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05 janvier 2014

Sports / Football - Le Portugal pleure la mort d'Eusebio

 
Eusebio en 2008 lors du match Portugal - République tchèque à Genève pour l'Euro.
Eusebio en 2008 lors du match Portugal - République tchèque à Genève pour l'Euro.
REUTERS/Denis Balibouse
Eusébio, la « panthère noire » venue du Mozambique pour faire la gloire du Benfica des années soixante est décédé ce dimanche matin 5 janvier 2014 à l'âge de 71 ans. Il était considéré comme le meilleur footballeur portugais de tous les temps jusqu'à l'avènement de Cristiano Rinaldo dans les années 2000.

 

L'ironie du sort veut que Cristiano Ronaldo s'apprête à recevoir un second Ballon d'or dans quelques jours, mais l'heure ne sera pas complètement à la fête au Portugal comme l'explique Nicolas Vilas, journaliste et consultant dans l'émission radio foot international de RFI :« Eusébio était comme l’était Amàlia Rodrigues pour le Fado, comme l’était Fatima la Sainte pour la religion. L’un des trois F du gouvernement de Salazar à l’époque.

Alors les trois F c’était Fatima - Football et Fado. Amàlia Rodrigues est décédée en 99, il y a eu trois jours de deuil national. C’était pareil ; un patrimoine national.»

Le dictateur portugais avait d'ailleurs utilisé cette même expression pour qualifier Eusébio, « courtisé par des clubs internationaux à son époque, notamment la Juventus de Milan et l'Inter de Milan. Salazar avait interdit son départ parce qu’il estimatif qu’Eusébio était justement un symbole de l’empire colonial portugais, et Eusébio était resté, rappelle Nicolas Vilas. Un épisode qui a marqué l'imaginaire collectif : « c’est profondément resté dans la société, dans la culture portugaise. Eusébio, malgré lui, finalement est devenu un symbole du Portugal, du peuple portugais. Voilà pourquoi Eusébio était autant aimé et autant connu des Portugais ».

L'égal de Pelé aussi

Né à Maputo, au Mozambique alors colonie portugaise, en 1945 Eusébio da Silva Ferreira a forgé sa légende sur la pelouse de l’équipe Benfica de Lisbonne, quinze saison durant entre 1960 et 1975. Rien ne lui a échappé à commencer par les buts : 440 en 473 matches pour les Rouges, et les titres : 11 de champion du Portugal.

Avant-centre hors pair Eusébio terrorise même les défenses européennes avec la consécration en 1962 lorsqu'il martyrise en finale la défense du grand Real de Madrid en inscrivant un doublé.

Souvent comparé ou même nommé le « Pelé d'Europe », le Portugais a croisé plusieurs fois la route du Brésilien, et notamment au Mondial de 1966 en Angleterre. A Goodison Park dans la banlieue de Liverpool, le Portugal et Eusébio étrillent le grand Brésil, champion du monde en titre et l'éliminent de la compétition. C'est toujours en Coupe du monde que les grands joueurs se signalent, dit-on. La « panthère noire » y aura poussé ses plus beaux rugissements avec un doublé face au Brésil et 9 réalisations au total.

Ballon d'or en 1965, 9ème au classement Fifa des meilleurs joueurs du siècle dernier, Eusébio était une star. L'étoile de la panthère brillera désormais à jamais dans l'univers du football.

RFI
 

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