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06 mars 2014

Coupe du monde 2014: A J-100, le Brésil essaye de rassurer

 

mediaLa mascotte de la Coupe du monde 2014 au carnaval de Sao Paulo.REUTERS/Paulo Whitaker

Alors que le carnaval bat son plein ces jours-ci à Rio, ce mardi 4 mars 2014 marque une date très spéciale pour le Brésil. Cent jours nous séparent désormais du coup d'envoi de la Coupe du monde, qui commencera le 12 juin avec le match Brésil-Croatie. A un peu plus de trois mois de cet événement gigantesque, les interrogations sur la qualité des infrastructures et de l’organisation demeurent.

Après avoir bataillé depuis sept ans avec la nonchalance des autorités brésiliennes – il avait même parlé de la nécessité de leur donner « un coup de pied au cul » – , le secrétaire général de la Fifa, le Français Jérôme Valcke, s’est mué le week-end dernier en premier défenseur de la capacité d’accueil du pays organisateur de la Coupe du monde 2014. Dans une conférence de presse tenue à Zürich, le bras droit du président Sepp Blatter a confirmé avec force que tout sera prêt : « Il est vrai que tout aura un air de travail de dernière minute, mais oui, ce sera parfait, a-t-il martelé. Parfait. A la fin, tout va bien se passer, et vous aurez ce que vous attendez. Les équipes seront accueillies de la meilleure des manières. Les stades sont magnifiques, c'est juste un défi pour l'organisateur ».

Rassurer les sponsors

Des propos destinés avant tout à rassurer les sponsors, les diffuseurs et les supporters qui, par centaines de milliers, vont déferler sur les stades et les plages brésiliennes. Sans doute aussi à soutenir un gouvernement brésilien confronté depuis l’année dernière à des manifestations parfois violentes et au mécontentement d’une partie grandissante de sa population devant les coûts énormes (près de 12 milliards d’euros, dont un quart pour la construction ou la rénovation des douze stades) de ce rendez-vous tant attendu. D’autant que la crise économique n’épargne pas le géant sud-américain, qui avait probablement vu trop grand et qui doit également préparer un autre grand événement sportif, les Jeux olympiques d’été de 2016 à Rio de Janeiro.

 

La FIFA a décidé de s'en tenir à son intention d'organiser la Coupe du monde au stade Arena da Baixada à Curitiba en dépit des retards de construction.(photo du 24 février 2014)REUTERS/Rodolfo Buhrer

 

Inquiétudes autours des routes et aéroports

Si les stades seront prêts, toutes les infrastructures ne le seront pas. Adriano Pires, directeur du Centre brésilien des Infrastructures, en sait quelque chose, lui qui a suivi depuis le début tous les travaux. « Malheureusement, le Brésil a commencé avec beaucoup de retard les chantiers de la Coupe du monde. Pas seulement ceux des stades, mais aussi les routes et les aéroports. Le résultat c’est que la Coupe du monde va avoir lieu avec des infrastructures routières et aéroportuaires très précaires. Je pense que la plupart des stades seront livrés à temps, mais ce qui me préoccupe surtout ce sont les routes et les aéroports. Le gouvernement n’a pas eu d’autre choix que de déclarer fériés les jours de match, afin de réduire le flux de passagers dans les aéroports ces jours-là. C’est vraiment lamentable. Décréter presque un mois de vacances, franchement, c’est ridicule. Pourtant, c'était la seule manière d’éviter le chaos dans les aéroports ».

Une Coupe du monde sur fond d'agitation sociale

L’autre grand souci à cent jours de la Coupe du monde est l’agitation sociale. Tout le monde a en mémoire les manifestations de juin 2013, pendant la Coupe des Confédérations. Depuis, la mobilisation prônée par la gauche et des groupuscules anarchistes avec le slogan « La Coupe du monde n’aura pas lieu » est restée marginale, mais elle a souvent dégénérée, comme l’a montré la mort d’un cameraman de la télévision brésilienne le mois dernier. Des groupes minoritaires qui pourraient recevoir du soutien de l’étranger et qui mobilisent des forces de sécurité très nombreuses mais mal formées. Mauricio Murad, sociologue du sport au Brésil, auteur du livre La violence dans le football, regrette que les autorités aient trop tardé à réagir : « Le Brésil est un pays qui se voile la face. Le discours officiel dit que tout va bien, mais la réalité est tout autre. Actuellement, le Brésil est le pays qui a le plus grand nombre de morts provoqués par des violences entre groupes de supporters. Le problème avec les policiers qui seront dans la rue pendant la Coupe du monde, c’est qu’ils n’ont pas été entraînés à gérer des foules. On a pourtant eu sept ans, depuis 2007, pour faire un plan de sécurité publique, pour former les policiers, les équiper. Cela n’a pas été fait. Aujourd’hui, à trois mois de la Coupe du monde, nous n’y arriverons pas ».

 

 

J-100, une date pour mobiliser les troupes

Dans ce contexte tendu, la Fifa et les autorités brésiliennes espère que la passion pour le football sera déterminante. Ils en veulent pour preuve le succès de la vente en ligne des billets, qui a battu tous les records. A plus de trois mois de l’événement, 2, 3 millions de billets ont déjà été alloués. Parmi les acheteurs, on compte près de 40 000 Français, dont l’arrivée au Brésil mobilise déjà les services consulaires français sous la houlette de la ministre déléguée des Français de l’Etranger, Hélène Conway-Mouret, attendue le 17 mars à Sao Paulo pour rencontrer les responsables de la sécurité de la Coupe du monde.

Bien décidé à miser sur l’enthousiasme des Brésiliens pour le football, Sepp Blatter, le président de la Fifa, a d’ailleurs profité de l’occasion pour leur lancer un appel à la mobilisation à l’occasion de ce J-100 : « Vivez ce grand événement de football, car si on dit que le foot a été organisé par les Anglais, ceux qui ont inventé le football, ce sont les Brésiliens, nés avec le ballon ».
 RFI,

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