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18 août 2013

Football / Mali:Seydou Keita fièr de Soumaïla CISSE

 

 

 

 

Seydou Keita lors de la CAN 2013 en Afrique du Sud.
Seydou Keita lors de la CAN 2013 en Afrique du Sud.
AFP PHOTO / BEN STANSALL

 

Depuis la Chine où il évolue (Dalian Aerbin), le milieu de terrain malien Seydou Keita nous a accordé un entretien exclusif. L’ancien joueur du FC Barcelone réagit à l'élection présidentielle qui s'est déroulée au Mali avec la victoire d’Ibrahim Boubacar Keïta. Seidou Keita revient aussi sur la sélection malienne et son avenir. Le footballeur malien le plus titré de son pays assure qu’il fera tout pour que les Aigles du Mali continuent leur progression sur le continent africain et sur la scène internationale.

 


 

RFI : Vous aviez lors de la CAN 2013 en Afrique du Sud lancé des appels pour la paix. L'élection présidentielle qui s'achève au Mali par la victoire d'IBK vous a-t-elle rassurée ?

 

Seydou Keita : Oui bien sûr ! Avant les élections, j’étais très inquiet mais aujourd’hui, je suis fier. Les deux tours se sont dans l’ensemble bien passés. On pouvait craindre que les élections se déroulent mal et que de nouveaux conflits en découlent. Je crois que nous avons donné une belle image de notre pays après ce scrutin.

 

Avez-vous apprécié le geste de Soumaïla Cissé qui, au lendemain du deuxième tour du scrutin, sans même attendre les résultats officiels, a félicité son adversaire ?

 

C’est tout simplement extraordinaire. Je n’ai pas de mot. Il a donné un exemple que moi et tous les autres Maliens devons suivre. Il faut être solidaire et il faut être uni. On en a besoin car les dossiers qui attendent notre pays vont être difficiles à gérer. Nous avons besoin d’union, mais aussi de pardon. Il ne faut pas oublier ce qu'il s’est passé, mais lorsque l’on pardonne, on avance mieux. Il faut désormais aller de l’avant en évitant les erreurs du passé.

 

Est-ce que le pardon signifie l’impunité ?

 

Non, pas l’impunité. J’ai confiance en la justice malienne. Au-delà, je fais comme le peuple malien confiance au nouveau président. Je le répète, il faut se donner la main et être solidaire.

 

Avez-vous un message personnel à adresser au nouveau président ?

 

A lui, personnellement non. Mais à mon pays si. Je veux que l’exemple que l’on vient de montrer au monde entier continue. C’est vrai, nous avons nos défauts. Mais nous avons aussi beaucoup de qualités et on vient de les montrer. Il faut surtout prouver que ce qu'il s’est passé au Mali était un accident. Mais je crois que si cela avait été quelque chose de plus profond, nous n’aurions pas pu faire les élections dans les meilleures conditions. Du nord au sud, et aussi bien de l’extérieur que de l’intérieur, les Maliens doivent maintenant être ensemble. Il ne faut pas de dispersion pour réussir ce qui nous attend. Le Mali est un beau pays et je souhaite qu’il s’en sorte. C’est mon pays. Je l’adore. Hier, on était perdants. Aujourd’hui, je veux que l’on soit tous gagnants. Je ne suis qu’un footballeur, mais si je peux aider je serai toujours là. Je ne suis pour personne, je suis pour mon pays.

 

Vous êtes aussi un gagnant sur les terrains de football. Comment ça se passe en Chine ?

 

Sportivement, tout va bien. Mais lorsque l’on change de continent, ce n’est pas évident. La vie familiale est chamboulée. Mais je suis honnête, j’ai fais un choix sportif et financier et j’assume.

 

En ce qui concerne la sélection malienne, avez-vous envie de continuer et de jouer la Coupe d’Afrique des nations 2015 au Maroc ? Vous êtes toujours motivé en dépit de l’élimination pour le Mondial 2014 ?

 

Oui. Tant que je pourrai aider mon pays je le ferai. C’est mon devoir. Que ce soit sur le terrain ou en dehors du terrain. Aujourd’hui, je joue encore et j’ai un bon niveau. Je ne pourrai jamais arrêter d’aider le Mali. Quand je ne pourrai plus jouer, je passerai à autre chose en aidant autrement. Les deux derniers matches à Bamako ont été très difficiles et je me suis mentalement très investi. Je ne suis pas du genre à me mettre en avant, mais cette fois, j’ai fait le maximum pour l’équipe et ne pas gagner ces deux matches m’a beaucoup affecté. Mais je ne suis pas du genre à me plaindre, car nous n’avons pas fait ce qu’il fallait sur le terrain. Sauf que ce n’était pas évident, car vous savez qu’en dehors du terrain, la situation était très compliquée. Comme je l’ai déjà dit, il va falloir se servir des erreurs du passé pour se relancer. Sinon, on va toujours subir les mêmes échecs et ce n’est pas bon. Lors des deux dernières CAN, nous avons été l’une des meilleures équipes. Nous avons joué deux demi-finales et fini troisièmes à chaque fois. C’est la meilleure performance de l’histoire du football malien. On aurait aimé enchaîner pour avoir notre chance pour le Mondial 2014. La victoire se prépare aussi en dehors du terrain et on a des lacunes de ce côté-là.

 

Justement, vous auriez envie de prendre des responsabilités au sein de votre fédération ?

 

Aujourd’hui, la question ne se pose pas car je suis encore joueur. Mais je ferai le maximum en temps voulu. Je veux bien aller au charbon. Nous avons changé beaucoup de choses entre 2011 et 2013, mais il faut continuer pour passer un cap. Ce n’est pas évident, mais on va se battre pour y arriver.

RFI, Farid Achache

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