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03 juin 2014

La polémique sur l’octroi du Mondial 2022 ré-agite le foot mondial

 

 

mediaSheikh Mohammed bin Hamad bin Khalifa Al Thani, de la famille royale du Qatar, et le président de la Fédération internationale de football, Josep Blatter, en novembre 2013.AFP PHOTO / AL-WATAN DOHA / KARIM JAAFAR
 

Le Qatar, pays hôte de la Coupe du monde 2022 de football, a nié avoir attribué des pots-de-vin pour obtenir l’organisation de l’événement. Des dirigeants africains, mis en cause par de nouvelles allégations de la presse britannique, se sont également défendus d’avoir été corrompus. La FIFA assure qu'une enquête sur l'attribution des Mondiaux 2018 et 2022 sera finie avant le 9 juin.

« Je n’ai jamais reçu de M. Bin Hammam (ancien président de la Fédération du Qatar de football, Ndlr), de l’Emir du Qatar ou de tout membre de la candidature Qatari de gratifications financières afin de soutenir la candidature Qatar 2022. » Issa Hayatou, le président de la Confédération africaine de football (CAF), répond ce 2 juin 2014 sur le site de la CAF à des questions envoyées par une journaliste du Sunday Times le 30 mai. « Avez-vous reçu […] une gratification financière ou tout autre cadeau pour apporter votre soutien » à l’organisation de la Coupe du monde 2022 au Qatar ? a demandé l’enquêtrice Heidi Blake.

L’hebdomadaire britannique n'a pourtant pas attendu la réponse d'Issa Hayatou pour lancer, le 1er juin, une vive accusation : oui, beaucoup de dirigeants du football mondial, dont trente délégués africains, ont reçu l’équivalent de 5 millions de dollars de pots-de-vin contre un vote en faveur de l’Emirat, le 2 décembre 2010.

L’Afrique au cœur de la polémique

Dans une nouvelle enquête, le Sunday Timesassure en effet disposer de milliers de courriels et d’autres documents qui prouvent que Mohamed Bin Hammam a effectué de nombreux versements d’argent. Ce dernier aurait ainsi distribué des sommes avoisinant les 200.000 dollars sur des comptes contrôlés par les présidents d’associations africaines. Il aurait aussi organisé des soirées caritatives en Afrique au cours desquelles il aurait également délivré des fonds illicites.

Par ailleurs, Mohamed Bin Hammam aurait également versé 1,6 million de dollars sur des comptes appartenant à Jack Warner, l'ex-président de la Confédération de football d'Amérique du Nord, d'Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf), également ex-vice président de la FIFA, qui a démissionné en juin 2011.

Mohamed Bin Hammam, ancien membre du Comité exécutif de la Fédération internationale (FIFA) et président de la Confédération asiatique (AFC), a, lui, été radié par la FIFA en 2012 pour des soupçons de corruption dans une autre affaire.

Fin d'une enquête interne avant le 9 juin
« Nous nions avec véhémence toutes les allégations de mauvaise conduite », a répondu  le 1er juin le Comité de candidature du Qatar, dans un communiqué. Ce 2 juin, le nouveau président de l’AFC, également mis en cause, a apporté son soutien aux Qatariens. « La Confédération asiatique de football se tient aux côtés de l'Etat du Qatar quand il défend son droit d'organiser la Coupe du monde de 2022 », a déclaré le cheikh Salmane bin Ibrahim Al Khalifa. « Elle soutient également la FIFA dans son enquête pour s'assurer de la transparence du processus d'attribution des Coupes du monde de 2018 et 2022 », a souligné le Bahreïni.

En août 2012, suite aux nombreuses allégations parues dans la presse, la FIFA s’était résolue à ouvrir une enquête  sur l’attribution du Mondial 2018 à la Russie et du Mondial 2022. L'ancien procureur américain Michael Garcia, à la tête de la chambre d'instruction du nouveau comité d'éthique de la FIFA, est censé avoir fini ses investigations avant le 9 juin prochain, assure la FIFA.

Cette dernière, monopolisée par une Coupe du monde 2014 imminente (12 juin-13 juillet), est restée plutôt silencieuse sur cette polémique renaissante. Le 16 mai, le président de la FIFA, Sepp Blatter, avait indiqué que l'attribution du Mondial 2022 au Qatar avait été une «erreur ».

Le Congrès de la FIFA qui aura lieu les 10 et 11 juin à San Paulo s’annonce tendu. Une contre-attaque s’est déjà organisée. Que ce soit en Russie, en Asie, ou ailleurs, on dénonce une campagne de diffamation orchestrée par des pays anglo-saxons. L’Angleterre était candidate à l’organisation de la Coupe du monde 2018, tandis que l’Australie et les Etats-Unis s’étaient présentés pour la Coupe du monde 2022.

RFI, David Kalfa

 

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