, une suite logique à la sortie calamiteuse de la Seleçao de « sa » Coupe du monde (deux défaites à domicile d’affilée ce qui n’était jamais arrivé en 100 ans d’histoire et 10 buts encaissés pour 1 marqué lors de ses deux derniers matchs), la gouvernance du football brésilien a tranché. C’est Dunga qui va prendre les rênes de l’équipe nationale, une nomination qui doit être officialisée ce mardi, lors d’une conférence de presse.

Les hommes du Sud

 

À la Coupe du monde 2010, le Brésil de Dunga avait échoué en 1/4 de finale.

 

 
 

A la tête de l’Internacional Porto Alegre depuis l’an dernier, le capitaine de l’équipe championne du monde en 1994 s‘apprêtait à répondre favorablement à une offre de la fédération vénézuélienne pour diriger son équipe nationale. Cette désignation – mûrement réfléchie et soupesée semble-t-il entre le président de la fédération par intérim José Maria Marin (82 ans) et son successeur déjà désigné Marco Polo Del Nero – va surprendre ceux qui pensaient que le football brésilien avait besoin d’un changement radical pour retrouver son lustre d’antan.

Rien ne dit que ce changement n’aura jamais lieu mais le signal envoyé n’est pas très progressiste quand on connaît un peu la philosophie de jeu, assez prudente et défensive, de Dunga, sans parler de ses rapports conflictuels avec la presse ainsi qu’avec une bonne partie de l’opinion, cela depuis une bonne vingtaine d’années. Le retour de Dunga confirme également, ont noté les médias brésiliens, la permanence des sélectionneurs originaires de l’Etat du Rio Grande Del Sul - des hommes à poigne réputés plus austères sur le plan du jeu - à la tête de la Seleçao depuis 2001 : Scolari, Dunga, Mano Menezes, Scolari et à nouveau Dunga, l’exception étant le carioca Carlo Alberto Parreira (2003-2006). Selon certains médias, deux membres du staff de Scolari seraient même maintenus aux côtés de Dunga : le préparateur physique Paulo Paixao et le médecin José Luiz Runco.

 

 

Dunga a certes quelques états de service à faire valoir. Outre son titre mondial remporté comme joueur en 1994, il a conquis deux Copa America en 2007 et 2009 en tant que sélectionneur avec les Auriverde. Mais ses détracteurs ne manquent pas de souligner qu’il a fait moins bien que Scolari en Coupe du monde, référence à l’élimination en quart de finale devant les Pays-Bas il y a quatre ans, en Afrique du Sud (2-1). Il y a une semaine encore, personne n’évoquait son nom pour succéder à Scolari alors que celui d’Adenor Leonardo Bacchi, dit Tite, vainqueur du Mondial des clubs en 2012 avec Corinthians, venait le plus souvent dans les conversations.

L’or aux J.O. ?

 

L'humiliation du 8 juillet n'est pas près de s'effacer.

 

Il semble que l’avis du nouveau coordinateur technique de la Seleçao,Gilmar, ait été déterminant dans la nomination de Dunga, Gilmar qui était le troisième gardien de l’équipe du Brésil lors de la Coupe du monde USA 1994. Reste à présent à définir les objectifs alors que se profile déjà la Copa America 2015 qui aura lieu au Chili l’été prochain et surtout les J.O. de Rio 2016, des Jeux durant lesquels le Brésil, qui court toujours après une première médaille d’or en football (1), pourrait faire un grand pas dans son parcours de réconciliation avec son public, en cas de victoire finale.

Dirigée par Alexandre Gallo, l’équipe des moins de 20 ans devra gagner sa qualification pour le Mondial en Nouvelle Zélande en janvier et février prochain. Cette sélection de jeunes s’annonce néanmoins prometteuse, témoins ses deux titres successifs au Festival international Espoirs de Toulon en 2013 et 2014. C’est à cette génération-là, entourée de trois cadres âgées de plus de 23 ans, qu’il reviendra de briguer le titre olympique dans deux ans, un but certes élevé mais nettement moins que celui, plus irréaliste, de briguer une sixième étoile dès la Coupe du monde 2018 comme l’avait formulé Pelé juste après la raclée de Belo Horizonte.

Même si les choses vont parfois très vite en football, le mal du foot brésilien semble suffisamment profond pour s’interdire de rêver déjà d’un titre dans quatre ans à Moscou. Pour le moment, le Brésil navigue à vue et l’on verra déjà quelle direction veut prendre Dunga le 5 septembre prochain quand le Brésil fera sa première apparition post-Mondial en amical à Miami face à la Colombie, leur adversaire malheureux en quart de finale à Fortaleza, le 4 juillet. Première mission : trouver mieux que Fred comme avant-centre et remplacer Julio Cesar au poste de gardien. C'est en général par là qu'on commence pour bâtir une équipe.

(1) le Brésil s’est incliné trois fois en finale des Jeux olympiques (1984, 1988, 2012) et s’est classé deux fois troisième (1996, 2008).

 rfi,Christophe Carmarans

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