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14 mars 2014

Serge Aurier, le latéral ivoirien qui monte

 

mediaL'Ivoirien Serge Aurier.AFP PHOTO / PASCAL PAVANI

A 21 ans, Serge Aurier réussit une saison pleine en France avec le Toulouse FC. Le latéral droit défend, passe et marque avec fougue. Au point d’avoir creusé son trou en équipe de Côte d’Ivoire, avant la Coupe du monde 2014. Pourtant, le natif d’Abidjan ne se voyait pas forcément footballeur professionnel et international ivoirien.

 Serge Aurier sera-t-il le deuxième Ivoirien après Gervinho à remporter le prix Marc-Vivien Foé qui récompense le meilleur footballeur africain du championnat de France ? Si le défenseur du Toulouse FC ne fait pas figure de favori pour ce trophée, il est un prétendant crédible.

A 21 ans seulement, le latéral droit impressionne cette saison avec une grosse solidité défensive, mais aussi 4 buts inscrits et 6 passes décisives délivrées en 24 matches de Ligue 1. Le garçon, arrivé au Téfécé en janvier 2012, n’est pas vraiment surpris par ce bilan. « Mes partenaires me font confiance et me donnent des bons ballons. Et avec notre système de jeu, je dois apporter davantage offensivement, explique-t-il. Cette année, j’ai plus de responsabilités ». Il ajoute : « A la fin de l’entraînement, j’essaie de rester le plus longtemps possible pour travailler les centres. Au moins 15 ou 20 minutes pour bosser ce qui ne faisait pas ma force il n’y a pas si longtemps. »

Le football, un simple loisir d’enfant

Il n’y a pas si longtemps justement, Serge Aurier tapait dans la balle à Sevran. C’est dans cette ville de banlieue parisienne qu’il débarque à l’âge de 7 ans, laissant Abidjan pour rejoindre des parents qui travaillent alors en France. L’adaptation se fait plutôt en douceur. « J’ai senti tout de suite que la France était un pays accueillant, qu’on n’y faisait pas de différence entre les étrangers. Ça m’a mis tout de suite dans le bain et j’ai rencontré de bonnes personnes. »

Le football l’aide également à s’intégrer, même s’il s’agit d’un loisir comme un autre : « Je me suis inscrits au club de Sevran, mais c’était pour ne pas trop traîner à la maison. Mes parents adoraient déjà le football, mais moi, au départ, je ne prenais pas ça au sérieux. Je jouais juste pour passer le temps. Je me suis rendu compte bien plus tard que j’avais le potentiel pour évoluer en haut niveau. »

Comme pas mal de Sevranais, Serge Aurier file ensuite non loin, à Villepinte, dans un club plus huppé. C’est là qu’il attire l’attention de plusieurs grosses écuries dont le Paris Saint-Germain, Rennes, Monaco et surtout le RC Lens. « Pourtant, je n’avais vraiment pas envie de quitter Villepinte parce que j’avais tous mes potes là-bas et qu’il n’y a pas mieux qu’être avec tous ses potes, se souvient l’intéressé. C’est mon entraîneur à Villepinte qui m’a fait comprendre que j’avais les qualités pour intégrer un centre de formation ».

Des débuts pros à 16 ans

Serge Aurier effectue un premier essai à Lens, qu’il rate à cause d’une gastroentérite. Mais les Nordistes n’écartent pas longtemps l’Abidjanais, qui intègre finalement le centre de formation du RCL en 2006.

Malgré un bon encadrement, la vie dans le Nord n’est pas simple. « Mes parents recevaient beaucoup de courriers sur le fait que je foutais le désordre à l’école et ça, ça les agaçait », regrette l’Ivoirien. « J’ai fait beaucoup de conneries à cette époque, ajoute-t-il. Heureusement qu’Olivier Bijotat (l’ex-patron du centre de formation, ndlr) était là pour me tirer les oreilles ».

Serge Aurier finit par comprendre qu’un destin professionnel l’attend. A condition qu’il se prenne au sérieux. Ce qu’il fait, en mettant de l’ordre et de l’ambition dans son quotidien. Au point d’attirer l’attention de Jean-Guy Wallemme, l’entraîneur de l’équipe première. A deux jours de ses 17 ans, l’adolescent est donc convoqué pour son premier match de Ligue 1, contre Saint-Etienne, en décembre 2009. « Je découvre un jour que je suis dans l’équipe-type, raconte-t-il. Je commence alors à ressentir du stress. Je me dis que ça va très vite, alors que j’ai 16 ans. Je panique un peu, mais des anciens comme Alaeddine Yahia, Vedran Runje ou Yohan Demont m’ont tranquillisé et rassuré ».

Balloté entre la France et la Côte d’Ivoire

Serge Aurier (à droite) avec la Côte d'Ivoire contre le Sénégal.AFP PHOTO/FADEL SENNA

La suite est plus connue. Serge Aurier s’impose rapidement au RCL. Malgré la relégation de Lens en 2011, le défenseur s’affiche comme un grand espoir. Il rebondit à Toulouse en 2012. Les Fédérations française et ivoirienne commencent à lui faire des appels du pied. Mais le Toulousain hésite. « Je suis ivoirien mais j’ai de la famille française, dont celle de mon père notamment. Et puis j’ai grandi en France. Au bout d’un moment, tout ça fait réfléchir, explique-t-il. J’ai même repoussé plusieurs appels de la Côte d’Ivoire, y compris pour jouer la CAN 2013. J’ai juste voulu prendre mon temps pour bosser, parce que je n’étais pas prêt ».

Serge Aurier opte finalement pour la sélection ivoirienne et fait ses débuts avec les « Eléphants » face à la Gambie, en juin 2013. « C’était un choix du cœur, assure Aurier. Je savais que mes parents seraient très fiers de moi si je portais le maillot bleu. Mais ma famille est très grande et j’ai aussi pensé à ceux qui vivent en Côte d’Ivoire. Au final, tout le monde est content que j’aie choisi la sélection ivoirienne. Sur le plan sportif, je sais pourtant que la France a de meilleurs atouts que la Côte d’Ivoire ».

Souvent titulaire avec la Côte d’Ivoire, Serge Aurier parle de retrouvailles avec ses deux pays lors de la Coupe du monde 2014, cet été au Brésil. « J’espère disputer un match Côte d’Ivoire-France. Pourquoi pas en quarts ou en demi-finale ? », rêve tout haut le binational.

 RFI,

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