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23 décembre 2012

Sami Trabelsi(Entraîneur de la Tunisie) : « La Côte d'Ivoire n’a plus la même fraîcheur et le même potentiel physique »

 

Sami Trabelsi lors de la CAN 2012.
Sami Trabelsi lors de la CAN 2012.
AFP PHOTO / PIUS UTOMI EKPEI
Le sélectionneur de la Tunisie, Sami Trabelsi, a dévoilé jeudi 20 décembre une liste de 25 joueurs pour le stage de préparation en vue de la CAN 2013, l’occasion de lui demander où en est l’équipe et quelle est son ambition. La dernière finale de la Tunisie lors d’une CAN remonte à 1996 en Afrique du Sud. A l’époque, Sami Trabelsi était dans les tribunes en tant que joueur. Cette fois, il a bien l’intention d’être sur le terrain. Entretien.

RFI : Vous venez de dévoiler une liste de 25 joueurs pour le stage de préparation qui aura lieu entre le 26 décembre et le 14 janvier 2013 dans le golfe Persique. Les choses sérieuses commencent ?

Sami Trabelsi : Oui. Nous sommes à trois semaines de la compétition et le calendrier s’accélère. Nous allons donc partir pour une préparation à Dubaï et nous allons jouer un match amical contre l’Irak le 30 décembre. Ensuite, il y aura une deuxième phase à Doha au Qatar où nous allons travailler le physique et le technico-tactique. Nous terminerons à Abu Dhabi avec deux matches de préparation contre le Gabon et le Ghana.

Comment avez-vous palié au forfait de Jamel Saihi, le milieu de terrain de Montpellier ?

 
A chaque fois qu’un joueur qui évolue en Europe ou ailleurs peut apporter un plus, je n’hésite pas à le convoquer.

C’était une mauvaise surprise pour nous. Il a été opéré (du genou) à la dernière minute et on comptait beaucoup sur lui. C’est quelqu’un de très important dans le jeu et dans la vie du groupe. Il faut faire avec et nous avons fait appel à Majdi Traoui (ES Tunis) qui était loin du groupe ces derniers temps. Nous allons essayer de le réintégrer au sein de ce collectif.

Dans votre groupe, le joueur de Bastia Wahbi Khazri fera figure de petit nouveau. A 21 ans, il a choisi la Tunisie alors qu’il était en équipe de France espoir. Qu'attendez-vous de lui ?

Tout d’abord, c’est un joueur très ambitieux et polyvalent. Il peut apporter beaucoup de solutions dans les couloirs ou derrière l’attaquant. En plus, il a une intelligence dans ses dernières passes et il est très fort sur coup de pied arrêté. Sur le plan tactique, il est très appliqué. J’espère qu’il va nous apporter beaucoup et s’intégrer au groupe.

 

Youssef Msakni avec l'Espérance de Tunis lors de la finale de la Ligue des champions africaine contre le TP Mazembe,

Youssef Msakni est aussi dans cette liste. Le joueur de l’Espérance de Tunis qui va évoluer au Qatar avec le club de Lekhwiya (à partir du 1er janvier 2013) est considéré comme le Tunisien le plus doué de sa génération. Quelle sera sa place au sein des Aigles de Carthage pour sa troisième CAN ?

J’espère que ça sera encore mieux que l’année dernière, où il a été la révélation de notre sélection, et si nous étions allés plus loin, il aurait pu prendre encore plus de valeur et d’importance. C’est quelqu’un de doué et qui est pétri de qualités. C’est clair, il est important dans notre dispositif. Il peut faire la différence à chaque moment avec son potentiel technique. Il peut marquer et éliminer facilement des adversaires. C’est une pièce maîtresse dans l’équipe.

En 2011, vous avez remporté le Championnat d’Afrique des nations (CHAN) disputé uniquement avec des joueurs locaux, qui sont d’ailleurs partis dans des championnats européens. C'est le cas du défenseur Aymen Abdennour (parti à Toulouse). Vous avez depuis choisi de sélectionner beaucoup de joueurs locaux en équipe nationale. Est-ce votre marque de fabrique ?

Non. A chaque fois qu’un joueur qui évolue en Europe ou ailleurs peut apporter un plus, je n’hésite pas à le convoquer. Je pense que la vie de groupe est plus importante pour nous et l’origine du joueur n’est pas primordiale.

Avec du recul, quel bilan tirez-vous de la CAN 2012 et de votre défaite face au Ghana en quarts de finale après prolongation (2-1) ?

Après coup, tout le monde sentait que l’on pouvait aller plus loin et que nous étions dans une courbe ascendante avec des matches qui n’étaient pas mauvais. Je pense que l’on ne méritait pas cette défaite contre le Ghana.

 

Est-ce qu’avec l’expérience d’une première CAN en tant que sélectionneur, le groupe sera pour vous plus facile à gérer ? On se rappelle de l’épisode Adel Chedli qui avait claqué la porte...

C’était un mauvais comportement du joueur qui n’a d’ailleurs pas influencé le groupe. En tant que joueur, j’avais vécu des moments comme lui (rester sur le banc, ndlr). Lui ne l’a pas accepté et c’est son problème. En tout cas, cela n’a pas changé mes principes et ma façon de voir les choses.

Vous êtes dans un groupe difficile avec la Côte d’Ivoire, l’Algérie et le Togo. Quelles sont vos ambitions ?

Pour nous, le minimum sera d’être dans le carré d’as. On espère faire évidemment mieux que la dernière CAN.

 

 
 

Vous allez jouer contre l’Algérie pour votre premier match le 22 janvier. Comment qualifier cette première rencontre ?

C’est un derby, sans plus. Nous partirons à chances égales et celui qui aura mieux géré son match et son effectif gagnera. On sait qu’il risque d’y avoir quelques tensions et des moments d’excitation. Nous allons tenter de rester concentrés car le football se joue aussi avec le mental.

Vous avez dit : « La Côte d’Ivoire a un effectif plus complet mais cela ne veut pas tout dire. » Vous pensez que les Eléphants seront prenables, comme en 2012 ?

Je pense que la Côte d’Ivoire ne sera pas comme en 2012. L’année dernière, elle était au top et a enchaîné beaucoup de bons matches jusqu’à la finale. Maintenant, je pense que sur le plan individuel, les joueurs sont différents. Je crois qu’ils n’ont plus la même fraîcheur et le même potentiel physique. D’accord, ils ont les meilleurs joueurs qui évoluent en Europe, mais ce n’est pas pour cela qu’ils vont enchaîner des grandes performances. Je pense que le collectif est plus important que les individualités.

Depuis la révolution de Jasmin en Tunisie, le pays est toujours en proie à des tensions. Est-ce que cette CAN et un bon parcours de votre équipe pourraient un peu apaiser le pays ?

Je crois que le football est le seul parti politique qui peut rassembler tout le monde. Aujourd’hui, nous sommes dans une période de turbulence mais j’espère que notre équipe va enchaîner de belles victoires pour apporter de la joie aux Tunisiens. On verra le peuple dans la rue pour célébrer nos

victoires et non pas pour manifester.

Par Farid Achache

 

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Écrit par : ligue1 | 27 décembre 2012

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