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22 mars 2014

COUPE DU MONDE 2014:La France cherche à protéger ses supporters au Brésil

 

mediaLes manifestations de rues, comme celles organisées régulièrement par les Black Blocs, ici à Rio de Janeiro, sont une des craintes des responsables français.REUTERS/Ricardo Moraes

A un peu moins de trois mois du coup d’envoi de la Coupe du Monde de football, le 12 juin à São Paulo, la ministre des Français de l’Étranger, Hélène Conway-Mouret, est en visite au Brésil afin de faire le point sur les conditions de sécurité qui attendent les très nombreux Français qui se rendront au Brésil pour supporter les Bleus.

Parmi les centaines de milliers de supporters des quatre coins du globe qui vont faire le déplacement au Brésil en juin et juillet 2014, près de 40 000 Français sont attendus au pays du « futebol ». Des Français dont l’objectif premier sera de supporter les Bleus, mais qui en profiteront également pour faire du tourisme et goûter aux nombreux attractifs de ce pays. Un afflux très supérieur à l’ordinaire, qui suscite bien des questions sur la capacité du Brésil à accueillir tout ce beau monde, alors que la sécurité n’est pas le maître mot dans ce pays-continent.

Que craignent concrètement les autorités françaises pour leurs ressortissants pendant le Mondial ? « Il y a trois niveaux de risques, explique Didier Le Bret, responsable du Centre de crise du ministère français des Affaires Etrangères, membre de la délégation qui accompagne Hélène Conway-Mouret. Le premier, ce sont les manifestations de rue. Certes, il y aura sûrement une sorte d’union sacrée autour de l’équipe du Brésil pendant la compétition, mais on n’est pas à l’abri d’une mauvaise surprise pour telle ou telle raison, d’autant qu’on sera aussi à la veille d’une importante échéance électorale au Brésil. Donc le risque existe que certains veuillent profiter d’un événement aussi médiatique pour faire de la politique intérieure. Le deuxième risque concerne les grèves, qui ont été nombreuses ces derniers mois, frappant notamment la police. Et il y a enfin la criminalité ordinaire, qui se situe au Brésil a un niveau élevé, avec près de 50 000 morts par an. » De très nombreux homicides, auxquels s’ajoutent les 50 000 victimes d’accidents de la route chaque année, dans un pays qui manque cruellement d’infrastructures en matière de transport.

« Nous avons l'habitude des grands événements »

Mais les autorités brésiliennes, conscientes de l'impact causé, notamment, par les manifestations sociales lors de la Coupe des Confédérations en juin 2013, veulent aujourd’hui dédramatiser. Pour les responsables de la police touristique, qui aura plus particulièrement en charge l’accueil des ressortissants étrangers, ce n’est pas le nombre de policiers qui compte, mais leur niveau de formation.

« Nous avons l'habitude des grands événements, comme le carnaval ou le Grand Prix de Formule 1. Donc, il n'est pas nécessaire d'augmenter le nombre des policiers, mais améliorer leur capacité pour accueillir et gérer les nombreux étrangers qui séjourneront dans notre pays », insistent-ils. Parmi les 34 000 membres de la Police Civile de l’Etat de Sao Paulo, 6 000 ont été formés pour l’accueil des touristes sur les sites où ils sont attendus : stades, aéroports et hôtels, notamment. Des hôtels où les touristes auront aussi la possibilité de porter plainte en ligne, pour les délits sans violence physique.

Prévention et renforcement des équipes consulaires

Du côté français, deux aspects retiennent l'attention. La prévention, avec la volonté de fournir un maximum d’informations aux Français qui se rendront au Brésil. Un Guide du supporter, élaboré en collaboration avec les Brésiliens, sera ainsi bientôt diffusé. Prévenir les comportements à risque en matière de sexualité ou de consommation de drogue en fera, bien sûr, partie. Et sur le terrain, les autorités consulaires françaises prévoient de redéployer leurs effectifs afin de pouvoir répondre aux attentes de leurs ressortissants, notamment dans les villes où ils ne sont pas très présents, mais où les Bleus vont jouer, comme Porto Alegre ou Salvador de Bahia. 

« Il est vraisemblable que certains des Français qui se rendront au Brésil auront quelques déboires, estime la ministre des Français de l’Etranger. Les équipes seront donc renforcées, les associations seront mobilisées, les consuls honoraires aussi, car tous les matches n'auront pas lieu dans des villes où la France possède des consulats. Il est donc important que nous ayons des cellules consulaires, des équipes près des stades, là où les Français se retrouveront et se rassembleront. » Hélène Conway-Mouret a également prévu une présence renforcée dans les consulats car « les Français, dès qu'ils auront quelques difficultés, se tourneront d'abord vers les services diplomatiques français avant de s'adresser aux autorités locales ». Et la France mettra également des traducteurs à disposition de la police brésilienne pour faciliter, par exemple, le dépôt de plaintes.

A l’arrivée, même si le risque zéro n’existe pas, ce qui inquiète le plus Français et Brésiliens, bien plus que la sécurité, ce sont les problèmes de transport endémiques que connait le pays et qui ne vont certainement pas s’améliorer avec l’afflux de supporters et de touristes attendus pour la Coupe du Monde.

RFI,ERIC CHAURIN

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