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19 janvier 2013

Afrique du Sud: la ferveur du Mondial 2010 est-elle déjà oubliée?

 

La Coupe d'Afrique des nations, le grand rendez-vous du football africain, est de retour à partir de ce samedi 19 janvier en Afrique du Sud. Alors que les seize nations participantes ont déjà les yeux tournés vers la finale du 10 février, le match d'ouverture (à 17h, heure française) verra l'Afrique du Sud affronter le Cap-Vert dans un stade plein, sans pour autant que l'ambiance dans les rues n'atteigne celle observée lors de la Coupe du monde 2010.

Dans le flot des voitures qui descendent Katherine Street dans le quartier de Sandown, on peut apercevoir un ovni. Une voiture aux portières décorées de ballons de foot et dont le toit représente un drapeau sud-africain. Enfin un fan des Bafana Bafana qui exhibe son amour de l’équipe nationale, alors que les rares autres supporters se contentent de porter le maillot de l’équipe. Où est donc passée la ferveur de la Coupe du monde organisée il y a seulement deux ans et demi ?

Rien de comparable à la Coupe du monde

Depuis ce début de semaine, dans les rues de Johannesburg, ils sont peu nombreux à avoir montré de l’enthousiasme pour cette nouvelle édition de la Coupe d’Afrique des nations. Pourtant, sur les écrans de télévision et dans les journaux, le ballon rond (et notamment la Premier League anglaise) tient une grande place en Afrique du Sud. Sans compter que l’événement est annoncé sur des panneaux et des banderoles dans toute la ville.

Avec un peu de chance, dans le centre-ville, on peut croiser quelques vendeurs ambulants. Mais selon des passants, ce n’est rien en comparaison de 2010 et de la Coupe du monde. Très critiqué pour son inefficacité à promouvoir la compétition, le ministère des Sports et le comité d’organisation se sont défendus en arguant que la publicité était trop chère à la télévision et sur les ondes de radio, notamment lors des fêtes de fin d’année. D’ailleurs, la ville de Johannesburg a dès le début exclu de recevoir la totalité des matches du groupe A, pour une question de budget. Le National Stadium n’accueillera que la première journée ainsi que la finale.

 

Les supporters des Bafana Bafana défilaient dans les rues, à la veille de l'ouverture du Mondial 2010 pour le «Vuvuzela day».

Un match d’ouverture à guichet fermé

Vendredi, à la veille du premier match des Bafana Bafana, une partie de la presse a fait sa Une avec le sujet. Alors que le quotidien Sowetan titrait : « Nous sommes prêts », le Daily Sun affirmait : « C’est maintenant ou jamais ». « Enfilons nos maillots et allons les supporter », écrivait l’éditorialiste sportif du Daily Sun.

Pourtant, mis à part le match d’ouverture qui se jouera à guichet fermé, les autres rencontres de l’Afrique du Sud sont loin de soulever l’enthousiasme. Après avoir évolué dans le National Stadium de Johannesburg face au Cap-Vert, les Bafana Bafana se rendront à Durban pour les deux autres matches de poule. Pour le moment, seuls 100 000 billets ont été vendus pour les six rencontres prévues dans la ville où a été effectué le tirage au sort de la phase finale. A ce rythme, le stade ne sera même pas rempli à moitié. « Je vais suivre les matches à la télévision, je n’ai pas les moyens de me déplacer à Durban », nous confie une jeune femme, maillot de l’équipe nationale sur les épaules et sourire aux lèvres.

Ce vendredi, la pluie n’a cessé de tomber sur la ville et a peut-être un peu gâché le Football Friday. En 2010, les Sud-Africains avaient instauré ce rendez-vous. Il s’agit, chaque vendredi, de porter fièrement le maillot de l’équipe nationale. Du côté de Mandela Square, dans le quartier de Sandown, on croise finalement quelques personnes attachées à l’histoire du Mondial 2010. Dans un magasin décoré aux couleurs des Bafana Bafana, un jeune employé nous affirme avoir vendu des maillots en pagaille cette semaine. Tout cela, sous le regard de sa collègue qui n’hésite pas à faire un clin d’œil entendu, amusée par son enthousiasme exagéré.

« Vous allez entendre les vuvuzelas », se risque un autre employé de la boutique. Mais il est peu probable que cette fois, la polémique concernant cet instrument ne fasse autant de bruit. En tout cas, pour le moment, aucun vuvuzela n’est venu perturber notre sommeil. A moins que l’Afrique du Sud ne nous refasse le coup de 1996 et de son titre de champion d’Afrique à domicile, cela devrait continuer.

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