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02 mai 2014

CAN 2015 et Mondial 2014/ Boubacar Barry Copa: «Marquer l’histoire de la Côte d’Ivoire»

 
mediaL'Ivoirien Boubacar Barry Copa.AFP PHOTO/FADEL SENNA
 

A 34 ans, Boubacar Barry Copa s’apprête à disputer sa troisième Coupe du monde avec l’équipe de Côte d’Ivoire. Le gardien de but, qui arrive en fin de contrat avec son club, veut se concentrer sur la fin du championnat de Belgique, puis sur le Mondial 2014, avant de décider s’il poursuit ou pas l’aventure avec Lokeren et avec les «Eléphants» pour la CAN 2015.

RFI : Boubacar Barry Copa, ça fait sept ans que vous jouez à Lokeren, un club avec lequel vous avez remporté deux Coupes du Belgique. Avez-vous envie de changer d’équipe ?
Boubacar Barry Copa :
 Quand j’ai signé à Lokeren en 2007, c’était pour gagner des titres. Ça a été le cas, grâce à Dieu. Lokeren essaie de grandir tout doucement. On veut revoir nos ambitions à la hausse et se qualifier directement pour la phase de groupes de la Ligue Europa. Pour ça, il faut être performant durant les derniers matches de play-offs 1. Après, le club va essayer de recruter d’autres joueurs, pour continuer à grandir. Que ce soit avec moi ou pas.

Voulez-vous faire partie de ce projet ?
Mon contrat s’achève en juin, mais le club est très intéressé par le fait que je prolonge. On est en pleine discussion. J’ai des touches ailleurs. En attendant de prendre une décision, je vais donner le maximum sur le terrain. Après, j’espère faire le choix parfait pour ma carrière et pour ma petite famille.

A 34 ans, est-ce que vous pensez déjà un peu à la retraite ?
J’ai débuté ce métier de gardien de but très tard. J’avais 20 ans quand j’ai appris ce boulot à Rennes (France). Ensuite, je suis allé à Beveren (Belgique) pour gagner du temps de jeu. C’est ce que j’ai réussi à faire pendant les quatre années passées là-bas. Après, je suis allé à Lokeren où j’ai continué à progresser. J’ai acquis beaucoup d’expérience.

Je me sens bien, j’ai une bonne hygiène de vie et je suis en très bonne santé. Plus un gardien de but prend de l’âge, plus il gagne en stabilité et en maturité. J’espère donc continuer à progresser.
Après, c’est vrai que dans un petit coin de mon cerveau, je pense déjà un peu à l’avenir, à ce que je vais faire après ma carrière. Mais cette réflexion-là viendra avec le temps.

Il paraît que vous n’étiez pas gardien de but en 1995, au moment de rejoindre le célèbre centre de formation de l’ASEC Abidjan Abidjan, l’Académie MimoSifcom.
En fait, je voulais absolument intégrer l’Académie dirigée par Jean-Marc Guillou. Et gardien de but, c’était peut-être le seul poste où ils avaient des besoins. Le coach m’a dit que j’avais des qualités et que je pouvais réussir en tant que gardien de but. Au départ, à Abidjan, c’était donc un peu la loterie. Je voulais jouer au football juste pour jouer. Ensuite, quand je suis arrivé en France, j’ai commencé à apprendre ce métier. Au final, je suis très content de ce choix. Je n’ai jamais eu envie de revenir en arrière pour être joueur de champ. J’ai pu subvenir à mes besoins et aider des orphelins grâce à ce choix.

Est-ce que vous gardez des souvenirs forts de vos quatre années passées à Sol Béni, le centre d’entraînement de l’Académie MimoSifcom ?
Oui, ça restera gravé dans nos mémoires. On doit beaucoup à l’ASEC, au président Roger Ouégnin, à Jean-Marc Guillou et à leurs équipes. Ils nous ont aidés à être ce qu’on est aujourd’hui. Je profite de votre radio pour leur dire merci à tous. […]

Vous allez disputer votre troisième Coupe du monde avec la Côte d’Ivoire. Est-ce que vous vous imaginiez ça quand vous avez rejoint l’Académie MimoSifcom ?
Non, je n’aurais jamais imaginé ça. Je me disais que j’allais peut-être disputer une Coupe d’Afrique, oui… C’est un cadeau de Dieu tout ça. Surtout pour un joueur modeste qui évolue dans un club modeste comme Lokeren. Je ne peux pas me plaindre parce que des joueurs de très grande qualité n’ont jamais participé à une Coupe du monde. J’espère donc qu’on ne va pas aller au Brésil juste pour participer. Là-bas, j’espère qu’on va marquer l’histoire de la Côte d’Ivoire.

Ça fait plus de treize ans que vous jouez en équipe de Côte d’Ivoire. Est-ce que vous vous souvenez de votre premier match avec les « Eléphants » ?
Oui ! (Il rit) Je pense que c’était un match face à la Tunisie, à Abidjan. On avait fait match nul 2-2 (le 18 juin 2000, Ndlr). Je ne m’attendais pas à jouer. Le titulaire et son remplaçant s’étaient blessés tous les deux. On m’a fait confiance. J’étais encore à l’ASEC et j’étais encore très jeune. Mais ça reste des moments inoubliables. C’est un réel plaisir pour un jeune gardien de but de débuter comme ça, en éliminatoires de la Coupe du monde (2002), par un match face à une grande nation comme la Tunisie.

Vous avez déjà disputé six phases finales de Coupe d’Afrique des nations et deux phases finales de Coupe du monde. N’êtes-vous jamais lassé de jouer avec les « Eléphants » ?
J’ai la chance de faire partie d’une génération qu’on qualifie de « dorée », avec des joueurs talentueux. C’est vrai qu’on n’a pas eu la chance de gagner un trophée. Et peut-être que les jeunes Ivoiriens vont réussir à ramener un titre à la Côte d’Ivoire. Mais je pense qu’on a contribué à notre manière à la réussite de notre pays. Surtout que la Côte d’Ivoire revient de très loin, avec une situation politique compliquée. On essaie de contribuer à son bien sur le plan footballistique. Après, on ne peut pas tout avoir dans la vie. L’important, c’est que la Côte d’Ivoire vise toujours les sommets. Que ce soit en Coupe du monde ou en Coupe d’Afrique. Avec ou sans moi.

La CAN 2015 est peut-être votre dernière chance de remporter la Coupe d’Afrique avec Didier Drogba, Didier Zokora et Kolo Touré. Serez-vous au Maroc dans huit mois ?
On envisage d’abord de bien se préparer pour cette Coupe du monde 2014. C’est ça le plus important. Au Brésil, il faudra bien représenter la Côte d’Ivoire et l’Afrique. Notre priorité est de réussir un beau parcours durant cette Coupe du monde. Pour ça, il faudra se servir des expériences des Coupes du monde 2006 et 2010. En ce qui concerne la prochaine Coupe d’Afrique, elle aura lieu dans huit mois. C’est encore loin.

Perdre deux finales de CAN aux tirs au but, est-ce encore plus pénible pour un gardien de but ?
C’est très difficile, oui. Surtout lorsqu’on réalise un parcours sans prendre de but ; c’était le cas à la CAN 2012 où on était arrivé en finale. Mais je suis quelqu’un de positif. Il y a quand même pire comme situation. Certaines personnes ont des vies très difficiles et ne parviennent pas à subvenir à leurs besoins. Donc, il ne faut pas se plaindre. On a la chance de jouer au football et de prendre beaucoup de plaisir. A la fin, on a envie de gagner des titres. Je suis quelqu’un de croyant et je ne vais pas me tirer une balle dans la tête parce que je n’ai pas remporté de titre… […]

La Côte d’Ivoire figure dans le groupe du Japon, de la Colombie et de la Grèce à la Coupe du monde 2014. Les supporters ivoiriens semblent très confiants et pensent que vous avez une bonne chance d’aller en 8es de finale. Qu’est-ce que vous en pensez ?
Je pense que c’est un groupe très intéressant, avec des équipes aux styles de jeu très différents. Mais il faut faire attention. C’est vrai que ces équipes ne sont pas des grands noms. Mais la Colombie et la Grèce sont bien placées au classement FIFA (la Colombie est 4e, la Grèce 10e, la Côte d’Ivoire 21e et le Japon 47e, Ndlr). Seul le Japon est un peu derrière nous. Mais toutes ces nations pratiquent un beau football. Il faudra donc rester très concentré et respecter l’adversaire, tout en essayant d’imposer notre jeu. Et surtout prendre des points pour  sortir de ce groupe.

RFI,

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